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Route des Gorges de Kherrata, carrefour des 4 chemins et pénétrante autoroutière : 3 grands projets quasiment à l’arrêt à Bejaia

Le secteur des travaux publics à Bejaia est durement touché par la crise économique. Au moins trois grands projets actuellement en cours de réalisation dans cette wilaya pâtissent du manque…

Route des Gorges de Kherrata, carrefour des 4 chemins et pénétrante autoroutière : 3 grands projets quasiment à l’arrêt à Bejaia
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Le secteur des travaux publics à Bejaia est durement touché par la crise économique. Au moins trois grands projets actuellement en cours de réalisation dans cette wilaya pâtissent du manque de financements. Les chantiers de la pénétrante autoroutière, de la modernisation de la route des gorges de Kherrata et du carrefour des quatre chemins de Bejaia tournent au ralenti. Ils sont quasiment à l’arrêt.

La pénétrante Bejaia – Ahnif en souffrance

Malgré l’importance socio-économique capitale que revêt la pénétrante autoroutière Port de Bejaia – autoroute Est-Ouest, ce projet subit pleinement des affres de la crise. Son délai de réalisation, quant à lui, est sérieusement compromis. « C’est une situation catastrophique », s’alarme un proche du projet.

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Faute de paiement, le groupement, composé de CRCC (Chine) et Sapta (Algérie), en charge de la réalisation de ce projet, manque de matériaux réalisation. « Actuellement, le projet tourne à une cadence très faible. Les ouvriers sur le chantier sont à court de bitume, de ciment et de peinture pour la signalisation. Ils manquent également d’argent pour acheter des accessoires », détaille notre source.

Malgré la livraison de la section Akbou – Ahnif sur 42 km, le taux d’avancement des tronçons restant de 58 km n’a pas atteint les 50%. Conséquence de la crise, la mise en service du tronçon de 10 km permettant d’éviter la grande agglomération d’Ighzer Amokrane, prévue pour ce mois de juillet, est officiellement reportée.

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« Il est impossible de livrer ce tronçon au cours du mois de juillet. Car il est impossible de terminer les travaux nécessaires dans un mois », déplore notre source.

Des impayés qui datent de novembre 2016

Les factures du groupement sino-algérien s’accumulent en fait depuis plusieurs mois. « La dernière situation payée est celle du mois de novembre 2016. Elle a été encaissée début juin. Depuis cette date, aucune situation n’a été payée à ce jour. Il y a deux situations qui sont en cours de paiement. Mais, la procédure de paiement peut prendre plus de deux mois. Elle passe par le ministère des Finances, le Fonds national d’investissement et le Trésor public pour que le groupement puisse toucher finalement son argent », explique notre source.

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Le groupement en charge des travaux est « censé être payé contractuellement chaque mois », selon nos sources. « Il est dans l’attente. Ce sont des situations importantes qui peuvent booster le chantier. Les autorités ont dit que la situation sera réglée d’ici 15 jours, au plus tard dans un mois. Mais, elles disent toujours cela », regrette notre interlocuteur.

Contestation et grève

Le manque de paiement a engendré des mouvements de grève et de contestation de la part des sous-traitants. « Il y a eu de nombreux mouvements de contestation comme la fermeture de bases de vie et du chantier par les sous-traitants. Même les employés de la société de gardiennage, des Chinois, ont fait deux grèves parce qu’ils n’ont pas été payés », révèlent nos sources.

Le spectre d’un troisième mouvement de grève des employés de cette société de gardiennage plane. « Ils menacent de fermer le chantier et la base de vie s’ils ne sont pas payés prochainement », prévient l’une de nos sources.

La crise touche même la route des Gorges de Kherrata

Comme la pénétrante autoroutière, la route des Gorges de Kherrata, ou ancienne RN9, pâtit aussi de la crise. La modernisation de cette route construite dans le 19e siècle devrait alléger la pression sur le tunnel de Kherrata, exigu et dangereux pour les automobilistes. Mais le projet est rattrapé par la crise. Le groupement algéro-turc ETRHB – Ozgün chargé de la réalisation du chantier n’a pas été payé depuis trois mois. La partie turque a menacé d’arrêter les travaux.

« Les Turcs ont été forcés (par les autorités) à ne pas arrêter les travaux et à autofinancer le projet. Quand il y a un retard à cause d’un défaut de crédit de paiement, l’entreprise ne peut plus s’autofinancer. Du coup, si elle continue à le faire, elle devra le justifier auprès de sa tutelle, qui ne peut pas toujours lui envoyer de l’argent. Si elle ne le fait pas, elle se trouvera à court de matériaux. Donc, les Turcs ont proposé d’arrêter les travaux sur le chantier et de reprendre après le déblocage des paiements », avancent nos sources.

Le groupement algéro-turc a prévu d’arrêter le chantier en juillet, mais « heureusement, une tranche du crédit de paiement a été payée et les travaux se sont poursuivis », ajoute notre source.

Toutefois, la menace plane sur ce projet. « S’il n’y a pas de crédit de paiement, cela engendrera de nouvelles difficultés. Il s’agit d’un axe important », prévient notre source. « Actuellement, les usagers de la RN9 empruntent le tunnel de Kherrata qui n’est pas suffisant pour contenir le trafic routier. Ce tunnel a été conçu en 1984 pour un trafic de 11 000 véhicules par jour. Aujourd’hui, le trafic avoisine 35 000 véhicules par jour sur cette route », explique notre source.

Selon nos informations, les créances de ce groupement s’élèvent à 1,2 milliard de dinars. « Un crédit de paiement de 2 milliards de dinars est nécessaire pour la continuité des travaux », détaille notre source.

Les 4 chemins de la ville de Bejaia font partie du lot

Autre projet qui tourne au ralenti à cause de la crise : l’échangeur des 4 chemins situé à l’entrée de la ville de Bejaia. « C’est un projet important car il permet de désenclaver la ville. C’est la porte de Bejaia. C’est l’intersection entre deux routes nationales importantes, en l’occurrence la RN9 et la RN12. Toutes les personnes qui viennent de l’Est ou du Centre se rencontrent à ce niveau », expliquent nos sources.

Confié à l’Entreprise nationale des grands ouvrages d’art (ENGOA), ce projet consiste à réaliser un échangeur composé de cinq ouvrages d’art. « C’est un projet conçu avec une technique italienne. Des pièces nécessaires pour la réalisation des ouvrages doivent être importées et cela n’a pas été fait », affirme notre source.

Ce projet a également besoin d’un crédit de paiement d’un milliard de dinars nécessaire à son achèvement. Anticipant un défaut de paiement de l’administration, l’ENGOA refuse de financer, sur ses propres fonds, l’importation des pièces nécessaires pour la construction des ouvrages composant cet échangeur.

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