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Ramadan : pourquoi les prix des fruits et légumes sont stables

Ramadan : pourquoi les prix des fruits et légumes sont stables

NEWPRESS

À Alger-Centre, les allées du marché Réda Houhou ne désemplissent pas. Munis de leurs couffins, les passants vérifient les prix avant de choisir les fruits et légumes qui viendront garnir leur repas de rupture du jeûne.

« Légère hausse de 10 à 15% les deux premiers jours »

Cette année, passés les premiers jours, l’envolée des prix semble contenue, nous dit Mustapha Zebdi, président de l’Association de protection du consommateur (Apoce). « C’est vrai qu’il y a eu une légère hausse de 10 à 15% les deux premiers jours mais c’est rentré dans l’ordre. On peut dire que de manière générale, il y a une stabilité des prix avec des tarifs plus abordables que l’année passée », constate-t-il.

Une mère de quatre enfants qui fait ses courses confirme : « Les prix sont à la portée des classes moyennes. Mais les fruits sont toujours un peu chers ». 

Selon leur qualité, les cerises sont par exemple vendues entre 350 et 600 dinars le kilo. Plus loin, c’est une autre femme qui explique que les tarifs lui restent abordables même si elle constate aussi que les prix de certains produits sont élevés. « J’ai payé 70 dinars pour un citron », dit-elle.

Cinquante dinars le kilo de pommes de terre, 60 dinars le kilo de tomates, de 40 à 80 dinars les courgettes ou encore 60 à 100 dinars le kilo de carottes selon leur qualité. Un vendeur de légumes soutient que les tarifs n’ont pas augmenté grâce aux bonnes conditions climatiques.

Changement des habitudes de consommation

« Pour le moment, il y a une disponibilité liée à deux facteurs », explique Mustapha Zebdi. Il cite « l’abondance des fruits et légumes car on est en pleine saison de récolte et la prise de conscience du consommateur ». Avec la diminution du pouvoir d’achat, « le consommateur n’achète plus de grande quantité pour les stocker, ce qui contribue à la stabilité des prix ».

Les légumes et la viande sont donc disponibles, assure le président de l’Apoce. D’ailleurs, il faudra environ 1.400 dinars pour le kilo de viande et 600 dinars pour un poulet.

Les marchés sociaux

Depuis l’année dernière, l’inflation est galopante. Les chiffres de l’Office national des statistiques (ONS) indiquent une hausse de 8,1% des prix à la consommation entre janvier 2016 et janvier 2017. La loi de finance 2017 prévoit quant à elle une inflation de 4% alors que des spécialistes anticipent une inflation continue pouvant atteindre 8% d’ici la fin de l’année.

Pour faire face à la crise et ménager les consommateurs, les autorités ont mis en place de nouvelles initiatives pour le ramadan. Mustapha Zebdi évoque notamment « les marchés sociaux » lancés par le ministère du Commerce. « Ce sont des marchés de proximité où il y a une vente directe du producteur au consommateur. Il y en a au niveau de la Safex, à Ain Benian et d’autres sur tout le territoire national »

Selon lui, ils sont à différencier des marchés de l’UGTA qui existent depuis plusieurs années. « On pense que c’est l’une des raisons principales de la stabilisation des prix cette année parce qu’il y eu une limitation des spéculations et des grosses marges de bénéfices sur les produits. Par peur qu’ils soient démasqués, les spéculateurs ont revu leur marge ».

Efficacité des mesures prises par l’État ?

« Il y a une stabilité ressentie par le consommateur. On espère en tirer bénéfice et que l’année prochaine les choses soient mieux organisées », répond Mustapha Zebdi, qui estime que l’on « est encore loin d’une efficacité totale ».

Il pointe encore les différences qui existent à l’échelle nationale. « Il y a eu une hausse des prix la semaine passée sur les marchés de Constantine. Donc, on ne peut pas encore dire qu’on a une filiale nationale. C’est encore à l’emporte-pièce, chacun fixe son prix avec d’autres facteurs qui entrent en jeu ».

Enfin, il revient sur la crise concernant le lait en sachet. « La pénurie date de plusieurs mois mais elle s’est aggravée la première semaine du mois de ramadan. Le lait en sachet est subventionné et il ne doit pas dépasser 25 dinars. Ce prix n’est pas respecté sur tout le territoire. Il y a aussi quelques pratiques commerciales frauduleuses et injustes telle que la vente concomitante (le consommateur est obligé d’acheter un sachet de lait de vache pour pouvoir prendre un sachet de lait subventionné, ndlr) », indique le président de l’Apoce. Son organisation a d’ailleurs reçu plusieurs requêtes pour ce type de problèmes qui revient régulièrement, explique-t-il.

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