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Manifestations anti-cinquième mandat : du jamais vu à l’Ouest du pays

Manifestations anti-cinquième mandat : du jamais vu à l’Ouest du pays

Toutes les wilayas de l’Ouest du pays connaissent depuis deux semaines d’importantes et historiques manifestations contre le 5e mandat de Bouteflika.

Des dizaines de milliers de manifestants sont descendus à plusieurs reprises dans les rues, pour exiger le départ immédiat de Bouteflika et réclamer un changement de tout le système politique qu’il incarne.

Des manifestations inédites par leur ampleur, la nature des slogans éminemment politiques brandis et par leur esprit résolument pacifique. Aucun incident n’a été enregistré. Il n’y a eu ni morts, ni blessés graves, ni encore moins des arrestations.

Deux manifestations monstres se sont déroulées le 22 février et le 1er mars, ponctuées de mobilisations cycliques des étudiants notamment les mardis.

La tension monte à chaque appel à manifester. «Changement ! Changement ! Changement !» ou encore « Système dégage », scandaient les manifestants à Relizane, Mascara, Oran, Mostaganem, Tlemcen, Chlef, Tiaret, Sidi Bel Abbès, Adrar et à Béchar.

Les manifestants, en majorité des jeunes, ont été unanimes à s’opposer à un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika et pas seulement. Des dizaines de milliers de fonctionnaires, syndicalistes, chômeurs et étudiants ont défilé, brandissant leurs pancartes en demandant une chose: STOP à un mandat de trop du chef de l’Etat et du régime.

A Oran, la plus grande ville de l’ouest algérien, les différentes mobilisations qui ont eu lieu depuis deux semaines, ont été impressionnantes et massives. Jamais la deuxième ville du pays n’a connu des manifestations d’une telle ampleur.

Depuis au moins vingt ans, Oran a certes l’habitude de connaître des manifestations corporatistes, à l’image des différentes mobilisations des médecins résidents, des enseignants ou encore celles des demandeurs de logements, mais elles sont loin d’égaler l’ampleur de celles qui ont eues lieu le 22 février et surtout celle du 1e mars dernier.

Ces dernières manifestations ont drainé un monde incroyable: femmes et hommes, jeunes de toutes les catégories sociales sont sortis dans les rues, dans une liesse populaire indescriptible.

Des familles entières ont manifesté dans les rues. Les manifestations s’ébranlent généralement à la place du 1er Novembre (ex-place d’armes), puis la procession humaine prend la direction de la place des Victoires en passant par la rue Larbi Ben M’hidi.

Les marcheurs sillonnent les boulevards du centre-ville, en empruntant notamment le front de mer. Les manifestants observent également des rassemblements devant le siège de la wilaya.

Des fenêtres des immeubles alentour, les femmes lancent des bouteilles d’eau en direction de la foule en signe de solidarité.

Même mobilisation à Tlemcen, d’où sont originaires la majorité des ministres des gouvernements de Bouteflika, qui a connu des manifestations monstres depuis deux semaines. Dans la capitale des zianides, la mobilisation anti-cinquième mandat a été au rendez-vous à plusieurs reprises. Les avocats, les étudiants et leurs enseignants ont, tour à tour, défilé pour s’indigner face à l’agenda du régime et à l’entêtement d’Abdelaziz Bouteflika de se maintenir au pouvoir en dépit de son âge et de son très mauvais état de santé.

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