
Abderrahmane Raouya a présenté le projet de loi sur la monnaie et le crédit devant la commission des finances et du budget de l’APN. Sans surprise, le ministre des Finances n’a pas réussi à convaincre les députés de l’opposition, membres de cette commission.
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Commission indépendante ?
Parmi les points qui ont suscité un long débat avec le ministre, Ahmed Cherif, député MSP, évoque l’intention du gouvernement de créer une commission « indépendante », pour le suivi des programmes financés grâce la planche à billets.
Les députés ont attiré l’attention du ministre sur le fait que « mettre une telle commission sous la tutelle du ministère des Finances ‘enlève à l’organe son caractère indépendant et impartial’ ».
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« On aura affaire à une commission administrative totalement dépendante de l’Exécutif », peste M. Cherifi, en soulignant que plusieurs députés se sont interrogés sur l’intérêt de créer un autre organe de contrôle dans la mesure où la Cour des comptes est en mesure de faire ce travail. Les élus ont proposé d’impliquer le Parlement dans le contrôle des dépenses.
« Qui est responsables de la faillite » ?
Sans donner de réponses précises, Raouya s’est contenté de copier le premier ministre, Ahmed Ouyahia, en justifiant le recours au financement interne non conventionnel par la chute des cours de pétrole. « À aucun moment le ministre n’a voulu assumer la part de responsabilité dans la crise des gouvernements qui se sont succédé ces deux dernières décennies », regrette notre interlocuteur.
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Comme Ouyahia, Raouya a plaidé l’absence de solutions alternatives à la planche à billets, tout en esquivant les questions qui fâchent. Par exemple, l’impact de ce mode de financement non conventionnel sur le dinar et l’inflation. « Le gouvernement semble dépourvu de stratégie pour faire face à ces risques, c’est ce que nous avons compris de l’intervention du ministre », affirme le député.
Le ministre a insisté à chaque fois sur le fait que la situation économique imposait le recours au mode de financement non conventionnel, selon notre interlocuteur. Il a renvoyé les députés au discours d’Ouyahia devant l’APN et le Conseil de la nation où il a promis de « diversifier l’économie pour réduire sa dépendance vis-à-vis des hydrocarbures », ajoute le député.
Raouya s’est contenté d’expliquer aux députés que l’argent de la planche à billets servira à booster l’investissement privé et public.