
En faisant un point de fixation sur la présence de l’Algérie, le Maroc est-il en train de torpiller les négociations sur le Sahara occidental sous l’égide de l’ONU et des États-Unis ? La diversion marocaine semble en tout cas agacer même les Américains.
Massad Boulos, le conseiller de Donald Trump, est contraint de répéter à chaque fois que les parties concernées par les négociations et le conflit sont le Maroc et le front Polisario.
A lire aussi : Jamel Debbouze : son restaurant à Paris épinglé pour vente de vins israéliens
Des pourparlers ont eu lieu les 8 et 9 février à l’ambassade des États-Unis à Madrid pour la mise en œuvre de la résolution 2797 du 31 octobre 2025 qui, contrairement à ce que soutient le Maroc, n’impose pas le plan d’autonomie marocain comme base de discussions ni comme unique solution au conflit.
A lire aussi : Le Sahara occidental au Ticad 2025 : nouveau revers pour le Maroc
L’Algérie et la Mauritanie y ont été conviées comme membres observateurs en leur qualité de voisins immédiats du Maroc et du Sahara occidental.
L’Algérie a toujours refusé le format des tables rondes, considérant que les négociations doivent se faire directement entre les deux parties au conflit.
A lire aussi : Gaza : l’ONU déclare officiellement l’état de famine et accuse Israël
La propagande marocaine tente de faire croire que par sa présence à Madrid, l’Algérie a fini par céder sur ce principe.
Pourtant, ce n’est pas le cas et Massad Boulos l’a encore dit d’une manière on ne peut plus claire à France 24. “Ce sont des pays observateurs. L’Algérie et la Mauritanie n’interviennent pas dans les détails du débat, mais elles soutiennent ce processus de négociations pour parvenir à une solution acceptée par les deux parties”, a déclaré le conseiller du président américain pour l’Afrique et le Moyen-Orient.
📝🇪🇭🇺🇸 | مسعد بولس كبير مستشاري الرئيس الأمريكي ترامب :
« نشكر #الجزائر كبلد مراقب ورئيسها عبد المجيد تبون على موقفهم المساند لإيجاد حل لقضية #الصحراء_الغربية يقبله طرفي النزاع المغرب وجبهة #البوليساريو. » pic.twitter.com/G6D6n2ojMI
— 🦅﮼رَاشـــــد | Rashid (@RLehbib) February 16, 2026
Massad Boulos n’a pas manqué de remercier l’Algérie, le président de la République Abdelmadjid Tebboune et le ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf pour leur position en faveur de la recherche d’une solution juste et acceptable par les deux belligérants.
La diversion marocaine autour des négociations de Madrid
Le Maroc verse dans la diversion et renvoie l’impression de saper les efforts des États-Unis et de l’ONU pour régler définitivement ce conflit. Il est en effet important pour le royaume de détourner les regards sur le fait qu’il a fini par s’asseoir autour de la table des négociations avec le front Polisario qu’il considère comme une “organisation terroriste” mais qu’il reconnaît de fait comme l’unique et légitime représentant du peuple sahraoui.
Le Maroc a présenté en 2007 son prétendu “plan d’autonomie”, qui a obtenu le soutien des États-Unis et de quelques pays européens, comme l’Espagne et la France.
L’Algérie a dès le début pointé le manque de sérieux de Rabat qui tente, à travers ce “plan de trois pages”, de gagner du temps et de faire diversion dans l’unique objectif d’empêcher la tenue d’un référendum d’autodétermination conformément à la légalité internationale, aux résolutions du Conseil de sécurité et au mandat de la Minurso.
De nombreux observateurs soulignent en effet que l’option de l’autonomie est incompatible avec la nature du régime marocain, qui se caractérise par une gestion centralisée et autoritaire et fondé sur le principe d’allégeance, avec la prépondérance de la figure du roi.
Il est difficilement concevable que le palais royal accepte la moindre entorse à ce schéma, qui nécessiterait du reste de revoir la Constitution et ouvrirait une brèche dans laquelle pourraient s’engouffrer d’autres régions du Maroc historiquement contestataires et défiantes vis-à-vis du pouvoir central.
C’est le cas notamment de la région du Rif qui n’a jamais renoncé au rêve de restaurer la République proclamée par Abdelkrim El Khettabi au début des années 1920.