Direct Live Search
Search

Lila Borsali se confie : Fatma, diaspora, chanter en kabyle… (Vidéo)

Lila Borsani, figure majeure de la musique andalouse algérienne, se confie et se dévoile. Dans cet entretien, elle nous parle du feuilleton Fatma, de la diaspora.

Lila Borsali se confie : Fatma, diaspora, chanter en kabyle… (Vidéo)
Dans cette entrevue, Lila Borsali revient sur son parcours, raconte les coulisses du feuilleton Fatma et parle de ses futurs projets / Source : Facebook Lila Borsali pour TSA
Kenza Adil
Durée de lecture 4 minutes de lecture
Suivez nous sur Google News
Suivez nous Google News
Clock 4 minutes de lecture

Lila Borsali incarne une figure majeure de la musique classique algérienne. Spécialiste de la musique arabo-andalouse, elle multiplie les concerts en Algérie et à l’étranger, anime des émissions, et double des comédiennes dans leur interprétation musicale.

L’artiste a également chanté en kabyle en réinterprétant des chansons de deux monuments de la chanson algérienne : Cheikh El Hasnaoui et Akli Yahiatene.

A lire aussi : Inscription à la vaccination anti-Covid : prenez rendez-vous en ligne

Lila Borsali nous reçoit chez elle. Elle revient sur son parcours, nous raconte les coulisses du feuilleton Fatma de Djaffar Gacem, nous parle de ses futurs projets et consent même à entonner a cappella un extrait de ‘Jahagh’, une chanson iconique du célèbre Akli Yahiatene.

A lire aussi : Société civile – classe politique : la tenue d’une conférence nationale se précise

Comment est née votre vocation d’interprète de chansons andalouses ?

Mon histoire avec la musique andalouse a commencé dès mon plus jeune âge. Mes parents, vrais mélomanes, m’ont inscrite dans l’association musicale Ahbab Cheikh Larbi Bensari, à Tlemcen, où j’ai commencé à pratiquer ce style musical.

En 1994, j’ai quitté Tlemcen pour Paris, où j’ai été membre fondatrice d’une association appelée ‘Les airs andalous’.

A lire aussi : Algérie : révélations glaçantes sur le drame du bus de Oued El Harrach

Après la mandoline, j’ai changé d’instrument en adoptant la kouitra. En 2009, je suis rentrée à Alger où j’ai intégré l’association ‘les Beaux-Arts’. J’y ai rencontré Abdelhadi Boukoura, chef d’orchestre de cette association. C’est lui qui m’a poussée à enregistrer mes albums.

Dans le feuilleton ‘Fatma’ de Djaffar Gacem, vous avez doublé les comédiennes, Zahra et Fatma. Pourriez-vous nous parler de cette expérience ?

J’ai été contactée un an environ avant le début du tournage de Fatma par Djaffar Gacem. J’ai trouvé que c’était une belle occasion de mettre en valeur le patrimoine musical andalou, et j’ai tout de suite dit oui.

Dans Fatma, la musique est très présente à travers les deux chanteuses : Zahra et Fatma. Il leur fallait quelqu’un qui intègre des morceaux musicaux qui colleraient au scénario.

J’ai donc lu le scénario et fait connaissance avec tous les personnages qui gravitaient autour de Zahra et Fatma, puis fait des propositions à Djaffar Gacem.

Par ailleurs, j’ai coaché les comédiennes afin qu’elles soient convaincantes dans leurs rôles de chanteuses et de musiciennes.

Il parait que ce sont vos propres instruments de musique qui ont été utilisés dans le feuilleton…

Absolument ! Voici (la vidéo) la kouitra de Fatma et celle de Zahra qui ont servi durant le tournage. J’ai aussi apporté mon tar, ma derbouka et mon violon sur lequel nous avons ajusté des cordes en boyau pour nous rapprocher du type d’instrument existant à l’époque.

Comment est née la dernière chanson de la série Fatma intitulée ‘Ach quimet el hayet’ ?

La plupart des chansons du feuilleton Fatma appartiennent au patrimoine musical algérien, toutefois il y a eu quelques réadaptations.

C’est le cas de ‘Ach qui met El Hayet’. Ce sont des paroles que Fatma a écrites à sa sœur Meriem dans la lettre qu’elle lui a laissée.

