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Rencontre Pedro Sanchez – Tebboune : les enjeux stratégiques pour l’Espagne et l’Algérie

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez est attendu ce lundi en Algérie pour parler de gaz notamment le gazoduc TSGP, des échanges entre les deux pays.

Rencontre Pedro Sanchez – Tebboune : les enjeux stratégiques pour l’Espagne et l’Algérie
Pedro Sanchez – Abdelmadjid Tebboune : les enjeux économiques et stratégiques pour l’Espagne et l’Algérie. | DR
Djamal Eddine Bouabdallah
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Contribution. La rencontre entre le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez (attendu ce lundi 20 juillet à Alger) et le président Abdelmadjid Tebboune, s’inscrit dans un cadre bien précis.

L’objectif de cette rencontre est de contribuer à l’obtention de résultats concrets, compte tenu des efforts déployés par les deux parties et de leurs récentes déclarations officielles.

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Elle découle également d’une volonté commune de renforcer la communication, d’instaurer un climat de confiance et d’ouvrir la voie à une coopération renouvelée dans des domaines d’intérêt mutuel, en œuvrant à :

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–           Entériner officiellement le rétablissement des relations entre les deux parties et, par le biais d’une déclaration politique commune

–           Réaffirmer leur attachement au Traité d’amitié, de bon voisinage et lui redonner vie ;

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–           Reprendre la dynamique des échanges entre les deux pays, en simplifiant les démarches ;

–           Réfléchir sur une collaboration habile, en tenant compte des nouvelles situations géostratégiques ;

–           Mettre en place des accords officiels et des mécanismes de coopération concrets afin de tirer parti des opportunités stratégiques et économiques offertes par la collaboration entre les deux parties ;

–           Établir un cadre structuré de coopération industrielle favorisant le développement de partenariats durables entre les deux pays.

À présent, analysons le tableau ci-dessous

Algérie – Espagne : évolution des échanges bilatéraux (en millions d’euros)

Année Exportations de l’Espagne vers l’Algérie Importations de l’Espagne depuis l’Algérie Solde Commercial pour l’Espagne
2021 1 780 M€ 4 750 M€ -2 970 M€
2022 1 021 M€ 7 597 M€ -6 576 M€
2025 2 133 M€ 9 000 M€ -6 867 M€

Source ICEX

Ces évolutions peuvent être attribuées à une succession d’événements exceptionnels qui ont profondément bouleversé les relations économiques entre les deux pays.

Parmi les facteurs clés, on peut citer la pandémie de COVID-19 en 2020, suivie, à partir de juin 2022, par la décision de l’Algérie de suspendre près de 80 % de ses échanges commerciaux avec l’Espagne.

Des exceptions ont été prévues pour les livraisons de gaz naturel, qui ont été maintenues en vertu des accords contractuels existants, ainsi que pour quelques dérogations accordées progressivement. Cette situation a perduré jusqu’à la fin de l’année 2024.

Cependant, l’année 2025 a marqué un tournant décisif dans les relations économiques bilatérales. Tout d’abord, l’Algérie a retrouvé son statut de principal fournisseur de gaz naturel de l’Espagne, soulignant ainsi le caractère stratégique de leur partenariat énergétique.

D’autre part, les autorités algériennes ont revu leur politique d’importation, en donnant la priorité aux biens intermédiaires, aux équipements et aux matières premières afin de soutenir la production nationale.

Cette orientation s’inscrit dans le cadre d’une stratégie plus large de réindustrialisation, visant à renforcer les capacités de fabrication du pays, à accroître la valeur ajoutée locale et à réduire progressivement la dépendance vis-à-vis des produits finis importés.

En effet, l’Algérie mène activement une stratégie délibérée de substitution des importations. Cette politique vise à renforcer sa base industrielle nationale et à réduire progressivement sa dépendance vis-à-vis des produits finis importés. Dans le cadre de cette approche, les produits destinés à la revente directe font l’objet de restrictions ou d’une fiscalité plus stricte.

