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Port du masque : axe central de la stratégie de déconfinement en Algérie ?

Port du masque : axe central de la stratégie de déconfinement en Algérie ?

La question est sur toutes les lèvres : l’Algérie entamera-t-elle la sortie du confinement après les fêtes de l’Aïd el fitr ? Les mesures prises par les autorités, dont le confinement à domicile et la fermeture des écoles et de certains types de commerce, sont prolongées jusqu’au 29 mai et, moins d’une semaine avant cette échéance, aucune décision n’est prise quant à leur levée, leur reconduction, leur durcissement ou leur allègement.

Les rares responsables officiels qui se sont exprimés sur la question n’ont pas évoqué franchement le déconfinement graduel, mais ne l’ont pas exclu.  Le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, laisse entendre qu’un allègement du dispositif est proche. «Nous sommes beaucoup plus dans la réflexion d’allègement que de durcissement des mesures de confinement », a-t-il déclaré jeudi.

Si la levée totale et subite des mesures en vigueur pourrait s’avérer une décision précipitée à l’heure actuelle, au vu du nombre encore élevé de contaminations enregistrées quotidiennement (entre 150 à 200), leur allègement est en revanche une nécessité et ce, juste après le ramadan et les fêtes de l’Aïd.

Sur le plan économique, le pays ne peut pas se permettre une période supplémentaire d’arrêt ou de ralentissement de l’activité dans certains secteurs.

Les pertes sont déjà innombrables pour les entreprises, grandes ou petites, le Trésor public, les salariés du privé, les journaliers et les familles démunies. L’Etat ne pourra pas prendre en charge toutes les retombées économiques et sociales d’un confinement de plusieurs mois.

L’allègement et la réflexion pour trouver d’autres options moins contraignantes et plus efficaces s’impose, d’autant plus que dans plusieurs villes, on a constaté depuis le mois de mars comment la nécessité de s’approvisionner a presque anéanti les effets du confinement, créant parfois des situations encore plus propices à la propagation du virus.

«Lorsque la courbe du nombre de contamination et de décès dus au coronavirus s’améliorera, lorsque les chiffres baisseront, lorsqu’on aura suffisamment de certitudes qu’il n’y a pas de foyers qui dérangent, on proposera des mesures de déconfinement. Si la décrue est entamée et que cela devient durable, il arriverait un moment, jamais je ne vous dirais quand et personne ne vous dira quand, à ce moment-là on engagera des mesures de déconfinement graduel», a encore déclaré le ministre de la Santé.

La suite de son intervention sur les ondes de la Radio nationale est toutefois moins tranchée : la situation épidémiologique est plus ou moins stable, l’Algérie est sur une courbe en dents de scie, un durcissement des mesures de confinement après le 30 mai est écarté et certaines mesures, notamment le port du masque, resteront obligatoires.

Les quantités disponibles seront-elles suffisantes ?

Ce sont autant d’indices qui laissent penser que la situation après les fêtes de l’Aid el fitr ne sera pas identique à celle qui a prévalu depuis fin mars.

Mais pour sortir du confinement, il faut un plan détaillé, précisant les dates d’ouverture ou de reprise de chaque secteur ou commerce, prenant en compte toutes éventualités et définissant les mesures supplémentaires de prévention à observer.

Les autorités algériennes ont-elles élaboré un tel plan ? Le ministre de la Santé assure que oui mais qu’il ne le dévoilera pas tant qu’aucune mesure de déconfinement n’est prise.

« En matière de déconfinement nous avons un plan« , a-t-il assuré samedi dernier dans une déclaration au site spécialisé sante-algeria.com.

Benbouzid a rappelé que c’est au Comité scientifique en charge du suivi de l’épidémie « de faire une proposition de déconfinement de façon graduelle, méthodique, intelligente, progressive, étudiée et en prenant en considération tous les départements et tous les secteurs d’activité dans le pays ».

Jusqu’à présent, seul le secteur du Tourisme dit préparer un protocole sanitaire en prévision de la réouverture des plages, des piscines et des hôtels.

En attendant que les autorités tranchent sur la question et détaillent les étapes à suivre pour un retour à la normale, une grande décision est prise et elle semble constituer l’axe central de la stratégie de sortie du confinement du gouvernement algérien : le port du masque est obligatoire depuis dimanche 24 mai, premier jour de l’Aid.

Le Premier ministre Abdelaziz Djerad, qui a assuré que « nous allons sortir très prochainement de la crise sanitaire », a beaucoup insisté lors de ses dernières sorties publiques sur la généralisation de l’obligation du port du masque, la qualifiant d’autre défi à relever après ceux du traitement à base de chloroquine et des tests de dépistage.

Il a révélé au passage que 9 millions de masques ont été distribués. Le 12 mai, il avait révélé que l’Etat fournira 7 millions de masques par semaine. Tout cela appelle des interrogations pour lesquelles les prochains jours apporteront sans doute une réponse : les quantités produites localement et celles importées de Chine seront-elles suffisantes avec des prix abordables, les citoyens respecteront-ils partout cette nouvelle obligation et, surtout, quelles autres mesures sont prévues pour accompagner la sortie du confinement ?


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