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Rien n’est gagné, rien n’est perdu, la lutte continue

Le bras de fer entre le peuple et le système se poursuit. Le système refuse de s’incliner devant la déferlante populaire et s’obstine à résoudre la crise par des arrangements…

Rien n’est gagné, rien n’est perdu, la lutte continue
Redouane Bahiri
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Le bras de fer entre le peuple et le système se poursuit. Le système refuse de s’incliner devant la déferlante populaire et s’obstine à résoudre la crise par des arrangements claniques au détriment d’une véritable transition démocratique. Le peuple rejette les changements « soft » qu’opère le système.

Face aux cris des millions d’Algériens et d’Algériennes, la nomination de Bensalah vient confirmer la surdité profonde du régime.

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Seulement, cette nomination ne doit pas être la cause de la résignation, bien au contraire. Car il demeure que le cycle révolutionnaire a eu ses premiers acquis, dont le plus grand à mon avis, est la réappropriation de l’espace public. L’état de panique des services de sécurité apparu à travers les arrestations musclées des militants politiques et des syndicalistes et la répression des manifestations pacifiques des étudiants renseigne que le régime ne veut point céder sur cet acquis, qu’il sait important.

Nous sommes donc interpellés, tous comme nous sommes, de le préserver. Si nous cédons d’un iota, ils fonceront sur nous et nous écraseront comme ils le font depuis 1962 à ce jour, voire plus cette fois-ci, ils sont capables du pire.

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Le maintien des rassemblements quotidiens, nécessaire il y’a quelques jours de ça, est désormais primordial, il y’a une bataille de l’espace entre le peuple et le régime, la gagner est très important pour la suite de la révolution.

Le mouvement du 22 février et toutes les marches qui s’en sont suivies ont donné une leçon sans précédent en terme de pacifisme, de diversité, de solidarité et de génie populaire, nous ne devons pas gâcher cette richesse, nous devons au contraire, la fructifier. Le pouvoir ne feint pas à ses habitudes, il joue les cartes du régionalisme, les cartes de la religion, du féminisme, tous les sujets qui divisent.

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Nous sommes assez intelligents pour comprendre ça, mais nous devons être encore plus lucides pour ne pas céder à l’émotionnel au détriment du rationnel. N’oublions pas que ces clivages qui nous séparent sont créés et entretenus par le système qui depuis l’indépendance du pays, nous a divisé pour régner sur nous.

Dorénavant, rien ne doit plus être comme avant, le peuple algérien est uni, le régime d’Alger est fini.

Nous imposons le génie populaire pour contre la ruse du régime, nous imposerons la mobilisation « silmiya » pour contrer l’autoritarisme et la répression, nous imposerons la solidarité et l’union pour anéantir les germes de la division.

Ne cédons pas aux chants des sirènes, bannissons la violence, bannissons l’exclusion, bannissons le dénigrement et l’invective. Ce vendredi, nous ne marcherons pas seulement, nous marcherons et nous nous opposerons à ceux qui agressent, ceux qui insultent, ceux qui dénigrent…..نعومو ونعسو حوايجنا

Ayant probablement appris de ce peuple, qui rejette les personnages un après un, le système tente de rendre la pareille en demandant aux infiltrés de dégager des acteurs et des militants politiques.

Le système fait dans la propagande, le peuple ne peut et ne doit en aucun cas céder, la vigilance et le patriotisme triompheront sur le machiavélisme.

Le système fait semblant de céder, en sacrifiant quelques-uns de ses enfants, des boucs-émissaires. Les pratiques n’ont pas changé, la répression est là, la justice de nuit est là, la censure est là, le système est là. Il ne suffit pas de dégager les 3B, les 4B pour dire que le système est fini, il s’agit de revendiquer le départ du A, du B, du G, du Z, de l’alphabet du système, du logiciel du système.

Ce que veut le peuple, c’est des institutions démocratiques, une armée républicaine, une justice libre, une presse indépendante….une Djazair hourra dimokratiya.

Une autre manière de détourner les manifestations de leur revendication principale, c’est de les réduire à un carnaval de danse et de chant, à des campagnes de nettoyage et d’embellissement des quartiers. Ceci est important, mais ce n’est pas l’essentiel. Que tous ceux qui participent à ces campagnes continuent de le faire, mais en brandissant le carton rouge à un système qui durant plus d’un demi-siècle de règne, censuré l’art, matraqué les artistes, détruit l’environnement, polluant le pays.

Le système tente, à travers ses pratiques habituelles, de se régénérer, il est à terre mais il n’est pas encore achevé. Les vieux démons se réveillent et chantent leurs vieux refrains, à nous de nous concentrer sur l’essentiel.

La vigilance, c’est de prendre chaque geste du pouvoir pour une manœuvre à contrecarrer par plus de mobilisation et de détermination. Nous avons l’optimisme suffisant pour envisager de meilleurs jours pour notre pays.

Ce n’est que par cela que nous atteindrons l’objectif de la construction de la deuxième république.

 


*Jugurtha Abbou est militant politique


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