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L’énième provocation du Maroc contre l’Algérie

Le directeur du Bureau central d’investigation judiciaire marocain (BCIJ), Abdelhak El Khiame, a récidivé ce dimanche en critiquant publiquement l’absence supposée de coopération des autorités algériennes avec le Maroc dans la lutte contre le terrorisme.

« En ce qui concerne le voisin algérien, je fais porter la responsabilité à l’administration algérienne », a déclaré El Khiam au sujet de la coopération entre les deux pays, dans un entretien accordé à France 24.

Cette déclaration s’inscrit dans une série de sorties médiatiques effectuées par le très en vue chef de l’antiterrorisme du royaume. Pas plus tard que mars, El Khiame avait déclaré que l’absence de coopération entre le Maroc et l’Algérie constituait « une opportunité pour l’installation d’organisations terroristes dans la région ». Même son de cloche en décembre dernier, où il affirmait que « l’Algérie refuse de coopérer avec nous. Pourtant, les périls qui menacent aujourd’hui de frapper la région sont transfrontaliers ». El Khiame ne précise pas quelle est la nature de la collaboration désirée, ni sous quelle forme il souhaite la voir se développer entre les deux pays.

Pire, le directeur du BCIJ va jusqu’à affirmer que son organisme a découvert qu’une centaine de « séparatistes » sahraouis se trouvant dans le Sud de l’Algérie, précisément à Tindouf, auraient rejoint l’État islamique. El Khiame ne fournit aucune information sur la nature de cette menace, et n’avance évidemment aucune preuve permettant d’étayer cette affirmation grave. L’accusation du patron de l’antiterrorisme marocain ne surprend néanmoins pas.

Les autorités et les médias du royaume chérifien sont en effet coutumiers depuis plusieurs années dans leur volonté d’associer le mouvement indépendantiste sahraoui à différentes organisations terroristes. Avant Daech, le Polisario avait été accusé d’être impliqué avec Al-Qaïda ou encore Boko Haram. L’idée étant à chaque campagne médiatique de salir la réputation des Sahraouis et d’affecter négativement la perception du Polisario auprès de la communauté internationale. En outre, les déclarations du patron du BCIJ laissent sous-entendre que l’Algérie au mieux n’a pas été capable de repérer et éliminer une menace terroriste sur son territoire, au pire a détourné les yeux de cette menace.

Bien qu’elles ne surprennent pas de la part du Maroc, ces insinuations demeurent extrêmement graves. En répétant sans cesse que l’Algérie ne coopère pas avec son pays dans la lutte antiterroriste, El Khiame accuse indirectement le pouvoir algérien d’entretenir des relations ambiguës avec le terrorisme. Il oublie surtout que son organisme a failli dans sa mission en laissant au moins 1.500 de ses compatriotes rejoindre les rangs de Daech, selon ses propres chiffres, et cela n’est pas dû au manque de coopération avec l’Algérie.

En réalité, El Khiame pose un problème de fond, qui est au centre des tensions politiques entre l’Algérie et le Maroc. Si le royaume considère le Polisario comme son ennemi numéro un, ce n’est pas le cas de l’Algérie qui soutient la décolonisation du Sahara occidental.

En novembre dernier, le premier ministre Abdelmalek Sellal affirmait que “l’Algérie était prêté à régler ses différends avec le Maroc”. Rabat n’a pas jugé de bon de répondre.

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