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Mohcine Belabbas s’en prend violemment à Ghediri : « Je me demande s’il a réellement le grade de général »

Mohcine Belabbas s’en prend violemment à Ghediri : « Je me demande s’il a réellement le grade de général »

Le RCD ne voit aucune utilité à la présentation d’un candidat unique de l’opposition pour la prochaine élection présidentielle. Le président du parti, Mohcine Belabbas, l’a réitéré ce dimanche 10 février lors de son passage au forum de Liberté.

M. Belabbas devrait rencontrer, demain lundi, le promoteur de l’idée, le président du Front de la justice et du développement, Abdallah Djaballah, mais la question est déjà tranchée au sein du RCD qui a du reste annoncé sa non-participation au scrutin car estimant qu’il « n’y a pas d’élection ». « Je devrais rencontrer M. Djabballah demain dans l’après-midi. Concernant sa proposition (présentation d’un candidat unique de l’opposition, NDLR), je crois qu’au niveau même de son parti, il ne s’agit pas d’une démarche de conviction. Pourquoi un candidat unique puisqu’ils disent eux-mêmes que l’élection est jouée d’avance ? Je ne sais pas ce qui fait courir M. Djaballah, ni les candidats déclarés d’ailleurs », a souligné Mohcine Belabbas pour qui « la question en réalité ne devrait pas se poser ». « S’il y a une élection libre, vous avez beaucoup de candidatures. C’est au deuxième tour qu’il y a un report de voix », explique-t-il.

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Pour l’invité de Liberté, « il ne s’agit pas de trouver un messie. « Même durant la révolution, il n’y avait pas de messie. Les six qui l’ont déclenchée avaient des troupes. Il ne faut pas tromper les gens. Si c’était la solution, il est facile de trouver un consensus », explique le président du RCD qui dit ne pas comprendre la démarche de ceux qui s’apprêtent à se lancer dans la course.

« Ils disent qu’il n’y a pas d’élection, mais ils participent pour avoir une visibilité médiatique. Est-ce que les candidats avaient une présence dans les médias en 2014 ? Une campagne doit commencer deux ans à l’avance. Il s’agit de présenter des programmes et de proposer des solutions. Comment le faire en 21 jours ? Les présidentielles, c’est sur les chaînes de télévision. S’il n’y a pas de débat sérieux à la télévision, on ne peut pas parler d’élection », tranche-t-il.

« Où était Ghediri pour critiquer aujourd’hui l’opposition ? »

Pour Mohcine Belabbas, une présidentielle c’est donc des projets et des programmes. « Ne me donnes surtout pas des slogans, car ça ne t’engage en rien. Il faut des projets écrits noir sur blanc », lance-t-il, dans une allusion à peine voilée au candidat qui promet la « rupture ».

Ali Ghediri en aura d’ailleurs pour son grade. A propos de grade justement, Mohcine Belabbas révèle qu’il lui est arrivé de se demander si le candidat à la candidature était réellement général-major : « Il n’aurait pas dû s’attaquer à l’opposition qu’il devait au contraire tenter de gagner puisqu’il est candidat. Je me suis posé la question si c’était vraiment un général. Dans les pays qui se respectent, un général est un opérationnel et il a une stratégie. Quand tu vois ce genre d’erreurs, tu te poses la question ».

Ali Ghediri n’aurait pas dû déclarer que l’opposition a échoué, estime M. Belabbas. « Je ne le connais pas, je ne lui ai jamais parlé, je ne connais pas son programme. Il a dit qu’il y a eu fraude par le passé parce que l’opposition a été passive, il a parlé d’opposition de salon. Où était-il lui pour dire cela ? », explique-t-il.

« A aucun moment je n’ai critiqué Ali Ghediri, sauf quand il y a eu des questions de la presse. Je n’ai pas dit que sa candidature était une imposture, j’ai dit qu’elle risquait d’être perçue comme telle. Ce qui est vrai parce que ce n’est pas facile de convaincre les Algériens, d’autant plus qu’il faut un programme », rectifie-t-il. Avant d’enfoncer le clou : « Même Bouteflika était présenté comme le candidat de la rupture et nous avons vu ce qu’il a fait par la suite. Nous devons tirer des enseignements de ce genre d’expériences. Celui qui a le pouvoir est toujours tenté d’en abuser, et il va en abuser, on a eu des expériences. Il faut des contre-pouvoirs. »

« La candidature de Bouteflika n’est pas définitivement tranchée »

Évoquant la candidature de Bouteflika justement, le président du RCD pense qu’elle n’est pas définitivement tranchée. « Nous sommes dans un système qui peut décider une chose et son contraire du jour au lendemain », affirme-t-il, estimant que si la candidature du chef de l’Etat devait être annoncée, ce sera après la nomination du président du Conseil constitutionnel, car il n’est pas faisable qu’un président candidat nomme le président du conseil constitutionnel. En tout cas, même les partis de l’Alliance n’en savent pas davantage, assure-t-il.

Au sujet du meeting organisé samedi par le FLN, le chef du RCD n’y voit pas une démonstration de force. « La Coupole, je la connais bien, on y organisait nos congrès. Elle peut contenir 5 000 personnes au maximum. Et puis, ce ne sont pas les partis qui ont mobilisé hier, c’est l’Etat. On a parlé de gens payés 5000 dinars », révèle-t-il.

Enfin, sur la polémique de la prière à l’école, M. Belabbas trouve incompréhensible qu’on enclenche ce genre de débats en pleine présidentielle.

« En pleine élection, on pousse les gens à débattre de l’utilité de la prière à l’école. Cela devait être un débat global sur l’école, mais aucun candidat ne l’a soulevé. Je ne me souviens pas de gens qui font la prière à l’école. Déjà, à l’école, on n’a pas l’âge de faire la prière et même si on a l’âge, ce n’est pas le problème. Le problème je le vois dans les haraga, les chaînes devant le CCF, le visa d’études, ce sont autant de signes que le système éducatif a échoué », assène le chef du RCD.

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