
Un mot est sur toutes les lèvres depuis hier en Algérie : Tanezrouft. Il s’agissait d’une région oubliée de tous, jusqu’à ce que l’État décide de transformer une caserne militaire en une prison de haute sécurité destinée aux narcotrafiquants.
Tanezrouft est le nom d’une région désertique, à cheval entre l’Algérie et le Mali. Il s’agit d’une zone connue pour son aridité extrême, où rien ne pousse et où personne ne vit. En berbère, le mot Tanezrouft signifie d’ailleurs « terre aride » ou bien « désert ».
A lire aussi : Inscription à la vaccination anti-Covid : prenez rendez-vous en ligne
Tanezrouft, la « terre de la terreur »
On peut dire que la partie algérienne de Tanezrouft commence à Reggane, dans la wilaya d’Adrar, pour finir plus au Sud, à la frontière malienne, du côté de Bordj Badji Mokhtar, s’étendant ainsi sur plus de 600 kilomètres de désert.
A lire aussi : Algérie : révélations glaçantes sur le drame du bus de Oued El Harrach
L’Agence spatiale européenne (ESA) indique que cette région est connue pour ses « températures caniculaires et son manque d’eau et de végétation », dévoilant qu’elle est surnommée « la terre de la terreur ». En effet, le mercure peut monter dans cette zone à plus de 50°, voire jusqu’à 60°.
La même source indique qu’il s’agit d’un désert de pierres et de sables, mêlant « des collines de grès sombre, des parois de canyons abruptes, des marais salants, des plateaux rocheux et des étendues de dunes à plusieurs niveaux appelées ergs ».
A lire aussi : Caricatures : de Chirac à Macron, comment la position de la France a évolué
Ainsi, si on se place au milieu de cette zone, on ne peut apercevoir que du désert à perte de vue, sans aucun signe de vie. Aucune habitation n’est recensée dans cette région. Seuls des Touaregs nomades s’y aventurent occasionnellement.
Algérie : une prison à Tanezrouft, destinée aux barons de drogue
C’est dans ce coin oublié du Sahara qu’une caserne militaire de l’ANP va être transformée en prison de haute sécurité destinée aux barons et aux trafiquants de drogue, tel que décidé par le Haut Conseil de sécurité, le 2 septembre dernier.
Il s’agit donc d’un Alcatraz à l’algérienne, et même pire. Avec un désert à perte de vue, et une ressemblance frappante des paysages dans toutes les directions, l’idée même de l’évasion devient inconcevable. Le sentiment même de rester plusieurs années coincé dans ce coin perdu est perturbant.
Un séjour dans la prison de Tanezrouft vise à priver les barons et les trafiquants de drogue du « confort » qu’ils retrouvent dans le reste des prisons du pays. C’est une mesure radicale pour lutter contre le trafic de stupéfiants qui est devenu une menace pour la sécurité nationale.