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L’Algérie dénonce l’accord aérien avec les Émirats : quel impact sur les vols ?

L’Algérie a entamé les démarches pour mettre fin à l’accord aérien avec les Émirats, ce qui aura de graves conséquences sur le trafic aérien entre les deux pays

L’Algérie dénonce l’accord aérien avec les Émirats : quel impact sur les vols ?
Quel impact de la dénonciation de l’accord aérien entre l'Algérie et les Émirats arabes unis sur les vols ? | ID 294415312 © Aleksandr Atkishkin | Dreamstime.com
Riyad Hamadi
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Première action concrète de l’Algérie dans la crise qui couve depuis plusieurs années avec les Émirats arabes unis. Alger a décidé de dénoncer une convention bilatérale signée avec cet État du Golfe il y a 13 ans, ce qui signifie l’enclenchement de la procédure de l’arrêt des vols entre les deux pays.

L’agence officielle APS a rapporté ce samedi 7 février 2026 que l’Algérie a engagé les procédures nécessaires pour la dénonciation de la convention relative aux services aériens signée entre l’Algérie et les Émirats arabes unis le 13 mai 2013 à Abu Dhabi et ratifiée par le décret présidentiel du 30 décembre 2014.

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L’agence de presse algérienne ne précise pas les motifs de cette dénonciation. Elle se contente de rappeler les dispositions de l’article 22 de la convention qui stipule que la dénonciation doit être notifiée par les voies diplomatiques à la partie contractante émiratie, avec notification simultanée au secrétaire général de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) pour l’accomplissement des formalités requises auprès de cette organisation.

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Ce que dit l’accord aérien entre l’Algérie et les Émirats

En vertu de la convention, les deux pays s’engagent à s’accorder mutuellement des “droits spécifiques” afin de permettre à leurs compagnies aériennes respectives d’exploiter “les services convenus”.

Il s’agit notamment du droit de survoler le territoire de l’autre partie contractante sans y atterrir, d’effectuer des escales à des fins non commerciales sur le territoire de l’autre partie, le droit d’y effectuer des escales lors de l’exploitation des services aériens internationaux, dans le but d’embarquer et/ou de débarquer un trafic international de passagers, de bagages et de marchandise…

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Il est aussi prévu que les compagnies aériennes des deux pays soient réciproquement exonérées des restrictions à l’importation, des droits de Douane, d’impôts directs et indirects, de taxe d’inspection et de toutes autres taxes et impôts locaux imposés aux aéronefs…

La convention prévoit en outre une procédure d’arbitrage en cas de différend sur l’interprétation ou l’application de ses dispositions. L’article 22 prévoit la possibilité de dénonciation pure et simple de la convention.

Chaque partie contractante peut, à tout moment, notifier par écrit à l’autre partie contractante, par les voies diplomatiques, de sa décision de dénoncer la présente convention. Cette notification doit être adressée simultanément à l’organisation de l’aviation civile internationale”, est-il stipulé.

Le texte poursuit que la convention prend fin 12 mois après la date de réception de la notification par l’autre partie contractante, “à moins que cet avis de dénonciation ne soit retiré par consentement mutuel avant l’expiration de ce délai”.

Dans le cas où il n’y a pas accusé de réception par l’autre partie contractante, la notification est réputée avoir été reçue 14 jours après la date de sa réception par l’organisation de l’aviation civile internationale, lit-on encore. Cela signifie que les vols entre les deux pays vont s’arrêter dans un délai d’une année, car l’accord aérien est indisponible pour les compagnies afin d’opérer des dessertes avec les pays.

La dénonciation de cette convention aura de graves conséquences sur le trafic aérien entre les deux pays et le survol par les appareils des deux pays des territoires de chaque État.

Un foie acté, l’annulation de la convention va provoquer l’arrêt des vols entre les deux pays. Air Algérie et Émirates ne pourront plus proposer des vols entre Alger et Dubaï, comme c’est le cas actuellement.

Crise diplomatique

Les Émirats arabes unis ont été accusés, sans les nommer, à plusieurs reprises par les plus hautes autorités algériennes de s’adonner à des activités contraires aux intérêts de l’Algérie et d’être derrière la déstabilisation de nombreux pays de la région.

Lors d’une réunion tenue le 10 janvier 2024, le Haut conseil de sécurité (HCS) a exprimé ses regrets concernant “les agissements hostiles à l’Algérie, émanant d’un pays arabe frère”, en allusion aux Émirats arabes unis.

Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a aussi pointé du doigt les agissements du même pays, sans le citer. “Partout où il y a des conflits, l’argent de cet État est présent, au Mali, en Libye, au Soudan”, a-t-il dénoncé en mars 2024.

En octobre 2025, Tebboune a accusé les Émirats, toujours sans les nommer, de s’ingérer dans les affaires intérieures de l’Algérie.

Nous avons des problèmes avec celui qui vient chercher à semer le désordre dans notre maison. Et pour des raisons suspectes ! Il s’ingère dans des choses pour lesquelles on a empêché même les grandes puissances ! Comment vais-je te laisser t’ingérer dans mes affaires intérieures ? Respectez-vous et on restera des frères”, a lancé le chef de l’État en octobre 2025 à l’occasion d’une visite au siège du ministère de la Défense nationale.

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