
Marine Le Pen est officiellement candidate à l’élection présidentielle française de 2027. La fille de Jean-Marie Le Pen a annoncé son entrée dans la course à la plus haute fonction de l’État français le jour même de sa condamnation par la justice à de la prison pour des faits graves.
Un obstacle supplémentaire à la relation franco-algérienne qui a traversé une crise inédite ces deux dernières années. En cas d’arrivée de l’extrême droite à l’Elysée en 2027, cette relation risque de replonger dans de nouvelles et graves tensions en raison des positions anti-algériennes de ce courant.
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Par le passé, des politiques ont jeté l’éponge pour bien moins que ça, sur de simples révélations de presse par exemple.
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La fille de Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front national (devenu Rassemblement national) et tortionnaire pendant la Guerre d’Algérie, a été condamnée mardi 7 juillet par la Cour d’appel de Paris à trois ans de prison, dont deux ans avec sursis et un an ferme aménageable avec bracelet électronique, pour détournement de fonds publics dans le cadre de l’affaire dite des assistants parlementaires de son parti.
Condamnée à la prison, Marine Le Pen se porte candidate à l’Elysée
La Cour a réduit à 15 mois la peine d’inéligibilité prononcée en première instance contre la cheffe de file du Rassemblement national (RN). Ce qui lui ouvre la porte d’une candidature. Le soir même, elle a annoncé sur TF1 qu’elle se lance dans la course à l’Élysée, indiquant qu’elle compte sur le pourvoi en cassation qu’elle a introduit pour se faire innocenter.
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Une campagne à l’Elysée sous bracelet électronique ?
Si elle se voit condamnée pour la troisième fois, la candidate devra faire campagne avec un bracelet électronique et pourrait être contrainte de le porter, ainsi que la condamnation judiciaire, en entrant à l’Elysée si elle remporte l’élection. Une situation inédite qui illustre la déliquescence d’une partie de la classe politique en France. En octobre dernier, Nicolas Sarkozy est passé par la case prison, également pour une affaire de sous. Une première pour un président de la République.
En annonçant sa candidature, Marine Le Pen a renié tous ses engagements passés, elle qui a fait de la moralisation de la vie publique son cheval de bataille.
Pendant plusieurs années, elle a réclamé l’inéligibilité pour les auteurs de détournement commis dans l’exercice de leurs fonctions. Il y a encore quelques semaines, elle jurait qu’elle ne se présenterait pas en cas de condamnation pour ne pas avoir à faire campagne avec un bracelet électronique.
Le courant extrémiste a bâti son ascension sur le mensonge et Marine Le Pen ne fait pas exception. Face à la gêne suscitée par son attitude, son parti sort des arguments inattenduss.
La fille de Jean-Marie Le Pen a affirmé qu’elle est “innocente” et qu’elle sera réhabilitée par la cour de cassation. Elle avait dit la même chose avant le procès en appel. Philippe Tanguy, président du groupe parlementaire RN à l’Assemblée nationale, a tenu un raisonnement lunaire : “Marine Le Pen est la mieux placée pour savoir si elle est innocente ou coupable.” Ce n’est donc pas à la justice de se prononcer.
A gauche, c’est le tollé. “C’est l’argument le plus claqué jamais osé”, a réagi le député LFI Aymeric Caron. “Un homme vole 13€ de denrées dans un supermarché : prison ferme. Marine Le Pen et le RN détournent 2 siècles de SMIC d’argent public : sursis et candidature pour diriger notre pays”, a fulminé pour sa part François Piquemal, du même parti.
⚖️ Un homme vole 13€ de denrées dans un supermarché ➡️ prison ferme ❌
Marine Le Pen et le RN détournent 2 siècles de SMIC d’argent public ➡️ sursis et candidature pour diriger notre pays ✅ pic.twitter.com/FNpQgaRjet
— François Piquemal (@FraPiquemal) July 8, 2026
“Comment peut-on prétendre diriger la France quand on est condamné ?”
La candidature Marine Le Pen ne pose peut-être pas problème sur le plan légal. Mais moralement, ça a du mal à passer à gauche. “La candidature de Marine Le Pen est légalement possible mais moralement, elle n’est pas souhaitable. Comment peut-on prétendre diriger la France quand on est condamné ?”, résume le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure.
“À une époque, l’extrême-droite se disait ‘mains propres et tête haute’ . En réalité, ils sont ‘mains sales, tête basse’ ”, fustige-t-il.
À une autre époque aussi, des candidats à l’Elysée ont dû renoncer, par scrupule moral, après avoir été mis en cause dans des malversations ou actes délictuels, comme François Fillon, Dominique Strauss-Kahn ou Alain Juppé. L’extrême-droite n’a jamais eu de scrupules et ce n’est pas aux portes du pouvoir qu’elle commencera à en avoir.
La candidature de Marine Le Pen confirme le visage de ce courant et révèle aussi qu’une partie de la société française a peut-être irréversiblement sombré dans l’extrémisme. Alors que les observateurs attendaient le recul du RN dans les sondages après le verdict de la justice, c’est le contraire qui semble se produire. Deux sondages réalisés dès le lendemain ont donné Marine Le Pen très largement en tête au premier tour (36%) et vainqueur “dans tous les cas de figure” au second.
Sauf retournement significatif de l’opinion dans les 10 prochains mois, on se dirige droit vers une France dirigée par l’extrême droite.
Quel avenir pour la relation franco-algérienne ?
Pour la relation franco-algérienne, Marine Le Pen à l’Elysée serait tout sauf une bonne nouvelle. Même dans l’opposition, le courant extrémiste a largement réussi à froisser la relation bilatérale par ses attaques répétées contre la mémoire, l’immigration et les autorités algériennes.
Au pouvoir, ses premières décisions pourraient être des actions qui saperaient ce qui reste de la relation, comme la révocation de l’accord de 1968 sur l’immigration ou la remise en cause des engagements et gestes mémoriels du président Macron.
L’on voit mal du reste comment l’Algérie pourra traiter avec une France dirigée par un parti qui a changé sur tout sauf sur son essence fondatrice, la nostalgie de l’Algérie française. Le “cheveux de Mouaouiya” dont a parlé le président Tebboune en février 2025 risque de rompre définitivement.