À l’inverse, les autorités algériennes encouragent activement l’importation de matières premières, de composants industriels, de biens d’équipement et de technologies indispensables au développement de son industrie nationale. Cette orientation stratégique a incité les exportateurs espagnols à adapter progressivement leur offre de produits afin de s’aligner sur l’évolution de la demande du marché algérien.

L’analyse des chiffres du commerce extérieur pour 2025 révèle un excédent commercial significatif en faveur de l’Algérie. Cette tendance résulte principalement des récentes stratégies économiques et commerciales de l’Algérie, qui mettent l’accent sur la création de valeur au niveau national et le renforcement des capacités de production locales.

Compte tenu des tendances actuelles, et sous réserve de la vérification finale des statistiques officielles, on peut raisonnablement s’attendre à ce que cet écart persiste, voire s’accentue, en 2026.

Ces perspectives s’expliquent non seulement par la poursuite de la stratégie de substitution des importations menée par l’Algérie, mais aussi par le contexte énergétique international en pleine évolution.

L’instabilité géopolitique, notamment au Moyen-Orient, continue d’influencer de manière significative les échanges commerciaux et la balance commerciale globale entre les deux pays. Si nous analysons aussi les exportations espagnoles vers l’Algérie, le poste matières intermédiaires commence à prendre de l’importance, pièces de rechange, services et autres matières intermédiaires industrielles.

Structure des exportation espagnoles vers l’Algérie en 2025

  1. Le secteur agroalimentaire et les animaux vivants, + de 50% des exportations : viandes et Intrants agricoles et technologies ;
  2. Les produits chimiques et les matières plastiques, matières plastiques et polymères 37% des exportations espagnols, Chimie organique et inorganique, et Composants pour détergents et cosmétiques ;
  3. Les biens d’équipement et le matériel de transport ;
  4. Les semi-manufactures et les matériaux de construction.

La structure des exportations algériennes vers l’Espagne se caractérise par :

  1. Les hydrocarbures à 95% ; gaz et pétrole brut ;
  2. Les engrais et la chimie inorganique ; tel que les solvant et autres produits chimique destinés à l’industrie tous secteurs confondus ;
  3. L’agroalimentaire, notamment des produits de la mère.

Algérie – Espagne : une transformation significative

L’analyse des flux commerciaux révèle une transformation significative des relations économiques entre l’Algérie et l’Espagne.

Cette évolution résulte, d’une part, des réformes économiques mises en œuvre par l’Algérie, notamment en matière de développement industriel et de substitution des importations par la production nationale, et, d’autre part, de la grande capacité d’adaptation des entreprises espagnoles. Ces dernières ont progressivement adapté leur offre pour répondre aux besoins changeants du marché algérien.

Si cette tendance se poursuit, les exportations espagnoles sont appelées à jouer un rôle crucial dans le soutien des efforts d’industrialisation de l’Algérie.

Cela passerait par la fourniture de biens d’équipement, de composants industriels, de technologies de pointe et de services à forte valeur ajoutée.

De ce point de vue, les exportations espagnoles à destination de l’Algérie pourraient connaître une expansion régulière dans les années à venir.

L’expérience mondiale montre que les relations commerciales fondées sur des échanges intra-industriels ont tendance à être plus solides, variées et résilientes que celles axées principalement sur l’échange de matières premières contre des produits finis.

Une telle évolution favoriserait une augmentation substantielle des volumes d’échanges bilatéraux, dépassant progressivement le cadre traditionnel des exportations algériennes d’hydrocarbures en échange d’importations de produits manufacturés.

Dans ce contexte, l’organisation d’une réunion bilatérale de haut niveau semble tout à fait appropriée. Elle intervient à un moment où de multiples facteurs se conjuguent pour créer un environnement propice au renforcement du partenariat entre les deux pays.

