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« Le peuple a encore une fois démontré sa détermination d’aller vers le changement »

« Le peuple a encore une fois démontré sa détermination d’aller vers le changement »

Quels enseignements tirez-vous du 14e vendredi de mobilisation ?

Saïd Salhi vice-président de LADDH. La marche du 14ème vendredi a été particulière, de par le défi populaire contre la répression qui était annoncé dès le matin à Alger. Partout à travers le pays, le peuple a encore une fois démontré sa détermination d’aller vers le changement, face au système en panique qui ne cesse de s’enfoncer dans la crise. Aujourd’hui, le système qui s’est obstiné à refuser toute solution, va assumer encore l’échec de son offre constitutionnelle. J’espère qu’il va se ressaisir et se remettre à l’évidence et à la raison pour écouter la rue. Cette même rue qui s’accroche aussi à l’expression pacifique malgré toutes les tentations de répression et d’empêchement de la marche et en général d’étouffement du Hirak. La balle est toujours dans le camp du système, en tête Gaid Salah.

Boudjemaâ Ghechir, avocat et militant des droits de l’homme. La marche d’hier est la continuation des autres marches. Seulement les marcheurs ont axé sur la personne du chef d’état-major. Pour la population, il a failli à sa promesse d’être à ses côtés, la population voit que cette promesse n’a pas été tenue. J’espère que le message arrivera.

Plus de répression et davantage de rétrécissement des espaces publics. Que traduit cette attitude du pouvoir ?

Saïd Salhi. Oui, ces derniers jours, on a assisté à un net recul en termes de libertés, qui ne démontre qu’une chose : la panique et la mauvaise volonté du système d’aller vers une solution juste à la hauteur des demandes de la rue. Cette attitude renseigne aussi sur toutes les contradictions qui animent le système. Il faut dire que le peuple est uni et le système est divisé. Aujourd’hui, on note plusieurs interdictions de conférences, des poursuites judiciaires contre des militants, des interpellations, la répression des marches. Il y a un problème. Bensalah, en tant que chef de l’État est rejeté par la rue, qui demande avec force son départ ; Gaid Salah en tant que représentant du pouvoir réel refuse encore d’assumer sa responsabilité, il refuse le dialogue. Le système qui s’est enfoncé dans le bourbier de l’article 102 se rend compte de son échec. Il tergiverse et se contredit.

Boudjemaâ Ghechir. Justement, dans son dernier discours, le chef d’état-major a parlé clairement de la réorganisation du Hirak. C’est donc probablement que c’est dans ce cadre que les services de sécurité ont procédé au rétrécissement des espaces pour bien contrôler la population et en même temps créer un climat de démobilisation chez les citoyens.

Le pouvoir a-t-il réussi ?

Boudjemaâ Ghechir. Non. Les citoyens demeurent mobilisés pour le départ du régime. La majorité du peuple a décidé de continuer le Hirak pour demander le départ de ce système.

Etes-vous optimiste pour l’avenir du Hirak ?

Boudjemaâ Ghechir. Bien sûr que je suis optimiste. Le mouvement, a créé une nouvelle culture chez les Algériens notamment le fait qu’ils se sont réappropriés les espaces publics et je dirai même leur citoyenneté. À présent l’Algérien se sent citoyen à part entière. Il considère qu’il se doit de reprendre dorénavant sa souveraineté et sa parole. On doit investir dans ce sens.

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