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Le RCD ouvre le feu sur Ouyahia

Le RCD a estimé ce vendredi que le premier ministre, Ahmed Ouyahia a perdu « tout discernement » lors de ses réponses aux interrogations de l’opposition et exploité la tribune de l’assemblée pour « régler des comptes ».

« En cette conjoncture déjà empreinte de vives tensions, le Secrétariat national prend acte de la violente campagne de dénigrement et de mépris d’un premier ministre qui a perdu tout discernement envers les acteurs politiques et les experts en économie en détournant l’enceinte parlementaire offerte par la grâce du chef de l’État en tribune de règlements de comptes mesquins », écrit le RCD dans un communiqué rendu public au lendemain de la réunion à Alger de son secrétariat national.

« L’impulsivité du Premier ministre qui s’est manifestée par des manœuvres diffamatoires n’a fait qu’augmenter le mécontentement social et renforcer la défiance générale envers un personnage déjà coupable par le passé de coups tordus contre les cadres de l’État et de ponctions autoritaires sur les salaires des travailleurs”, dénonce le RCD

Considérant que le plan d’action du gouvernement “n’est ni adapté” à la conjoncture économique, “ni porteur” d’un redressement durable des finances publiques, le RCD soutient que cette feuille de route « construite autour d’une dramatisation de la situation financière du Trésor public et d’une offensive médiatique, tous azimut, des pouvoir publics pour semer la peur ne vise pas à faire prendre conscience aux Algériennes et aux Algériens de leur nécessaire mobilisation pour sortir le pays de quinze ans de corruption, de détournements et de gabegie ».

« Après avoir claironner durant trois années que la clairvoyance de Bouteflika a sauvé le pays de révisions déchirantes avec la chute des prix des hydrocarbures, cette stratégie de la peur et de la démesure a pour seul but le maintien d’un statu quo qui a déjà miné le pays », estime-t-il.

Une stratégie, selon le parti, qui se résume au recours à la planche à billets pour alimenter « les clientèles » et « perpétuer des transferts sociaux inopérants ».

Même s’il appelle à encadrer le recours à la fabrication des billets par des instruments pour en limiter « l’usage inconsidéré », le RCD reste sceptique. « Il semble bien que la tâche d’Ahmed Ouyahia est de permettre au système politique de se perpétuer ou de se renouveler sans heurts en 2019 et de faire avaliser par l’opinion publique des options sans débats comme la reprise de l’exploration/exploitation du gaz de schiste ».

Rejet de candidatures : « dérive dangereuse »

Même s’il n’avance pas de chiffres, le RCD a fait état de rejets de nombreuses candidatures, dans le sud du pays et en Kabylie, une attitude qualifiée de « dérive dangereuse ».

Le RCD suggère en filigrane que l’administration a rejeté ces candidatures au motif que les postulants seraient des partisans de l’autonomie. « Le RCD condamne cette chasse aux sorcières. Au lieu d’instruire illégalement l’Administration pour refuser d’enregistrer des candidatures en violation de la loi sous le fallacieux prétexte d’ « activités portant atteintes à l’unité nationale », les pouvoirs publics doivent assumer ces « accusations », infondées du reste, en portant plainte devant les tribunaux au su et au vu de l’opinion publique », estime t-il.

« Cette politique qui consiste à spolier les Algériens de leur droit constitutionnel de se porter candidat ne peut que pousser des citoyens vers des positions extrêmes. Le gouvernement Ouyahia assumera la responsabilité d’une dérive programmée », ajoute le RCD qui appelle, par ailleurs, à la révision de la Loi électorale.

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