
Ségolène Royal s’est exprimée, ce samedi 17 janvier pour la première fois, en tant que présidente de l’association France – Algérie (AFA) sur l’épineux du dossier de la mémoire qui empoisonne les relations franco-algériennes, et les crimes coloniaux.
A l’occasion des rencontres annuelles de l’AFA tenues aujourd’hui à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), la candidate à la présidentielle de 2017 a tranché : « Je n’accepte pas le concept de rente mémorielle ».
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Un mois après avoir succédé à Arnaud Montebourg à la tête de cette association, Ségolène Royal a tracé clairement les lignes sur le dossier de la mémoire.
En France, ce concept de rente mémorielle est souvent utilisé par les droites et même par des membres du gouvernement ainsi que du président de la République, Emmanuel Macron, pour critiquer l’Algérie dans un contexte de grave crise depuis juillet 2024.
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Ségolène Royal prend position sur le dossier de la mémoire
« Je ferai tout ce que je peux pour que l’on puisse avancer sur le difficile problème de la mémoire. Je n’accepte pas le concept de la rente mémorielle parce que c’est une manière commode de délégitimer la parole des blessés de l’histoire », a-t-elle dit lors de son intervention à ces rencontres à travers lesquelles l’AFA veut « contribuer à la réflexion collective sur les conditions d’une coopération renouvelée et féconde, en mobilisant citoyens, responsables et acteurs engagés des deux rives de la Méditerranée ».
Pour l’ancienne candidate socialiste à l’Elysée, la « mémoire des violences coloniales, ni pas un calcul ou un intérêt, c’est un droit de reconnaissance de faits établis et documentés ».
Elle a ajouté que « certaines blessures » et les « crimes de la colonisation » française en Algérie « n’ont pas été nommés totalement, ni réparés, ni excusés ». « Eh bien, ils doivent l’être par la France, comme l’ont fait d’autres pays », a-t-elle plaidé.