
Après de nombreux produits, c’est la viande importée qui fait l’objet de pratiques frauduleuses, suscitant l’intervention du président de la République qui a ordonné l’ouverture d’enquêtes lors de la dernière réunion du conseil des ministres.
L’Algérie est devenue une terre fertile pour la spéculation et les pratiques frauduleuses qui touchent régulièrement de nombreux produits de large consommation, jusqu’aux pneus et l’allocation touristique en devises.
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Faute de grandes centrales d’achat capables de reguler le marché, une armée d’intermédiaires se sucrent sur le dos des consommateurs alors que l’attrait au gain rapide fait des produits subventionnés leur cible préférée pour se remplir les poches.
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Pourquoi la prolifération et la persistance de telles pratiques et comment expliquer la multiplication des intermédiaires dans tous les secteurs de l’économie nationale?
La question a été posée par TSA à Brahim Guendouzi, professeur d’économie à l’université de Tizi-Ouzou.
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La force de l’informel
L’économiste pointe du doigt la force du secteur informel qui est très actif dans la distribution, l’immobilier, les devises, et la détention de sommes colossales en cash et des moyens logistiques importants.
“La multiplication des intermédiaires dans le secteur de la distribution est essentiellement due à la capacité de mobilisation de moyens logistiques et financiers pour détenir des stocks, agir au niveau de plusieurs wilayas et surtout la possibilité d’imposer des prix, sauf pour les produits subventionnés par l’État”, explique Brahim Guendouzi.
“Les spéculateurs ont une meilleure connaissance du marché”
Sur les distorsions dans les prix des produits agricoles notamment, notre interlocuteur avance le fait que les spéculateurs ont “une meilleure connaissance du marché et les moyens d’agir en amont et en aval pour détecter les raretés sur tel ou tel produit compte tenu des niveaux de stocks, de la production et de la demande”.
La contrainte en Algérie, poursuit-il, est que les centres de production ne sont pas les mêmes que les centres de consommation.
Les dysfonctionnements dans les circuits de distribution sont courants du fait de “l’intervention sporadique de plusieurs intermédiaires en fonction des opportunités offertes par le marché, se basant sur les écarts entre productions disponibles et demande des ménages”, indique le professeur d’économie.
Difficulté d’agir sur la traçabilité en agriculture
Si ces pratiques persistent malgré tous les efforts pour y faire face, c’est à cause de difficultés d’agir sur la traçabilité, pour les produits agricoles notamment.
Il est en effet possible de remonter vers les entreprises productrices pour connaître l’évolution de la production et des stocks des produits agroalimentaires, mais dans l’agriculture, “il est toujours difficile d’avoir une traçabilité car les agriculteurs aussi sont concernés par une mobilité dans les cultures”.
“D’une année à une autre, ils changent de production en fonction des contraintes rencontrées”, explique Guendouzi.
Pour lui, c’est la faiblesse de la régulation des activités agricoles qui rend possible “le flottement” dans les productions agricoles. “Les intermédiaires sachant cela, savent à qui s’adresser pour contrôler les produits frais dont la production est en baisse”, dit-il.