Direct Live Search
Search

Sahara occidental : les limites de l’accélération diplomatique américaine

Les États-Unis pourraient être tentés d’imposer l’autonomie marocaine comme seule solution pour le conflit au Sahara occidental. Un pari dangereux et risqué.

Sahara occidental : les limites de l’accélération diplomatique américaine
Depuis peu, le dossier du Sahara occidental est entré dans une phase délicate / Photo par Khaled / Adobe Stock pour TSA
Amar Belani
Durée de lecture 2 minutes de lecture
Clock 2 minutes de lecture

Après l’accélération diplomatique engagée à la suite de l’adoption de la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité et la tenue de trois rounds de discussions, le dossier du Sahara occidental est entré dans une phase délicate.

La volonté pressante de Washington d’accélérer le règlement politique de ce conflit se heurte toujours aux divergences profondes entre le Maroc et le Front Polisario, tandis que les tensions sur le terrain compliquent davantage la recherche d’un compromis.

A lire aussi : Le Sahara occidental au Ticad 2025 : nouveau revers pour le Maroc

Sahara occidental : pourquoi l’approche américaine est risquée

Dans ce contexte, l’approche américaine, qui privilégie une solution rapide articulée autour de l’initiative marocaine d’autonomie, se heurte à une difficulté fondamentale : l’accélération du processus ne garantit ni l’acceptation de la solution ni sa viabilité à long terme, et un règlement perçu comme imposé ou dont l’issue serait déterminée à l’avance ne sera pas accepté par les Sahraouis.

A lire aussi : Jamel Debbouze : son restaurant à Paris épinglé pour vente de vins israéliens

Par ailleurs, cette même volonté de Washington de faire pression sur le Front Polisario, voire de le contourner pour surmonter les blocages au profit d’un mouvement fabriqué par les services marocains ou d’un groupe de colons, comporte des risques majeurs, car aucun accord ne pourra garantir une stabilité durable s’il exclut l’une des parties directement concernées par le conflit.

Les dangers de la marginalisation du Polisario

Le Front Polisario est reconnu par les Nations unies comme le représentant du peuple du Sahara occidental dans le processus de règlement du conflit et sa marginalisation saperait les conditions politiques nécessaires à une paix durable.

A lire aussi : Gaza : l’ONU déclare officiellement l’état de famine et accuse Israël

La recherche d’un compromis suppose, au contraire, que chaque partie puisse examiner les propositions de l’autre dans le cadre d’une négociation effective, sans être placée devant une issue prédéterminée. Le rapport de force et la coercition ne peuvent remplacer la négociation de bonne foi et sans conditions préalables.

Une relance diplomatique sérieuse suppose également de préserver un cadre multilatéral crédible, dans lequel les initiatives américaines puissent contribuer aux efforts des Nations unies sans s’y substituer.

Sahara occidental : les enjeux de la résolution du 31 octobre 2026

C’est dans ce contexte que la prochaine résolution du Conseil de sécurité sur le Sahara occidental, attendue le 31 octobre 2026, revêt une importance particulière. Si le projet élaboré sous l’impulsion des États-Unis, chargés de la rédaction du texte, venait à consacrer l’autonomie marocaine comme la seule base du processus politique, une telle évolution marquerait un tournant préoccupant.

Il convient, en effet, de distinguer le fait de retenir l’initiative marocaine comme base de négociation de celui d’en faire l’unique option envisageable, en excluant toute discussion substantielle sur les modalités d’un règlement conforme au principe d’autodétermination.

C’est ce verrouillage du processus que le texte de la résolution pourrait consacrer si les termes retenus allaient dans le sens de la revendication ardente de Rabat.

En imposant ainsi une issue prédéterminée, le Conseil de sécurité risquerait de vider le processus politique de sa substance et de compromettre les conditions mêmes d’un compromis.

En effet, loin de favoriser un règlement durable, une telle orientation pourrait amorcer l’effondrement de la dynamique diplomatique engagée au début de l’année 2026.

Le véritable enjeu est donc de transformer l’accélération diplomatique en un processus de règlement durable. Cela implique de reconnaître qu’aucune solution ne pourra durablement s’imposer sans prise en compte effective des aspirations légitimes du peuple sahraoui.

L’alternative serait une impasse durable, ponctuée d’incidents susceptibles de raviver les hostilités entre les deux parties.

L’avenir de la MINURSO représente, à cet égard, un enjeu central. Malgré les limites de son mandat, la mission des Nations unies demeure un dispositif important de suivi de la situation et de prévention des tensions.

Toute réduction de ses capacités ou remise en cause de sa présence doit être évaluée au regard des risques de vide sécuritaire, de perte de transparence et de multiplication des incidents. L’affaiblissement des mécanismes internationaux de surveillance pourrait compliquer davantage la maîtrise des tensions sur le terrain.

Lien permanent : https://tsadz.co/s7t0p

TSA +