
Le président du MSP, Abdelmadjid Menasra, a qualifié « d’opération de parasitage » les appels d’une partie de l’opposition à l’application de l’article 102 de la Constitution sur l’état d’empêchement pour le président de la République d’assurer ses fonctions.
Deux solutions possibles
« À ma connaissance, l’état de santé du président Bouteflika est stable depuis 2014. Qu’apporterait cet appel de nouveau ? », s’interroge-t-il sur TSA Direct, notre émission d’interview vidéo. Et d’ajouter : « C’est une tentative de parasitage qui intervient tout juste avec l’organisation des élections locales (prévues le 23 novembre prochain) ».
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Pour le leader du parti islamiste, ces appels ne feront qu’arranger davantage « les intérêts du pouvoir et susciter la peur chez les citoyens ». « Politiquement, ces appels n’auront aucun effet », pointe-t-il.
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Selon lui, deux solutions existent pour sortir de la crise politique dans laquelle le pays est empêtré. La première consiste à organiser des élections transparentes sans l’intervention de l’armée sur la scène politique.
Quant à la seconde solution, elle repose sur l’ouverture « d’un dialogue consensuel » avec la participation de l’armée qu’il estime être « une partie et un garant ». « Je suis pour un rôle joué par l’armée dans le but de dialoguer. Mais, il n’est pas demandé à l’armée d’apporter une solution politique », avance-t-il.
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« Il faut se mettre d’accord que n’importe quel parti, que ce soit le RCD, le PT ou un parti islamiste, peut gouverner », soutient-il.
« Solution moins coûteuse »
Dans ce contexte, Abdelmadjid Menasra a indiqué que son parti préférait s’inscrire dans le processus électoral, même si les élections en Algérie ne sont ni démocratiques ni pourvoyeuses de changement. « Elle est où l’alternative ? Ceux qui ont pris les armes nous ont conduits vers une catastrophe (allusion faite au FIS, NDLR). Ceux qui ont choisi la rue n’ont rien fait. Le processus électoral est la solution la moins coûteuse », explique-t-il. Et de prédire : « Tôt ou tard, la démocratie vaincra ».
Par ailleurs, le chef du MSP a sévèrement critiqué la politique économique adoptée par les derniers gouvernements (Sellal, Tebboune et même Ouyahia). « L’opposition ne donnera pas raison au gouvernement (lors du vote du plan d’action que le gouvernement devra présenter devant le Parlement) », annonce-t-il. Le MSP votera donc contre le Pan d’action qu’Ahmed Ouyahia présentera devant l’APN le dimanche 17 septembre.
Dans ce sillage, le leader islamiste a accusé le gouvernement de créer un climat de phobie, notamment en ce qui concerne sa gestion de la crise économique qui secoue le pays. « Nous sommes passés du déni à la phobie », fustige-t-il.
Estimant que le gouvernement « manque de courage pour faire baisser les dépenses », M. Menasra, a taclé le projet de loi portant amendement de la loi sur la monnaie et le crédit, qui autorisera la Banque d’Algérie à prêter l’argent directement au Trésor public. Un projet qui, d’après lui, pourrait « augmenter l’inflation et baisser le pouvoir d’achat » des Algériens.
Le président du MSP a pointé du doigt le régime des licences d’importation lancé par les précédents gouvernements (Sellal et Tebboune). « Il s’agit d’une politique qui non seulement ouvre la porte à la corruption , mais qui affecte également le consommateur », dit-il.