
En Algérie, l’arrivée des vacances scolaires d’hiver est synonyme de stress pour les élèves et les parents. La raison ? La publication des résultats scolaires du premier trimestre de l’année scolaire. Ce phénomène inquiétant qui a pris de l’ampleur ces dernières années.
Les parents vivent une véritable pression à la fin du chaque trimestre et à l’annonce des résultats scolaires des élèves. Cette appréhension de ce que vont révéler les bulletins comme notes et observations, ils la transmettent indubitablement à leurs enfants.
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Par crainte de leur réaction, ces derniers subissent, eux-aussi, une angoisse dès l’annonce même de la date des examens. « Les parents doivent se dire qu’avant ce bulletin, remis par l’établissement scolaire, il y a mon fils ou ma fille. Ils oublient souvent que ce n’est pas la note qui prime mais leur état de santé d’abord », a remarqué Hamid Saadi, président de l’Union nationale des parents d’élèves (UNPE), dans une déclaration à la Radio algérienne.
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« Nous devons enraciner la tranquillité et la confiance dans l’esprit des élèves », a-t-il recommandé. Il ne faut pas oublier, que si les résultats obtenus vers la fin du premier trimestre sont jugés insuffisants par rapport aux attentes des parents, l’élève a devant lui, deux autres chances pour se rattraper lors du deuxième et le troisième trimestre.
« Au lieu de blâmer ou de tourmenter son enfant, le tuteur gagnerait à utiliser d’autres méthodes plus calmes et plus efficientes à même de créer en lui ce déclic lui permettant de se ressaisir et d’améliorer davantage ces résultats », préconise M. Saadi.
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Car le comportement inadmissible de certains parents à l’égard de leurs enfants à cause des mauvais résultats, engendre, en eux, des conséquences psychologiques désastreuses voire des chocs émotionnels terribles.
Des conséquences psychologiques désastreuses
Ce qui pousse ces élèves, parfois, à des réactions dangereuses et à commettre des gestes regrettables qui portent atteinte à leur intégrité physique et leur santé mentale.
« Si l’on ne l’assiste pas et l’on ne le soutient pas, l’enfant sera affecté psychologiquement et sa personnalité subira des troubles comportementaux ou mentaux soit de fragilité ou de violence. L’attitude inappropriée de ces parents vis-à-vis de lui, les qualificatifs souvent blessants et des comparaisons avec d’autres enfants sont autant de facteurs qui feront de lui un citoyen incapable et non pas de la moyenne qu’il a obtenue », a expliqué Abdelhalim Madhi, spécialiste en psychologie de l’éducation. Il faut que les parents revoient leur comportement avec leurs enfants scolarisés, a-t-il souligné.
« Etant mineur, l’élève est faible de personnalité et ne peut supporter la pression. Le fait que ses parents réclament la contrepartie des conditions favorables qu’ils lui ont assurées et les moyens offerts pour sa réussite, crée en lui un complexe. Et la problématique devient plus épineuse quand les parents recourent à des menaces en cas de mauvais résultats», a relevé M. Saadi. Ceci contraint l’enfant à fuguer pour s’éloigner de cette situation difficile. La rue devient pour lui, une solution salvatrice avec tous les risques qu’il encourt.
« Le volume intense des programmes, les cours de soutien et les révisions et le fait de ne pas vivre de manière conforme et régulière son enfance constituent autant de paramètres qui influent négativement sur les élèves », a constaté le président de l’UNPE.
Meziane Meriane : « évaluer et essayer d’y remédier et ne jamais blâmer l’enfant »
Les parents d’élèves doivent se rappeler que les résultats scolaires ne constituent point un jugement définitif mais ce sont des étapes d’évaluation qui nécessitent un soutien et un encouragement et non pas une pression excessive surtout injustifiée de leur part. Ce qui va ancrer en leur enfant la confiance en soi et la volonté de réussir dans ses études.
« L’angoisse des examens est courante mais elle ne doit pas être amplifiée par la pression des parents », prévient Meziane Meriane, pédagogue. Pour lui, il ne faut surtout pas effectuer des comparaisons avec les notes obtenues par les enfants des voisins.
Car, cela engendre la « frustration » des parents avec une projection sur leurs enfants. « Les parents doivent éviter de transmettre leur propre crainte à leur progéniture en restant calmes et rassurants. Il faut qu’ils dédramatisent. Une mauvaise note ne définit pas l’intelligence de l’enfant », souligne l’ancien syndicaliste dans une déclaration à TSA.
Il est plus judicieux, propose-t-il, qu’ils anticipent sur les résultats en encourageant leur enfant à corriger les erreurs et faire mieux pendant les examens des prochains trimestres. Il faut évaluer et essayer d’y remédier et ne jamais blâmer l’enfant, a-t-il ajouté. Tout cela entre dans le cadre de la préparation de l’enfant à affronter ses examens dans de bonnes conditions.
Par ailleurs, M Meriane a évoqué la nécessité d’instaurer un « dialogue permanent entre les parents et les élèves » dans le but de dédramatiser les résultats éventuellement négatifs. « Ce n’est pas une mauvaise moyenne d’un trimestre qui va faire échouer l’enfant. Tout ça se rattrape. Ce n’est qu’un court passage d’un long cursus scolaire », a-t-il conclu.