
David Lisnard, maire de Cannes, est candidat à l’élection présidentielle française de 2027. Pour faire parler de lui, l’homme sait chasser sur le terrain du courant dominant du moment, l’extrême droite, du moins en ce qui concerne l’Algérie.
Lundi soir sur LCI, celui qui est considéré comme proche de Sarah Knafo, la numéro deux de Reconquête, le parti de l’extrémiste Éric Zemmour, a livré une réponse lunaire et choquante sur le massacre du 17 octobre 1961 à Paris, qui a coûté la vie à des centaines de manifestants algériens.
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Adjoint de Bruno Retailleau au parti Les Républicains jusqu’en mars dernier, il n’est pas étonnant que Lisnard tienne de tels propos sur l’Algérie.
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Le massacre du 17 octobre 1961 ? « Je m’en fous, je n’étais pas né »
Interrogé sur le plateau de LCI par une étudiante sur le massacre du 17 octobre 1961, dont le 65e anniversaire a coïncidé avec la mobilisation des Français contre la vie chère de samedi dernier, Lisnard a eu une réponse sèche, mêlée d’agacement.
« Je m’en fous, je n’en ai rien à foutre, j’en ai rien à cirer, j’étais pas né », a-t-il dit. L’étudiante qui soulevait le sujet a tenté d’expliquer ce qu’il s’est passé il y a 65 ans à Paris : une manifestation pacifique d’Algériens contre un couvre-feu, suivie d’une répression policière violente qui a fait un carnage. Comment peut-on livrer une telle réponse quand on parle de centaines de morts, de surcroît quand on est candidat à la présidentielle ?
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Selon lui, les Algériens « sont passés à autre chose », et il n’y a donc pas lieu d’en parler.
« Il y a eu l’indépendance de l’Algérie. J’ai des potes algériens, heureusement mes potes d’origine algérienne, ils ont bien compris qu’on était passé à autre chose », a tenté d’argumenter celui qui est par ailleurs le président de l’association des maires de France et fondateur du mouvement Nouvelle Énergie.
« On ne prétend pas diriger la France en méprisant une partie de ses morts »
Devant l’insistance de l’étudiante, Lisnard a fini par concéder tout juste que ce qui s’est passé « c’est très grave, c’est dramatique, mais c’était en 1961 ».
Évidemment, la scène est très commentée. Livrer une telle réponse quand on parle de « dizaines de morts, noyés dans la Seine », c’est du « racisme décomplexé », a jugé sur X le député de La France insoumise (LFI), Thomas Portes.
« On ne prétend pas diriger la France en méprisant une partie de son histoire et de ses morts », a répliqué pour sa part la députée écologiste Sabrina Sebaihi, qui rappelle que le 17 octobre 1961, « des centaines d’Algériens manifestant pacifiquement ont été tués à Paris, certains jetés dans la Seine ».
Mme Sebaihi avait porté une proposition de résolution pour la reconnaissance officielle de ce massacre, adoptée en mars 2024 par l’Assemblée nationale française.
Antécédents racistes
Dans la foulée, les antécédents racistes de David Lisnard ont refait surface.
« Le raciste Lisnard ne peut pas représenter les maires de France. Nous attendons leurs réactions », a affirmé sur X le député LFI Paul Vannier, en partageant des captures d’écran de tweets remontant à 2010 et 2011. « Je ne comprends rien aux préceptes de l’islam, je suis hallalphabète », écrivait par exemple David Lisnard il y a une quinzaine d’années. Ou encore : « Le gouvernement annonce qu’il va réprimer les Roms. Ça fera des vacances à mes clients arabes. »
« Je ne comprends pas : l’Histoire qui compte ne commence-t-elle qu’après notre naissance ? Et 1939, 1914, 1870, 1789 ? Étions-nous déjà de ce monde ? Et si nos enfants le disaient comme ça, “rien à cirer, je n’étais pas né”, comment réagirions-nous ? », a répliqué le journaliste François Clémenceau.