
C’est une situation inédite depuis juillet 2015. Le baril de brent de la mer du Nord (référence pour le pétrole algérien) s’est maintenu toute la semaine au-dessus des 60 dollars. Ce vendredi 3 novembre, à la mi-journée, il s’échangeait à 60,73 dollars.
À l’approche de la réunion semestrielle de l’Opep à Vienne qui aura lieu le 30 novembre, les marchés anticipent déjà une deuxième prolongation de l’accord de limitation de la production au-delà de mars 2018.
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Pour rappel, le 30 novembre 2016, les 13 membres du cartel et 11 autres pays -dont la Russie- avaient annoncé une réduction de leur production de 1,2 million de barils par jour (bpj) à 32,50 millions de bpj, et de 558 000 bpj pour les non membres (dont la Russie) au premier semestre 2017. Fin mai 2017, les membres du cartel s’étaient entendus pour prolonger de neuf mois (jusqu’à fin mars 2018) l’accord de limitation de la production d’or noir.
Vers une nouvelle déception des marchés ?
Si les deux poids lourds de l’Opep -Arabie saoudite et Irak- et la Russie ont déjà indiqué qu’ils étaient favorables à une prolongation de cet accord au-delà de mars 2018, reste à savoir si les réductions de production décidées il y a presque un an seront maintenues à leurs niveaux actuels ou revues à la hausse.
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De plus, il faudra également définir pour combien de temps les pays signataires de l’accord de Vienne accepteront de réduire leur production pour soutenir le marché. L’agence Reuters, qui cite des sources proches du cartel, indique que l’Opep devrait étendre l’accord sur la totalité de l’année 2018.
Dans une interview accordée à Bloomberg, mercredi 1er novembre, Issam Almarzooq, le ministre koweïtien du Pétrole, a expliqué que le cartel discutait actuellement du mécanisme « le plus approprié » et à sa durée pour rééquilibrer le marché. Si l’annonce de l’extension de l’accord Opep devrait être annoncée fin novembre, les détails (durée, conditions) pourraient n’être révélés qu’en février ou en mars, selon la même source.
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Bref, la réunion du 30 novembre à Vienne pourrait bien -une nouvelle fois- décevoir les marchés qui ont déjà intégré la perspective d’une prolongation. Il faut d’ailleurs garder à l’esprit que cette situation s’est déjà produite il y a six mois : anticipée depuis plusieurs semaines, la simple annonce du prolongement de l’accord Opep, sans mesures supplémentaires, avait fait chuter les prix.
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Pendant ce temps, la production américaine continue de croître
Enfin, si officiellement les pays producteurs d’or noir se disent prêts à prolonger l’accord, reste à savoir s’ils respecteront leur engagement sur le long terme.
Car pendant que le cartel cherche à rééquilibrer le marché, la production américaine continue de croître. La banque d’investissement Goldman Sachs prévoit une croissance annuelle de la production pétrolière de 0,8 million à 0,9 million de barils par jour (bpj) à la fin de l’année 2017. Selon la même source, la production devrait atteindre 9,6 à 9,7 millions de bpj à la fin 2017, soit pratiquement son plus haut depuis au moins trois décennies.
Dans ce contexte, il n’est pas certain que la hausse de la demande mondiale de pétrole, même plus forte que celle annoncée en début d’année (1,6 million de barils par jour, contre 1,3 million en début d’année) suffise à maintenir les cours à la hausse.
À court terme, les marchés peuvent toutefois se réjouir des dernières données de l’agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) publiées mercredi 1er novembre. Les stocks américains de pétrole ont reculé de 2,44 millions de barils à 454,91 millions la semaine dernière alors que les économistes s’attendaient à une diminution de 1,76 million de barils.