search-form-close
Rejet du 5e mandat : les étudiants maintiennent le souffle de la révolte populaire

Rejet du 5e mandat : les étudiants maintiennent le souffle de la révolte populaire

De nouvelles manifestations des étudiants contre le 5e mandat sont prévues ce mardi à travers le pays. Hier lundi, au lendemain du dépôt, par procuration, du dossier de candidature d’Abdelaziz Bouteflika au Conseil constitutionnel, les étudiants ont réagi massivement en descendant dans la rue, en manifestant à l’intérieur de leurs campus.

Des universités paralysées

La réaction des étudiants n’est concertée qu’au sein des facultés. Au niveau national et même au niveau des wilayas, les appels à réagir divergent, d’un département à l’autre, aussi bien sur le type d’action à mener que sur leurs dates. À l’Université de Bab Ezzouar (USTHB), la plus importante à Alger, les étudiants ont décidé de réagir en désertant les amphithéâtres. Le campus était resté désert tout au long de la journée d’hier.

À la Fac centrale d’Alger, ils ont opté pour l’action de rue. Les étudiants ont manifesté dans la matinée à l’intérieur de leur campus avant de sortir dans la rue. Quelques centaines d’entre eux ont continué à marcher sur la rue Didouche Mourad jusqu’à la fin de l’après-midi, encadrés, sans usage de la force, pas la police toujours déployée en grand nombre dans la capitale

Les étudiants de plusieurs universités du pays sont massivement sortis dans la rue. À Ain Témouchent, Constantine, Batna, Bouira, Guelma, Annaba et Blida notamment, les étudiants sont sortis par milliers pour manifester contre la candidature de Bouteflika et le pouvoir en place.

En déclenchant ces manifestations auxquelles se joignent souvent les citoyens de ces villes, les étudiants donnent du souffle au mouvement de protestation et maintiennent la pression entre les marches bien plus importantes des vendredis.

Hier à Ben Aknoun, là où, à quelques encablures du siège du Conseil Constitutionnel se situent les facultés de Médecine et de Droit, seuls les étudiants ont donné de la voix contre la candidature de Bouteflika.

Des manifestations de plusieurs centaines d’étudiants ont été constatées dans les rues voisines du Conseil Constitutionnel et autour des facultés et les affrontements opposant les forces de l’ordre aux étudiants ont duré une bonne partie de la journée, sans faire de victimes.

Les marches prévues, depuis une semaine, pour ce mardi à travers toutes les universités du pays ont été avancées à dimanche dans certaines villes, à ce lundi dans d’autres, pour réagir plus promptement au dépôt de la candidature mais, il semble, selon les échos parvenus à TSA, que des marches d’étudiants aussi importantes que celles organisées mardi passé auront lieu aujourd’hui dans la plupart des villes. À Béjaïa, une grande marche organisée en concertation par les deux facultés d’Aboudaou et Targa Ouzemmour est prévue pour demain. Les organisateurs s’attendent, selon nos sources, à une participation record.

Fin d’un long sommeil

Les étudiants ont été nombreux dans les manifestations massives contre le cinquième mandat du vendredi 22 février et du vendredi 1er mars, ils se sont fondus dans la foule de citoyens anonymes répondant à des appels tout aussi anonymes à manifester en masse contre le pouvoir et la réélection de Bouteflika.

Les dernières actions de masse et d’envergure nationale qui sont parties des universités algériennes pour porter des revendications politiques remontent au début des années 90, lorsque les syndicats étudiants, qui jouissaient encore d’une certaine autonomie, avaient organisé des actions pour dénoncer la violence terroriste.

Depuis, l’université algérienne a sombré peu à peu dans le marasme, devenu total depuis le début du règne de Bouteflika, marqué par l’inféodation de la quasi-totalité des organisations estudiantines à des partis du pouvoir ou, à un moindre degré, à des partis islamistes qui en sont proches.

Cette longue période d’apathie politique des universités algériennes a pris fin avec ce mouvement qui semble s’inscrire dans la durée. Depuis le 22 février, pas une journée ne s’est passée sans qu’une action de protestation contre le cinquième mandat ne soit organisée par les étudiants.

En organisant leurs propres actions de protestation pacifique, distinctes des marches des vendredis et en participant à ces dernières, les étudiants algériens font sortir l’université d’un long sommeil tout en donnant au mouvement populaire, non pas un encadrement mais une ossature et un noyau jeune et dynamique.

  • Les derniers articles

close