
Plus de 4 ans après le déclenchement d’une crise inédite entre les deux pays, en mars 2022, l’Algérie et l’Espagne s’apprêtent à tourner définitivement la page.
La brouille a pris fin en novembre 2023. La visite annoncée du président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez à Alger devrait marquer le retour définitif à la normale des relations entre les deux voisins méditerranéens.
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Première visite de Pedro Sanchez à Alger depuis six ans
Pedro Sanchez est attendu en Algérie le 20 juillet, rapporte la presse espagnole. Selon le journal The Objective, Sanchez sera accompagné lors de son déplacement d’une journée à Alger par la troisième vice-présidente du gouvernement et ministre de la Transition écologique, Sara Aagesen, et d’un autre membre du gouvernement. Il sera notamment reçu en audience par le président de la République Abdelmadjid Tebboune.
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« Le choix de l’Espagne comme invitée d’honneur à la Foire internationale d’Alger est un choix à la fois de la raison et du cœur. Nos deux pays sont très proches.
Nous avons constaté que, quelles que soient les incompréhensions qui peuvent survenir, les choses se rétablissent très vite. L’Espagne est une puissance économique et nous tirons beaucoup de choses positives de nos relations avec nos amis espagnols », a déclaré le président Tebboune lors de l’inauguration de la Foire internationale d’Alger, le 22 juin dernier.
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C’est le premier voyage en Algérie du président du gouvernement espagnol, depuis celui qu’il a effectué en octobre 2020, en pleine crise du coronavirus.
Un voyage “hautement significatif”
Le média souligne que le moment choisi pour ce voyage est “hautement significatif”, car il survient alors que l’Espagne s’apprête à “régler une dette historique envers le peuple sahraoui” avec le déblocage mardi dernier par la commission de la justice du Congrès (parlement espagnol) d’un projet de loi qui prévoit d’accorder la nationalité espagnole aux citoyens du Sahara occidental nés alors que le territoire était sous administration espagnole.
Le contexte est aussi celui du lancement par Madrid d’un processus de régularisation massive des migrants. Beaucoup d’Algériens sont concernés comme en témoignent les longues files d’attente observées ces dernières semaines devant les consulats algériens en Espagne et devant les consulats espagnols d’Alger et d’Oran, note The Objective. Plus globalement, la coopération en matière de lutte contre les flux migratoires devrait être abordée, l’Algérie étant un important partenaire de l’Espagne dans ce domaine.
L’économie sera évidemment au menu de cette visite. Les échanges commerciaux entre les deux pays avaient été stoppés net par la crise de 2022. En réaction à la décision de Madrid d’apporter son appui à ce qui est appelé le “plan d’autonomie” marocain pour le Sahara occidental, Alger a procédé au rappel de son ambassade et à la suspension du traité bilatéral d’amitié, de coopération et de bon voisinage signé en 2002. Le commerce bilatéral, à l’exception des livraisons d’hydrocarbures, a également été bloqué.
Alger, un partenaire clé que Madrid ne souhaite en aucun cas s’aliéner
La crise a commencé à prendre fin en novembre 2023 avec la nomination d’un nouvel ambassadeur d’Algérie en Espagne, et le commerce a repris dans la foulée. En mars dernier, le président Tebboune a annoncé au chef de la diplomatie espagnole José Manuel Albares, qu’il a reçu à Alger, la décision de l’Algérie de réactiver le traité d’amitié.
De 1,9 milliard d’euros en 2021, les exportations espagnoles vers l’Algérie ont chuté à 330 millions en 2023. Le manque à gagner en Algérie pour les entreprises espagnoles depuis le début du blocage s’élève à 3,2 milliards d’euros. Les entreprises se sont retrouvées obligées de chercher d’autres fournisseurs en dehors de l’Espagne.
Malgré une amélioration du contexte politique et économique, les échanges commerciaux entre les deux pays n’ont pas encore retrouvé leur niveau d’avant la crise, fait remarquer le journal espagnol.
L’Algérie est un fournisseur clé et fiable de gaz pour l’Espagne, via le gazoduc Medgaz. Malgré la crise, Alger a respecté tous ses engagements contractuels en la matière.
L’Espagne a toujours pu compter sur l’Algérie pour sécuriser ses approvisionnements. Selon l’agence Bloomberg, José Albares a obtenu lors de sa visite de mars dernier l’augmentation des livraisons algériennes de gaz à hauteur de 10%. C’est donc chez un partenaire clé tant en économie que dans la lutte contre les flux migratoires que se rendra Pedro Sanchez le 20 juillet. Un partenaire que Madrid ne souhaite en aucun cas s’aliéner.