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Rapport d’Amnesty : l’Algérie, un pays hostile aux réfugiés et aux migrants

Emprisonnement arbitraire, restrictions injustifiées, poursuites judiciaires contre les membres d’une minorité religieuse, impunité pour les atteintes aux droits de l’Homme, procès inéquitables et expulsions massives de migrants…Dans son rapport annuel publié ce jeudi 22 février, Amnesty International ne note aucune amélioration de la situation des droits de l’Homme en Algérie.

L’ONG affirme que, cette année encore, les « autorités ont arrêté et poursuivi en justice des militants pacifiques, dont des personnes qui manifestaient contre le chômage ou au sujet des services publics ».

Elle cite notamment le cas du journaliste Saïd Chitour arrêté « sur des soupçons d’espionnage » et de « vente de documents classés secrets à des diplomates étrangers ».

En matière de liberté de religion et de conviction, Amnesty International expose le cas de la communauté des Ahmadis. « Plus de 280 membres du mouvement religieux minoritaire ahmadi ont fait l’objet de poursuites en lien avec leurs convictions ou pratiques religieuses durant l’année », assure-t-elle.

« À partir d’avril, les tribunaux ont remis en liberté 16 ahmadis après avoir réduit leur peine ou leur avoir accordé un sursis, mais des dizaines d’autres faisaient toujours l’objet d’une enquête ou de poursuites et cinq étaient encore en détention à la fin de l’année », ajoute la même source qui rappelle que le chef de la communauté était mis en cause dans six affaires différentes (…), toutes découlant de l’exercice de sa foi », dénonce-t-elle.

Expulsion de réfugiés et de migrants

Dans son rapport, l’ONG dresse le portrait d’un pays peu accueillant pour les réfugiés et les migrants. Elle avance d’abord l’affaire des réfugiés syriens bloqués entre les frontières de l’Algérie et celles du Maroc. « D’avril à juin, un groupe de 25 réfugiés syriens, dont 10 enfants, est resté bloqué dans la zone tampon entre le désert marocain et l’Algérie », rappelle-t-elle.

« En juin, les autorités algériennes ont annoncé qu’elles allaient les autoriser à entrer en Algérie et permettre au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) de les aider. Cependant, elles ont par la suite refusé de les laisser entrer à un point de passage non officiel. Les réfugiés sont restés bloqués dans le désert jusqu’à ce que le Maroc leur accorde une protection », écrit l’ONG.

Amesty accuse également les autorités d’arrestation arbitraire sur la base « un profilage ethnique. « Entre août et décembre, les autorités ont procédé, sur la base d’un profilage ethnique, à l’arrestation arbitraire et à l’expulsion forcée de plus de 6 500 migrants originaires de divers pays d’Afrique subsaharienne vers les États voisins du Niger et du Mali », détaille-t-elle.

Classement d’une enquête pour crimes de guerre

Amnesty International souligne, encore cette année, qu’aucune mesure n’a été prise « pour ouvrir des enquêtes et combattre l’impunité en ce qui concerne les graves atteintes aux droits humains et les possibles crimes contre l’humanité, notamment les homicides illégaux, les disparitions forcées, les viols et les autres formes de torture, commis par les forces de sécurité et les groupes armés dans les années 1990 »

« En janvier, la justice suisse a classé une enquête pour crimes de guerre, ouverte contre l’ancien ministre de la Défense algérien Khaled Nezzar pour des faits commis entre 1992 et 1994 en Algérie, la déclarant non recevable du fait de l’absence de conflit armé en Algérie à cette époque », a précisé l’ONG.

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