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Malgré un contexte compliqué : le pouvoir garde le cap sur son agenda

Malgré un contexte compliqué : le pouvoir garde le cap sur son agenda

Pendant que la pandémie persiste, la situation économique se complique et le front social se remet à bouillonner, en Algérie, le pouvoir, droit dans ses bottes, garde le cap sur le parachèvement de son agenda mis en branle dans la seconde moitié de l’année 2019.

Ultime objectif : mettre en place le dispositif législatif pour aller vers le renouvellement des assemblées élues. Le 13 décembre, pour sa première apparition publique après son hospitalisation en Allemagne, le président Abdelmadjid Tebboune avait instruit d’accélérer le processus de l’élaboration de la nouvelle loi électorale dans les plus brefs délais.

La première mouture du texte est prête, il ne reste que sa finalisation et les formalités de sa présentation en Conseil des ministres puis devant le Parlement et sa promulgation par le chef de l’Etat.

En août dernier, Abdelmadjid Tebboune avait laissé entendre que la « nouvelle Algérie » se dotera d’institutions tout aussi nouvelles au début de l’année 2021. L’entreprise a pris des allures de priorité pour le pouvoir, conscient que la crédibilité de ses actions futures est tributaire de celle des assemblées qui l’accompagneront.

Nul n’ignore en effet que les scandales à répétition qui ont ébranlé des dizaines de mairies et surtout l’Assemblée populaire nationale avec notamment l’affaire de l’achat des sièges de députés impliquant un ancien secrétaire général du FLN et ses enfants, ont fini par achever ce qui restait de crédibilité à toutes les assemblées élues sous l’ancien président.

Or, c’est le même Parlement qui a débattu et donné son quitus à la nouvelle constitution, censée être celle de la rupture avec les pratiques du passé.

Si les législatives et les municipales se tiennent dans les prochains mois, le pari du président aura été tenu, comme l’ont été ceux de l’organisation de la présidentielle de 2019 et du référendum sur la révision constitutionnelle le 1er novembre dernier en dépit du fort rejet d’une partie de la population algérienne.

L’éventualité est fort plausible maintenant que le pouvoir a montré qu’il sait désormais se contenter de taux de participation pas trop élevés (moins de 40 % lors de la présidentielle de 2019 et à peine 23 % au dernier référendum), même si, cette fois, il faudra peut-être un effort supplémentaire pour convaincre le maximum de formations politiques, étant donné qu’un Parlement et des assemblées locales sans les grands courants qui traversent la société n’aideront pas à combler les déficits de légitimité du socle institutionnel.

Un contexte social délicat

En l’état actuel des choses, il est certain qu’au moins une partie de la classe politique ne sera pas sur la ligne de départ si des mesures d’apaisement du climat politique général ne sont pas prises.

« La crédibilité d’un scrutin a besoin que l’opinion publique soit convaincue que l’alternance politique est possible, sans violence ni fraude. Une élection se fait dans un contexte adéquat et avec un certain état d’esprit. La confiance précède l’acte de voter », rappelle la politologue Louisa Aït Hamadouche dans un entretien à El Watan, soulignant que la « crédibilité commence techniquement par la garantie des libertés individuelles et collectives et par l’ouverture de l’espace public et médiatique au pluralisme de la société ».

La grande inconnue pour le pouvoir reste néanmoins l’attitude de la rue dans les prochains mois et semaines. Si nul ne sait dans quelle mesure seront suivis les appels à la reprise des manifestations du Hirak dès le mois prochain, on sait en revanche que le front social s’est remis à l’heure de la protestation par des mouvements sporadiques et non coordonnés mais qui risquent de faire tache d’huile dans une conjoncture socio-économique précaire, aggravée par les retombées de la crise sanitaire sur des franges entières de la population.

L’imposant rassemblement organisé ce samedi 30 janvier à Laghouat pour dénoncer les conditions de vie difficiles et les entraves au développement est venu rappeler que la braise de la contestation n’est pas totalement et définitivement éteinte.

Dans un contexte de disette, l’achat de la paix sociale risque de s’avérer ruineux et c’est peut-être pourquoi on semble songer de nouveau à la vieille recette du changement de gouvernement.

Il est vrai que, depuis quelque temps, l’équipe actuelle n’est pas épargnée par les critiques, y compris par le président de la République et le Premier ministre. Dans le gouvernement, il y a « des aspects positifs et négatifs », avait déclaré Abdelamdjid Tebboune le 10 janvier, juste avant de s’envoler une seconde fois vers l’Allemagne…

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