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Le verrouillage du détroit d’Ormuz, les tensions autour de Bab el-Mandeb et la crise en mer Noire pèsent lourdement sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, et obligent les pays à repenser leurs politiques liées à la sécurité énergétique et alimentaire.
Pour l’Algérie, l’accélération des projets destinés à réduire la dépendance vis-à-vis de l’étranger en matière de céréales et d’autres produits stratégiques est vitale.
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La crise du détroit d’Ormuz impacte les importations algériennes d’engrais et de plastique (PET) et la crise de la mer Noire menace les importations de blé tendre. Quelles leçons l’Algérie doit-elle tirer ?
Effectivement, les crises géopolitiques, les détroits et passages stratégiques ont montré la fragilité des chaînes d’approvisionnement à l’échelle mondiale.
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La problématique est posée en termes logistiques, c’est-à-dire l’acheminement physique des marchandises particulièrement les matières premières (engrais, produits pétrochimiques et dérivés) et hydrocarbures (pétrole, GNL, produits dérivés comme le Kérosène, fuel, etc.).
Les détroits sont aujourd’hui sous pression, notamment au Moyen-Orient (Ormuz et Bab el-Mandeb ainsi que le canal de Suez) de même que la situation au niveau de la mer Noire où transitent les céréales provenant de Russie et d’Ukraine, grands pourvoyeurs sur le marché mondial.
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Autant l’Algérie est épargnée pour l’évacuation de ses produits énergétiques à travers la Méditerranée, autant ses approvisionnements de l’étranger que ce soit les céréales à partir de la Russie, ou carrément les autres marchandises en provenance d’Asie dont le passage par la mer Rouge puis le canal de Suez pour sortir en Méditerranée, devient problématique.
Aussi, l’allongement des délais et les surcoûts liés au fret maritime renchérissent les importations. Ce processus que subissent de nombreux pays, alimente l’inflation.
Est-ce que ces deux crises montrent à quel point les projets agricoles lancés par l’Algérie dans le Sahara et l’exploitation du gisement de phosphate sont importants et stratégiques ?
L’exploitation du gisement de phosphates de Bled el Hadba conjuguée avec la production déjà existante d’engrais azotés (urée et ammoniac) feront de l’Algérie un hub international d’engrais. La demande internationale ne cesse d’augmenter pour deux catégories d’engrais indispensables pour l’agriculture.
L’exploitation du gisement de phosphates devient stratégique dès lors qu’elle complète celle de la production pétrochimique que réalise Sonatrach (ammoniac et urée). Il y a en quelque sorte une spécialisation qui se dessine pour l’Algérie dans le domaine de la chaîne de valeur liée aux engrais.
Cela complète une autre activité au grand sud liée à l’agriculture saharienne. Il s’agit ici de la présence de la nappe albienne avec un énorme potentiel d’eau permettant l’irrigation des cultures. La combinaison entre la production d’engrais, d’importantes superficies irriguées ainsi que la disponibilité d’une main-d’œuvre jeune, donnera à l’Algérie les atouts nécessaires pour réaliser sa sécurité alimentaire.