
Les images de Marocains prenant d’assaut l’enclave espagnole de Ceuta traduisent une réalité que seul le palais royal et ses relais refusent d’admettre.
A savoir que le Maroc va mal. Tellement mal que ses habitants le fuient par milliers et désormais par familles entières vers Ceuta, l’enclave espagnole sur le territoire marocain. Une double honte pour le royaume.
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Depuis mercredi 29 juillet, la Toile est submergée d’images impressionnantes de Marocains de tous âges, d’hommes et de femmes qui rejoignent l’enclave espagnole à la nage, dans une ruée vers la liberté et la vie décente, au péril de leur vie. On évoque des morts et des blessés, on parle aussi de 3.000, voire de dizaines de milliers de Marocains qui sont entrés en territoire espagnol en quelques heures.
Quand les Marocains fuient massivement leur pays vers Ceuta
Quoi qu’il en soit, les images sont expressives et suffisent pour démentir des années de propagande, tant au Maroc que chez ses alliés occidentaux, qui tentent de vendre l’image d’une monarchie stable, moderne et prospère. Les grappes humaines qui ruent sur les rivages de Ceuta annihilent aussi les milliards dépensés dans une politique de prestige, dans la construction de stades et l’organisation de grandes manifestations sportives.
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La fuite collective de cet été 2026 n’est ni la première du genre ni la seule expression de la détresse sociale qui écrase de larges franges de la population marocaine. Aucun pays maghrébin n’a vécu une telle situation. Pour ceux au Maroc qui passent leur temps à dire que l’Algérie va mal, le pays n’a pas connu de telles évasions collectives y compris dans les années 1990 quand le terrorisme tuait sans distinction.
Outre les épisodes similaires des étés précédents, le monde a eu à découvrir les drames qui frappent régulièrement les “femmes mulets”, ceux de parturientes qui décèdent dans les maternités, les sinistrés du séisme de 2023 laissés dans des tentes plusieurs hivers de suite, l’état des villages du Haut Atlas fabriqués dans le moule du Moyen-âge…
Mohammed VI, un roi déconnecté de la réalité
La fuite de cette année a la particularité de survenir précisément le jour de la fête du trône qui célèbre l’accession de Mohamed VI au pouvoir, il y a 27 ans.
Mercredi soir, le roi a prononcé son discours de circonstance habituel et il l’a entièrement consacré à ses “réalisations” et aux “avancées” du royaume sous sa direction. Il ne fut point question de Sahara occidental, de relations avec l’Algérie ou de partenariat avec l’Europe.
L’urgence était de tenter de polir l’image d’une monarchie gravement altérée par une évasion collective de ses sujets. Sauf que Mohamed VI n’avait que des mots abstraits pour démentir des scènes qui, elles, sont bien réelles. Un pays ainsi fui par sa population ne peut être ni prospère ni stable, incapable de sécuriser ses frontières, sa direction est tout sauf éclairée.
Pendant que les Marocains souffrent en silence, protestent bruyamment ou tentent de partir, le roi et son gouvernement ont d’autres priorités : maintenir les privilèges d’une caste de privilégiés, polir l’image de la monarchie par des manifestations sportives, construire des stades affublés de superlatifs et passer des contrats d’armement ruineux auprès du nouvel allié israélien.
Chaque peuple a sa manière de dire son ras-le-bol.
Le peuple marocain a choisi de l’exprimer par une évasion collective qui jette la honte et l’opprobre sur ses dirigeants, après avoir tenté de manifester pacifiquement son désarroi il y a moins d’une année avec le mouvement GenZ 22, avant d’être réprimé dans le sang et ignoré. Un mouvement bâillonné au prix d’une sanglante répression. Au Maroc où la moitié de la jeunesse est au chômage, les signaux sociaux sont au rouge !