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Ormuz, mer Noire : pourquoi les mégaprojets de l’Algérie sont devenus vitaux

Le blocage du détroit d’Ormuz et la crise de la mer Noire montrent l’importance pour la sécurité des investissements lancés par l’Algérie dans le phosphate et l’agriculture

Ormuz, mer Noire : pourquoi les mégaprojets de l’Algérie sont devenus vitaux
Pourquoi les investissements de l’Algérie dans l’agriculture sont vitaux pour sa sécurité alimentaire / Photo par mehdi33300 / Adobe Stock pour TSA
Ali Idir
Durée de lecture 2 minutes de lecture
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Il y a des projets dont l’importance dépasse largement leur valeur économique pour revêtir une dimension stratégique. Ceux lancés par l’Algérie depuis quelques années dans l’agriculture saharienne et la production d’engrais sont de ceux-là.

Les tensions mondiales actuelles rappellent combien il est indispensable de produire au moins une partie de ses besoins en produits stratégiques.

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Blocage d’Ormuz et crise en mer Noire : le commerce mondial perturbé 

Trois grands passages du commerce mondial sont sous tension. Il s’agit du détroit d’Ormuz où transite un tiers des livraisons mondiales des hydrocarbures, de la mer Rouge ou Bab el Mandab (12 % du commerce mondial tous produits confondus) et de la mer Noire, d’où partent environ 30 % des expéditions de blé, principalement d’Ukraine et de Russie.

La conjugaison des impacts de ces situations menace d’une forte inflation mondiale, voire de pénuries touchant particulièrement les produits alimentaires de base. L’Algérie est impactée parce qu’elle importe du blé tendre de la mer Noire, des engrais et du plastique de la région du Golfe, et ses importations en grande partie proviennent de Chine.

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L’Algérie a anticipé une telle situation en s’orientant depuis plusieurs années vers le développement des secteurs stratégiques, notamment dans l’agriculture, l’agroalimentaire et la production d’engrais.

Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a fixé un double objectif. Dans l’immédiat, il s’agit de “ne plus importer un seul quintal de blé dur”. À terme, il s’agit de réduire drastiquement les importations de céréales et produire une grande partie de la consommation locale.

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Une vision sur le long terme 

La céréaliculture saharienne est priorisée. Outre le soutien aux agriculteurs locaux, l’Algérie a aussi opté pour les partenariats internationaux. Le projet phare dans ce sens est celui engagé avec les Italiens de BF sur 36 000 hectares dans la région de Timimoun, pour un investissement de 400 millions d’euros. Le projet est destiné à produire du blé dur, lentilles, pois chiches, haricots secs et des oléagineux.

Parallèlement au financement de l’agriculture saharienne pour la doter de moyens modernes (forages, pivots d’irrigation…), les autorités ont aussi lancé un vaste programme de réalisation de silos de stockage de céréales. Il s’agit de doter le pays de 30 mégasilos et de 350 centres de stockage de proximité d’une capacité cumulée de 9 millions de tonnes.

Toujours dans le sud, un très ambitieux projet de production de lait en poudre, un autre produit stratégique, est lancé avec Baladna du Qatar. Il s’agit d’un projet intégré prévoyant une mégaferme laitière de 270 000 vaches et d’une usine de fabrication de lait en poudre d’une capacité de 193 000 tonnes par an.

Dans la stratégie globale de l’Algérie, figure aussi l’exploitation de ses ressources en phosphate pour la production d’engrais. Le projet intégré d’exploitation du gisement de Tébessa prévoit la réalisation d’une usine de transformation pour la production de différents types d’engrais, un chemin de fer minier et l’extension du port d’Annaba par la construction d’un quai minier. Ces projets sont en cours de réalisation.

Un cocktail à même de faire flamber les prix 

Les tensions simultanées sur plusieurs passages commerciaux mondiaux, touchant plusieurs produits en même temps, constituent un cocktail à même de faire exploser la facture alimentaire de nombreux pays : hausse des coûts de l’énergie, des prix des engrais et des frais de transport à cause des longs détours et des voies alternatives.

Étant déjà à l’abri en ce qui concerne l’énergie, l’Algérie se protège chaque année un peu plus contre les aléas touchant aux autres produits stratégiques. Cette année, le pays a effectué des achats en quantité de blé depuis janvier, s’ajoutant aux 5 millions de tonnes de production attendues.

Dans ses prévisions pour la saison 2026-2027, le département US de l’agriculture a revu à la baisse les achats de l’Algérie de 8,5 à 8,3 millions de tonnes, estimant les stocks suffisants.

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