Par ailleurs, les deux parties sont appelées à œuvrer conjointement en faveur d’un rééquilibrage progressif de la balance commerciale, dans le respect des réalités économiques et des intérêts mutuels. Cet objectif constitue un facteur essentiel de pérennité et de stabilité des relations économiques bilatérales.

La recherche d’une balance commerciale plus équitable constitue, à cet égard, un instrument stratégique permettant de renforcer la confiance entre les partenaires, de favoriser une coopération plus harmonieuse et de créer les conditions d’un partenariat durable, équilibré et mutuellement avantageux dans toutes ses dimensions économiques, industrielles, commerciales et technologiques.

Au-delà de ces évolutions, un autre facteur sous-jacent est appelé à influencer profondément les relations économiques bilatérales : la restructuration progressive du commerce international en réponse aux profonds bouleversements géopolitiques et géoéconomiques en cours.

Les nouvelles dynamiques qui émergent entre les grandes puissances mondiales, en particulier entre les États-Unis et la Chine, ainsi que les tensions persistantes qui affectent plusieurs régions stratégiques à travers le monde, contribuent à redéfinir les chaînes d’approvisionnement, les flux d’investissement et les priorités des politiques économiques nationales.

Dans ce contexte de forte incertitude, de nombreux pays s’efforcent de renforcer leur résilience économique en diversifiant leurs partenariats, en sécurisant leurs approvisionnements stratégiques et en donnant la priorité à des collaborations régionales plus étroites. Sans remettre en cause les avantages des marchés ouverts, cette tendance reflète une volonté croissante de réduire les vulnérabilités liées à une dépendance excessive vis-à-vis des chaînes de valeur mondiales.

À cet égard, la proximité géographique, la complémentarité économique et la convergence des intérêts stratégiques de l’Algérie et de l’Espagne offrent des atouts considérables pour la construction d’un partenariat renforcé, fondé sur la confiance, la stabilité et une vision commune du développement.

L’Espagne s’intéresse au gazoduc TSGP

Des entreprises dans le secteur des hydrocarbures espagnoles effectuent le voyage avec M. Pedro Sanchez, ces entreprises activent déjà en Algérie tout comme, Cepsa, Repsol, Tecnicas reunidas et les Abengoa et Elecnor dans un passé proche.

Le but étant, à mon sens, de prendre part au projet transsaharien, dit, NIGAL ou TSGP,  le gazoduc reliant le Nigeria à l’Algérie en passant par le Niger et participer aussi à l’élan pétrochimique lancé par l’Algérie.

En conclusion, la rencontre entre Abdelmadjid Tebboune et Pedro Sanchez produira certainement une sérénité et imprimera une nouvelle page dans les relations bilatérales. Il sera nécessaire que les deux parties fassent preuve de beaucoup de maîtrise, de vigilance et d’intelligence afin de venir à bout des lenteurs administratives et aller vers l’essentiel.

Le secteur des PME sera longuement sollicité pour soutenir les projets structurants entre les deux pays aussi bien sur le sol espagnol que sur le sol algérien car l’Algérie est en mesure d’exporter son savoir-faire vers l’Espagne et créer ainsi une dynamique intra-territoriale

Le modus operandi devrait être irréprochable pour atteindre les objectifs cibles. Le choix des intervenants devrait aussi répondre aux standards internationaux sur le plan technique et opérationnel.  L’Espagne est un pays pourvoyeur et récepteur d’IDE.

Les deux pays devraient s’inscrire dans cette perspective et ce, afin de produire de grands projets et un partenariat à a deux sens. Toutes les conditions sont réunies en ce moment, à voir comment les deux parties transforment cet enthousiasme en de grandes opportunités business.

Vive l’Algérie y Viva España !!

*Président du Cercle de commerce et d’industrie algéro-espagnol (CCIAE).

Lien permanent : https://tsadz.co/sze4y

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