
Désillusion dans le dossier du Sahara occidental avec la remise du rapport du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres au Conseil de sécurité.
Une année après l’adoption de la résolution 2797, faussement présentée comme étant favorable à son “plan d’autonomie”, le Maroc reçoit une véritable douche froide.
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Une issue dont le royaume a eu un avant-goût il y a dix jours lorsque le conseiller de Donald Trump pour les affaires arabes et africaines, Massad Boulos, a affirmé « qu’aucune solution imminente » n’est perceptible après trois rounds de négociations.
Sahara occidental : le SG de l’ONU plaide pour l’autodétermination
Dans le rapport, le secrétaire général de l’organisation onusienne et son Envoyé personnel démontent les arguments de la partie marocaine et plaident clairement pour l’exercice par le peuple sahraoui de son droit à l’autodétermination et pour la reconduction du mandat de la Minurso.
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Ainsi, le SG exhorte dans son rapport les deux parties au conflit, le Maroc et le Front Polisario, à parvenir à une solution politique acceptable pour tous “qui garantisse l’autodétermination du peuple du Sahara occidental”.
Soit tout le contraire de ce que soutient la propagande marocaine depuis une année, à savoir que le Conseil de sécurité aurait abandonné l’option du référendum et imposé “le plan d’autonomie” comme “unique solution au conflit”.
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Les conclusions du secrétaire général de l’ONU sont plutôt conformes à la teneur du document présenté le 20 octobre 2025 par le Front Polisario qui proposait une solution permettant l’autodétermination du peuple sahraoui et rétablissant la stabilité régionale.
Une position partagée par l’Envoyé personnel
Le rapport insiste même sur cette question du référendum en estimant que toute proposition de règlement du conflit doit faire l’objet d’un véritable processus de consultation du peuple du Sahara occidental, afin qu’il soit libre de l’accepter ou de la rejeter et qu’il ne soit pas privé de son droit inaliénable. Ce processus doit se dérouler de manière à permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination, réitère le rapport.
Une position du reste partagée par l’envoyé personnel de Guterres qui a souligné que toute solution doit inclure un processus de consultation significatif avec le peuple sahraoui, conformément au principe de l’autodétermination,
Contrairement aux affirmations marocaines, la résolution d’octobre 2025 n’impose aucun résultat final aux négociations. Pour Stafan di Mistura, l’Envoyé personnel du SG de l’ONU, il s’agit d’un cadre de négociation qui “ne prédétermine pas le résultat”, et la participation aux négociations n’implique pas nécessairement l’acceptation de leurs conclusions.
La question des droits de l’homme évoquée
Hantise du Maroc depuis plusieurs années, le SG de l’ONU se penche aussi sur la question des droits de l’homme, un aspect que le royaume a toujours refusé qu’il soit inclus dans le mandat de la Minurso.
Dans son rapport au Conseil de sécurité, Antonio Guterres estime que l’absence d’une surveillance indépendante et exhaustive constitue un obstacle à l’évaluation de la situation des droits de l’homme dans les territoires occupés.
En raison de ses violations répétées des droits de l’homme (torture, mauvais traitements et emprisonnement des militants sahraouis) le Maroc empêche le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de se rendre dans la région depuis 2015.
Le rapport s’intéresse aussi aux mines disséminées par l’armée marocaine le long du mur de séparation et qui constituent une menace pour les personnes. Sur 68 champs de mines répertoriés à l’est du mur, 24 n’ont toujours pas été déminés.
Renouvellement du mandat de la Minurso
L’autre véritable enjeu pour le Maroc dans les décisions de l’ONU est le sort de la Mission des Nations unies pour l’organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso). La partie marocaine a toujours poussé pour son non-renouvellement, sans succès.
C’est encore une fois raté puisque le Secrétaire général des Nations-Unies recommande de prolonger son mandat d’une année supplémentaire, jusqu’au 31 octobre 2027.
La mission de la Minurso étant l’organisation d’un référendum, son maintien confirme que les Nations-Unies n’envisagent pas de solution en dehors de la consultation des Sahraouis à travers un référendum d’autodétermination. La défaite pour le Maroc est totale.