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Selon un think tank européen, l’UE ferait une erreur de sous-estimer l’Algérie par rapport au Maroc

Le Conseil européen des relations internationales (ECFR), un think tank européen, a invité l’Union européenne à maintenir un équilibre dans la manière avec laquelle elle aborde la rivalité opposant l’Algérie au Maroc sur la scène africaine.

« L’influence marocaine en Afrique est en hausse suite à l’adoption par le royaume d’une formidable stratégie diplomatique sur le continent », indique le think tank dans un article publié ce vendredi 16 mars.

« Lors du sommet de l’Union africain à Addis Abeba en janvier, le Maroc a pris l’un des deux sièges de l’Afrique du Nord au sein du principal organe de sécurité de l’UA, le Conseil de paix et de sécurité (PSC) après le retrait de l’Algérie. Cela a mené certains commentateurs, notamment au Maroc, à affirmer que le Maroc avait réussi à prendre le dessus dans ce tour, laissant l’Algérie sans autre choix que de retirer sa candidature en raison de l’élan marocain », indique de plus l’ECFR. « Mais il convient de noter que le Maroc a été l’un des seuls États à prendre son siège sans unanimité », relativise le think tank.

« L’opposition à la candidature du Maroc reflète en grande partie le soutien continu de l’autodétermination du Sahara Occidental par environ un tiers des membres de l’UA », explique l’ECFR.

« L’UE observe à juste titre que le Maroc devient un acteur plus important dans la région, mais ce serait une erreur de sous-estimer l’influence continue de l’Algérie », affirme le think tank.

« Alors que les problèmes de santé du président Bouteflika signifient qu’il ne fournit plus à l’Algérie la voix puissante qu’elle avait autrefois à l’Union africaine, l’Algérie a longtemps été un poids lourd de l’organisation, émergeant de sa guerre d’indépendance comme porte-parole de la solidarité anti-coloniale », précise l’ECFR.

« L’importance persistante de l’Algérie a été démontrée récemment par la visite du président de la Commission de l’UA à Alger, qui vise à obtenir le soutien de l’Algérie vis-à-vis de l’ambitieux programme de réformes de l’UA ».

« Les acteurs européens devraient donc faire attention à la façon dont ils travaillent avec le Maroc et l’Algérie en Afrique », estime le think tank. « L’influence marocaine sur le continent africain devrait continuer à augmenter, tandis que la présence de l’Algérie à l’Union africaine restera très probablement discrète jusqu’à ce que le successeur de Bouteflika soit en place. Cependant, si le Maroc pourrait éventuellement un jour rallier les derniers opposants à sa cause en ce qui concerne le Sahara Occidental, la question continue en attendant de diviser l’UA », explique l’ECFR.

Le think tank estime en outre que « compte tenu de l’histoire de l’engagement algérien sur le continent et son importance dans les domaines sécuritaires et de l’antiterrorisme, l’influence algérienne a peu de chances d’être éclipsée aussi facilement. L’UE, et ses États membres doivent par conséquent continuer à se positionner en tant que partenaires et interlocuteurs utiles pour les deux parties », conclut l’ECFR.

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