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Le FLN et le RND peuvent-ils encore espérer jouer un rôle ?

Le FLN et le RND peuvent-ils encore espérer jouer un rôle ?

Au moment où leur exclusion du processus de dialogue fait l’unanimité sur la scène politique, les deux principaux partis de l’ex-Alliance présidentielle, le FLN et le RND, n’en démordent pas et poussent l’effronterie jusqu’à proposer des « plans de sortie de crise ».

A défaut d’un strapontin que leur refuse même le panel de Karim Younès, ils espèrent récupérer leur rôle de locomotive dans une conjoncture marquée par un soulèvement populaire sans précédent par son ampleur et dont l’une des revendications est la dissolution de tous les partis et organisations qui ont soutenu le système de l’ancien président et profité de ses largesses.

Ce mercredi 7 août, les chefs des deux partis ont organisé simultanément des sorties médiatiques pour donner leur lecture des événements en cours et faire part de leur vision de la manière d’écourter la crise.

Sans surprise, Mohamed Djemai et Azzedine Mihoubi ont répété à la lettre le discours officiel en vogue depuis quelques semaines. Morceaux choisis de l’intervention de Djemai devant les cadres du vieux parti : « La sortie de la crise que traverse l’Algérie ne saurait être envisagée qu’à travers l’organisation d’une élection présidentielle transparente donnant lieu à un président élu en toute souveraineté qui prendra en charge le lancement des différentes réformes. (…) Le FLN exprime son soutien à l’Armée nationale populaire et son haut commandement ayant appuyé les revendications légitimes du peuple. (…) Il faut contrecarrer les porteurs de projets empoisonnés pour préserver les acquis du Hirak. »

Le successeur d’Ouyahia qui présentait son initiative intitulée la « transition républicaine » n’en a pas moins calqué ses propos sur ceux des puissants du moment : « Le remède à la crise c’est l’élection présidentielle à laquelle il faut aller le plus rapidement possible. (…) La Constitution, les constantes nationales, la justice et l’armée constituent des lignes rouges à ne pas franchir. »

Des pratiques à la peau dure

Si les deux autres partis de l’ex-alliance, le MPA et TAJ, se sont confiné dans le silence depuis l’emprisonnement de leurs leaders, le FLN et le RND tentent toujours d’occuper la scène. Ils ont changé de chefs mais pas de philosophie, celle de soutenir sans conditions toute action émanant du pouvoir.

Pendant ce temps, aussi divergentes soient-elles idéologiquement et sur les voies de sortie de crise, toutes les factions de la classe politique convergent sur la nécessité d’éloigner les deux partis, et tous ceux qui ont soutenu les derniers mandats de Bouteflika, de tout processus politique. Certains en font même une condition sine qua non pour s’asseoir à la table des discussions.

Même le panel de Karim Younès, conscient du risque que fait peser la présence de ces partis sur la réussite de sa mission, est du même avis. Interrogé ce mercredi sur la possibilité d’associer le FLN et le RND au processus qu’il coordonne, M. Younès a mis une condition insurmontable. « Les partis qui ont eu un certain comportement ne peuvent pas participer, sauf si des millions d’Algériens sortent dans la rue pour exiger leur présence. »

Bien entendu les Algériens sortent par millions depuis six mois, mais pour d’autres raisons. En plus des principaux slogans politiques qu’il scande chaque vendredi, le peuple réclame la mise au musée du FLN, patrimoine commun de tous les Algériens, et la dissolution du RND, le parti « né avec des moustaches » en 1997.

Adopter une autre façon de concevoir la politique, c’est sans doute trop demander à des partis sans ressorts, réduits pendant des décennies à servir de caisse de résonance aux décisions tranchées ailleurs, mais comprendre le sens du soulèvement en cours du peuple ne nécessite pas un discernement hors du commun.

Les Algériens veulent un changement du système politique en place, en commençant par ces pratiques. Précisément ces mêmes pratiques desquelles Mohamed Djemai, Azzedine Mihoubi et tous les autres ont visiblement du mal à se défaire.

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