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Nouveaux tarifs des médicaments : les producteurs dénoncent et mettent en garde le gouvernement

La Fédération algérienne du médicament (FAM), dont fait partie l’Union nationale des opérateurs de la pharmacie (Unop), a dénoncé, ce mardi 21 novembre, les tarifs de référence servant de base au remboursement des médicaments tels que fixés par un décret du ministère du Travail et de la Sécurité sociale.

« Au nom de l’ensemble de nos membres, nous protestons vigoureusement contre ces décisions qui viennent d’être rendues publiques concernant les modalités de fixation des tarifs de référence, des décisions prises en dehors de toute concertation et sans référence sérieuse à des évaluations scientifiques avérées », a écrit la FAM dans son communiqué.

« Ces arbitrages rendus à la hâte, au prétexte formel de protéger les équilibres financiers des caisses de sécurité sociale, ne sont en réalité qu’une solution de façade parce qu’en écrasant les producteurs, distributeurs et les pharmaciens d’officines, ils contribuent dans la réalité à saper les bases mêmes sur lesquelles repose le système de sécurité sociale dans son ensemble », prévient la FAM.

Elle a rappelé que les prix publics des médicaments « sont figés depuis de très longues années dans un contexte où les tensions inflationnistes sont de plus en plus exacerbées et où l’érosion continue de la valeur du dinar renchérit toutes les importations de matières premières ».

Supporter le poids financier de la politique sociale

La FAM se demande si l’industrie pharmaceutique est la seule à devoir « supporter le poids financier de la politique sociale des pouvoirs publics en matière d’élargissement de l’accès aux soins ».

« Pourquoi, en particulier, d’autres secteurs pourtant à l’origine de nombreuses pathologies (tabacs, activités polluantes, etc) ne sont pas mis à contribution pour assurer des recettes aux caisses de sécurité sociale ? Pourquoi les activités informelles ne sont pas mieux contrôlées, sachant que les personnes qu’elles emploient bénéficient pourtant bel et bien de la générosité du système de remboursement du médicament », s’interroge-t-elle.

La FAM a également attiré l’attention des pouvoirs publics sur les obstacles au développement de la production nationale de médicaments et l’introduction de produits innovants.

« Il faut souligner que les tarifs de référence concernent à plus de 90% des produits de fabrication nationale. Dans ces conditions, il est facile de comprendre que la pression à la baisse des prix qui est ainsi exercée via le système de remboursement devient dans la pratique un obstacle rédhibitoire au développement de la production nationale », insiste-t-elle.

Pour la FAM, il s’agit de « décisions inappropriées » qui risquent « d’installer l’ensemble de la filière pharmaceutique dans une perspective d’affaissement économique et de régression sociale ».

La FAM réaffirme sa « volonté de dialoguer », et se dit « mobilisée » en vue de défendre les intérêts de ses membres contre « des mesures qui sont une claire menace à l’encontre de la viabilité de nos activités ».

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