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Massacre du 17 octobre : la mobilisation s’élargit en France pour sa reconnaissance

Chems-Eddine Hafiz, Bally Bagayoko et d’autres maires, Mathilde Panot se mobilisent pour la reconnaissance du massacre du 17 octobre 1961 à Paris comme « crime d’État »

Massacre du 17 octobre : la mobilisation s’élargit en France pour sa reconnaissance
Hafiz, Bagayoko, Panot : la pression monte pour la reconnaissance du massacre du 17 octobre 1961. / Unsplash
Riyad Hamadi
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La commémoration du massacre du 17 octobre 1961 à Paris donne régulièrement lieu à des appels à la reconnaissance officielle de ce crime. La mobilisation cette année est encore plus significative avec l’implication de dizaines de maires.

En 2012, le président François Hollande avait reconnu pour la première fois la réalité « de la répression sanglante du 17 octobre 1961 » et son successeur Emmanuel Macron a évoqué en 2021 un “crime inexcusable pour la France”.

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En mars 2024, l’Assemblée nationale française a adopté une proposition de résolution portée par la député écologiste Sabrina Sebaihi appelant à la reconnaissance de ces massacres. Le combat se poursuit pour la reconnaissance officielle par le France de ce crime d’État.

Massacre du 17 octobre : une trentaine de maires montent au créneau 

A la veille de la commémoration du 65e anniversaire de ces massacres, une trentaine de maires de France ont signé une pétition réclamant « la reconnaissance pleine et entière du massacre du 17 octobre 1961 comme un crime d’État, au regard de la responsabilité des autorités publiques dans l’organisation et la conduite de cette répression ».

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Les Algériens qui « manifestaient pacifiquement à Paris et en région parisienne contre le couvre-feu discriminatoire qui leur était imposé » furent victimes d’une « répression d’une violence extrême menée par la police française », et près de 300 d’entre eux furent tués, lit-on dans l’appel.

Outre la reconnaissance, les signataires demandent l’inscription de cette date au calendrier officiel des journées nationales et « la poursuite de l’ouverture et de l’accès aux archives relatives au 17 octobre 1961 et, plus largement, à la guerre d’Algérie”.

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“Pour que ce massacre soit reconnu comme un crime d’État”

Reconnaître ces massacres ce n’est pas “raviver les blessures du passé”, mais c’est regarder “notre histoire en face” et “rendre justice à celles et ceux qui ont été victimes de cette répression », expliquent les élus. Parmi les signataires, on retrouve notamment le maire de Paris Emmanuel Grégoire et celui de Saint-Denis Bally Bagayoko. “J’ai signé l’appel des maires : ce crime d’État doit être reconnu comme tel”, a écrit Bagayoko sur X.

Fayçal Kaddour, adjoint au maire de Vitry-sur-Seine, ville d’où étaient partis beaucoup de manifestants le 17 octobre 1961, a indiqué dans une lettre au maire de la commune et ses collègues que “les crimes ont été reconnus, leur caractère inexcusable pour la République a été affirmé, mais la responsabilité de l’État français dans leur commission n’a toujours pas été explicitement reconnue comme telle”.

“C’est cette responsabilité que nous demandons aujourd’hui de nommer”, a-t-il écrit.

Du côté des formations politiques, Mathilde Panot, de La France Insoumise (LFI), a annoncé la participation du parti à un hommage qui sera rendu samedi aux victimes du massacre. “Nous nous battons toujours pour que ce massacre soit reconnu comme un crime d’État”, a-t-elle assuré.

Chems-Eddine Hafiz : “Reconnaître, c’est donner corps à l’égalité”

“Le 17 octobre 1961 ne peut plus être regardé comme un objet de négociation mémorielle entre la France et l’Algérie, une concession que Paris ferait à Alger les jours de bonnes relations, ou qu’il retiendrait lorsque la diplomatie se tend”, a écrit pour sa part le recteur de la Grande mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, dans son billet périodique sur le site officiel de l’institution.

Pour le recteur, il serait “dangereux” de croire qu’une reconnaissance “plus entière” du 17 octobre consisterait à “imposer à la France une culpabilité sans fin ou de s’accuser éternellement”.

“Reconnaître, c’est donner corps à l’égalité, l’égalité dans la connaissance, qui permet de se placer naturellement dans le paysage de la France, c’est intégrer une partie de nos concitoyens à l’histoire sans rien enlever à sa grandeur, car l’histoire de chaque nation porte ses zones d’ombre”, expliqué Chems-Eddine Hafiz.

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