
Les Algériens sont appelés aux urnes ce jeudi 2 juillet pour renouveler la composante de l’Assemblée populaire nationale (APN), la chambre basse du Parlement.
Vingt-quatre millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour élire leurs représentants pour les cinq prochaines années. À l’étranger et dans les bureaux itinérants des zones reculées du pays, le vote a débuté samedi dernier.
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Comme la campagne électorale pour les législatives de ce jeudi qui a pris fin dimanche dernier sans saillie notable, le scrutin devrait se dérouler dans la sérénité.
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Législatives du 2 juillet : l’Anie met en garde
À quelques heures du début du scrutin, l’Autorité électorale indépendante (Anie) a rappelé la nécessité pour tous les acteurs de se conformer à la loi.
Dans un communiqué diffusé ce mercredi 1ᵉʳ juillet, l’autorité a appelé les encadreurs des bureaux et des centres de vote à « veiller au respect des principes fondamentaux du régime électoral et à s’acquitter de leurs missions avec loyauté et neutralité, tout en s’abstenant de tout acte, comportement ou conduite susceptible de porter atteinte à la régularité, à l’intégrité, à la transparence et à la crédibilité de l’opération de vote ».
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Elle a aussi signifié aux candidats et à leurs représentants l’impératif de « se conformer aux dispositions légales et réglementaires relatives au jour du scrutin et d’œuvrer au bon déroulement des opérations de vote ».
La tenue même du scrutin est un signe de la stabilité politique du pays. Cela fait près de trois décennies (depuis 1997) que les élections législatives et locales se tiennent régulièrement dans les délais, soit tous les cinq ans. Seule l’avant-dernière législature a été écourtée d’une année, l’élection s’étant tenue en 2021 au lieu de 2022.
Près de 10.000 candidats pour 407 sièges
Les Algériens devront choisir 407 députés parmi près de 10.000 candidats, 9.854 précisément, répartis sur 739 listes, indépendantes ou portées par des partis politiques.
Trente-deux formations politiques sont en lice, dont certaines parmi celles qui ont boycotté les précédents scrutins, comme le Rassemblement pour la Culture et la démocratie (RCD), le Front des forces socialistes (FFS) et le Parti des Travailleurs (PT). Et ce n’est pas l’unique particularité de ces législatives 2026.
Le fait marquant du processus électoral est l’élimination d’un grand nombre de candidats à la candidature par le fait du pouvoir discrétionnaire accordé à l’autorité électorale pour interpréter les dispositions de la loi portant régime électoral. Au total, 1.762 candidatures, correspondant à 61 listes, ont été rejetées pour des motifs qui ont soulevé des critiques. Les rejets ont touché 21 partis politiques.
Le président par intérim de l’Anie, Karim Khelfane, a expliqué que les rejets concernent des candidats « connus du public pour leurs liens avec des milieux d’affaires et d’activités suspectes », ou ayant « fait l’objet de peines privatives de liberté sans avoir bénéficié de réhabilitation ». D’autres ont été recalés pour « nomadisme politique » et beaucoup pour non-conformité de leurs dossiers avec les dispositions légales.
Pas de chamboulement majeur de la carte politique ?
La loi portant régime électoral, adoptée en avril dernier, a contenu de nombreuses nouvelles dispositions qui expliquent les changements constatés depuis le début du processus électoral actuel.
Le texte a introduit la limitation à deux du nombre de mandats de député et a consolidé la séparation entre la politique et l’argent, principe phare des engagements du président de la République Abdelmadjid Tebboune dès sa première élection en 2019.
Avant ce texte, la loi sur les partis politiques, promulguée en mars, avait imposé aux partis de ne pas boycotter deux scrutins de suite et banni le « nomadisme politique ».
Conformément à la Constitution, le scrutin de ce jeudi pourrait déboucher sur la nomination d’un Premier ministre si une majorité présidentielle se dégage, ou d’un chef du gouvernement si l’opposition l’emporte.
Les observateurs ne s’attendent toutefois pas à un chamboulement majeur de la carte politique nationale, sauf très grosse surprise. Le RND pourrait créer la surprise en vue de la campagne électorale qu’il a menée. Parti majoritaire de la précédente législature, le FLN est aussi favori pour remporter le scrutin.
En somme, quelle que soit la configuration de la prochaine assemblée, elle aura la lourde tâche d’accompagner la poursuite du processus de réformes entamé ces dernières années.