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Décès de Redha Malek, ancien chef du gouvernement

Décès de Redha Malek, ancien chef du gouvernement

Redha Malek est décédé, ce samedi 29 juillet, à l’âge de 86 ans des suites d’une longue maladie. Né le 21 décembre 1931 à Batna, Malek a occupé des rôles prépondérants dans la jeune histoire de l’Algérie, de la Guerre d’indépendance jusqu’au début de la décennie noire

Redha Malek a servi son pays durant la Révolution. En 1955, il fonde l’Union générale des étudiants musulmans d’Algérie (UGEMA). Il devient en 1957 directeur d’El Moudjahid, journal officiel du Front de libération nationale (FLN). Il occupe également un rôle clé au sein du FLN puisqu’il sera porte-parole de la délégation pendant les négociations des Accords d’Evian.

Une fois l’indépendance acquise, il devient diplomate de carrière et servira l’Algérie en tant qu’ambassadeur dans des pays majeurs comme la France entre 1965 et 1970, l’Union Soviétique (URSS) entre 1970 et 1977, les États-Unis entre 1979 et 1982 ou encore le Royaume-Uni entre 1982 et 1984. Il effectuera une parenthèse entre 1977 et 1979 pour servir le pays en tant que ministre de la Culture et de l’Information.

Redha Malek jouera un rôle politique clé durant les événements des années 1990. Malek sera l’un des plus fervents opposants au Front islamique du salut (FIS) lorsque ce dernier accède au pouvoir. Il s’est ouvertement exprimé en faveur de l’annulation des résultats des législatives de décembre 1991, qui allaient selon ses propos « faire de l’Algérie un second Afghanistan ». Ses prises de position le mèneront à être nommé membre au sein du Haut Comité d’État (HCE) suite au décès du président Mohamed Boudiaf en 1992. Il sera par la suite désigné en août 1993 en tant que chef du gouvernement, poste qu’il occupera jusqu’en avril 1994.

« L’Algérie a lutté pendant huit années, a réussi sa révolution. Mais celle-ci reste inachevée », estimait Redha Malek dans un entretien accordé en 2012 à Jeune Afrique. « Car il fallait non seulement arracher l’indépendance, mais aussi organiser une société juste et moderne, et promouvoir les libertés fondamentales. liberté de conscience, liberté d’opinion, liberté d’expression, justice sociale… Je m’oppose à ceux qui disent que rien n’a été fait, mais il reste encore beaucoup à faire », affirmait le défunt.

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