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Polémique après l’expulsion par la police française d’un clandestin algérien muselé

Une polémique est née sur les réseaux sociaux après la publication de photos d’un ressortissant algérien expulsé depuis la France vers l’Algérie dans des conditions jugées dégradantes, rapporte France 24.

Rapatrié sous escorte policière le 3 décembre à bord d’un vol Paris – Alger, l’homme était affublé d’un casque matelassé, de type casque de boxe, et un masque chirurgical devant la bouche couvrant en grande partie son visage. La scène a choqué plusieurs passagers.

« Pourquoi m’avez-vous mis ça ? Je ne suis pas un chien, je suis comme les autres voyageurs », aurait déclaré le détenu, selon le témoignage d’un passager. Ce dernier raconte : « Avec mes deux voisins de rangée, nous avons alors signalé notre mécontentement et demandé aux policiers de lui enlever le casque. Ils nous ont dit non, que le détenu risquait de les frapper ou de leur cracher dessus ».

La situation aurait par la suite dérapé lorsqu’une passagère est intervenue pour déclarer publiquement « qu’il ne fallait pas soutenir ce détenu, mais plutôt les policiers qui font un travail difficile. Le détenu s’est alors emporté, il a insulté tous les passagers, s’insurgeant contre leur indifférence. Il n’a pas fait de mouvement brusque et n’a pas essayé de se débattre, il a juste exprimé sa colère », raconte le passager témoin.

« Ce qui m’a le plus choqué, c’est que personne dans l’avion n’a réagi, à part moi et les deux personnes de mon rang. Cet homme était pourtant menotté dans le dos et portait un genre de muselière, comme un chien. On voyait à peine son visage, c’était assez choquant et humiliant », affirme un autre passager, cité par France 24.

Interrogé par la même source, le ministère de l’Intérieur français estime que le casque « n’est actuellement proscrit par aucun texte » et que son usage « sera expressément prévu dans la prochaine instruction sur l’éloignement en cours d’écriture ». Le ministère n’a cependant pas été en mesure de fournir des documents juridiques prévoyant clairement son utilisation.

« L’utilisation de ce casque n’a pas de base légale. Les autorités jouent sur les mots en disant que ce casque sert à protéger le détenu, mais nous le considérons comme un moyen d’entrave. Utilisé ainsi, comme des menottes, il est illégal », affirme le Défenseur des droits, une autorité constitutionnelle indépendante chargée de défendre les droits des citoyens, interrogé par France 24. « Dans un avion, devant des dizaines de passagers, il s’agit d’un traitement inhumain et dégradant », ajoute l’autorité constitutionnelle.

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