Ce texte a été d’abord travaillé par Mira Gacem Babaci par rapport au scénario, puis par Meriem Meftahi, directrice artistique, et par Djaffar Gacem, le réalisateur.

Puis il a fallu l’habiller d’une mélodie poignante. On a opté pour une mélodie d’une chanson extraite de la zaouia, un chant soufi qu’on a réadapté au texte proposé par la production.

Je suis très contente que cette chanson ait fait le buzz, car elle a donné ce côté très touchant qui a servi la séquence finale du feuilleton.

Vous vous produisez souvent à l’étranger. Comment s’établit la connexion avec le public de la diaspora qui est très nombreux lors de vos concerts ?

Effectivement, le public algérien est toujours en force lors de nos concerts. On sent cette fierté par rapport à notre patrimoine, à la musique andalouse.

Les échos sont très positifs et c’est vraiment encourageant, car longtemps, on nous a taxés de musique de ‘vieux’.

Le fait de voir cette jeunesse qui donne de l’importance à notre patrimoine, surtout à l’international, me booste et me pousse à présenter des spectacles avec des thématiques qui touchent ce public comme par exemple ‘Ya Ghorbati’ qui parle d’exil, et qui touche le public algérien vivant à l’étranger.

Vous avez chanté en kabyle, reprenant des chansons de Cheikh El Hasnaoui et d’Akli Yahiatene…

Chanter en kabyle n’est pas nouveau pour moi. Je l’avais déjà fait dans le spectacle ‘Errance’ dans lequel j’ai interprété des chansons d’Idir.

Et quand le spectacle sur la thématique de l’exil a été monté, il était évident pour moi de parler des artistes kabyles qui se sont exilés, dont Akli Yahiatene et Cheikh El Hasnaoui.

J’ai profité d’un break en Kabylie récemment, dans les montagnes du Djurdjura, pour me ressourcer et je me suis retrouvée à chanter du Akli Yahietene avec le guide de la montagne, à quelques centaines de mètres de la maison de ce chanteur. Je vais vous chanter un extrait de sa chanson ‘Jahagh’.

En dehors de la chanson andalouse, écoutez-vous d’autres musiques ?

Effectivement, la musique andalouse prend beaucoup de place dans ma vie, mais j’ai écouté beaucoup de musique occidentale et celle imposée par mes enfants comme le K-pop coréen et le rap… Quand j’étais plus jeune, j’aimais beaucoup les grandes voix comme Mariah Carey, Céline Dion.

J’écoutais aussi les chansons françaises et orientales à l’instar d’Oum Kheltoum et Fairouz. Ce sont des chansons qui me touchent beaucoup, d’ailleurs très souvent dans mes spectacles j’intègre des morceaux de Fairouz par exemple.

Trouvez-vous le temps de lire ?

Non, pas vraiment, sauf en été, période durant laquelle je suis au calme. Je lis des romans d’Amélie Nothomb depuis que je suis toute jeune. J’aime beaucoup sa folie dans son écriture, elle m’emporte toujours dans un monde imaginaire.

Lila Borsali aime-t-elle cuisiner ?

J’ai beaucoup cuisiné dans le passé, je n’avais pas encore 20 ans quand je me suis mariée, il fallait que j’assume.

Aujourd’hui que mes enfants ne sont plus là et que je n’ai pas grand monde à qui préparer des petits plats, je me fais inviter.

Cela dit, il parait que j’ai des talents de cuisinière. Je fais un bon couscous et une bonne hrira tlemcénienne. Et moi ce que j’adore, ce sont les plats mitonnés par ma mère, notamment el kefta bel kabouya.

Quels sont vos projets pour les mois à venir ?

La rentrée en nouba, comme chaque année en septembre-octobre avec une nouvelle thématique et Mouloudiate : ces deux concepts sont inscrits dans notre routine depuis plusieurs années à présent.

Le 5 avril prochain, nous participerons au Festival El Andalous pour la cinquième fois. Nous avons aussi des projets avec la Fondation Abdelkrim Dali et d’autres surprises sont à venir.

Un dernier mot

Merci de m’avoir donné l’occasion de parler de la musique andalouse. Merci à tous ceux qui soutiennent nos travaux, merci à tous pour vos messages et votre bienveillance, merci pour votre intérêt pour notre patrimoine. C’est ce qui constitue notre identité, c’est très important et c’est mon combat.

Lien permanent : https://tsadz.co/jvnsu

TSA +