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Tebboune, premier ministre : une méthode qui montre déjà ses limites

Pour sa première sortie sur le terrain en tant que Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune a refait le coup de la colère face aux caméras. Un exercice de communication qui a l’avantage d’être porteur.

À la Grande Mosquée d’Alger, perçue politiquement comme « un projet stratégique », M. Tebboune a découvert que le chantier avance lentement. Le revêtement extérieur de la coupole n’a pas eu lieu et les travaux de bétonnage et de décoration n’ont pas été achevés. Le Premier ministre n’a pas accepté les arguments avancés par Mohamed Guechi, directeur de l’Agence nationale de réalisation et de gestion de Djamaâ El Djazair sur les essais de sismicité pour la coupole et le minaret.

Pourtant, le bureau d’étude canadien Dessau, chargé de la maîtrise d’ouvrage à la Grande Mosquée d’Alger, souligne sur son site internet les difficultés constatées sur place. « Défis : intégrer plusieurs contraintes majeures, dont une sismicité importante, un bâtiment de grande hauteur, une salle de prière reposant sur des isolateurs sismiques, un niveau de sécurité élevé, un accès à une circulation attendue aux heures de pointe, la pérennité des matériaux… », est-il écrit.

Ces contraintes ont-elles été réellement surmontées ? M.Guechi n’a pas eu le temps de donner plus d’explications puisqu’il a été limogé après la visite du chantier sans que la décision ne soit annoncée officiellement.

« La méthode » Tebboune rappelle celle de l’ancien ministre de la Santé, Yahia Guidoum, qui évinçait les responsables des structures hospitalières à chaque sortie sur le terrain. Il prenait soin de le faire devant les caméras, déstabilisant la corporation de la santé publique.

Contradictions

Le Premier ministre n’a pas été convaincu par les dates qui lui ont été avancées. « Ce n’est pas ce qui était prévu.  Vous avez perdu quatre mois depuis la dernière visite. Nous nous sommes engagés avec le Président de la République pour qu’on fasse la prière dans cette mosquée en décembre 2017. À partir d’aujourd’hui, j’exige un planning des travaux semaine par semaine. Je ne tolère aucun retard », a-t-il déclaré.

Pourtant, Abdelmadjid Tebboun, alors ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, a visité plusieurs fois le projet de la Grande Mosquée à Alger où il n’avait pas caché sa satisfaction. « Le projet de la Grande Mosquée connaît un avancement remarquable, les gros œuvres au niveau de ses différentes structures sont déjà achevés. Le projet sera livré dans les délais fixés. Les travaux avancent à une cadence rapide », a-t-il déclaré à la presse, le 7 janvier 2017, lors d’une visite du chantier.

Que s’est-il donc passé pour que les travaux « n’avancent plus » ? Ou le regard du ministre de l’Habitat, qui avait la responsabilité directe du projet n’est pas le même que celui du Premier ministre qui a un devoir de contrôle ?

Lors de la même visite en janvier en tant que ministre de l’Habitat, M. Tebboune avait annoncé : « Les travaux de réalisation de la salle de prière, des 37 étages du minaret et de la plupart des structures seront achevés à la fin du premier trimestre 2017 ». Une fausse annonce ? Nous entamons la deuxième moitié de 2017 et le Premier ministre constate que rien n’a été achevé !

Le 23 avril 2016, le même ministre de l’Habitat avait annoncé que les travaux de Djamaâ El Djazair allaient se terminer à…la fin 2016.

Lors d’une autre visite au chantier en avril 2017, un an plus tard, M. Tebboune a indiqué que le projet de la Grande Mosquée est entré « dans la phase du travail de précision ». « Un travail technique qui ne demande pas une forte main d’œuvre ou des engins. Cette phase du béton est dépassée », avait-il dit.  

Samedi 15 juillet, il a ordonné pour que les équipes qui travaillent sur les projets soient augmentées pour passer de deux à trois. Donc, une main d’œuvre plus importante.

Mise à l’écart du patronat ?

Autre exemple de « la méthode » Tebboune : la mise à l’écart brutale de Ali Haddad lors de la même « visite d’inspection » à Alger. Le président du Forum des chefs d’entreprises (FCE) a été prié de quitter la salle lors de la cérémonie d’inauguration de l’École supérieure de la sécurité sociale de Ben Aknoun, à Alger. L’ordre serait venu du service du protocole du Premier ministre pour des raisons inexplicables.

Cette initiative pose problème. Ali Haddad n’a pas été invité, par les organisateurs de la cérémonie, en tant que personne ou homme d’affaires mais en tant que président d’une organisation patronale, reconnue par les pouvoirs publics comme un interlocuteur crédible, dans le cadre de la Tripartite notamment.

Et si M. Haddad était devenu à ce point indésirable, pourquoi l’avoir invité pour le conduire ensuite à la porte ? Volonté de l’humilier ? Si oui, pourquoi ? Les services du Premier ministère doivent donner des explications à l’opinion nationale.

Tebboune veut-il mettre à l’écart les opérateurs économiques privés ? Lors de la présentation de son « Plan d’action » au Parlement, fin juin 2017, il avait appelé à « séparer » l’argent de la politique. « Chaque citoyen est libre de s’engager dans les affaires, la politique ou même les deux mais pas à la fois. Nous allons œuvrer à la séparation entre l’argent et le pouvoir », a-t-il déclaré.

Les hommes d’affaires et les chefs d’entreprises sont-ils interdits de faire de la politique ? M. Tebboune n’a pas précisé son idée ou son projet mais le geste de faire sortir Ali Haddad de la salle pour ne pas croiser le Premier ministre semble obéir à une nouvelle logique de mise à l’écart du patronat des activités politiques et/ou officielles.

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  • Votre avis (14)

    • IamLaic

      IamLaic

      Comme on dit, on déshabille Paul pour habiller Pierre. D’ailleurs, je l’ai déjà dit maintes fois dans mes précédents commentaires. Abdelmadjid Tebboune n’est qu’un paravent. À sa place je n’aurais jamais accepté ce poste de pseudo 1er ministre, à mes yeux n’est pas à sa taille. Il n’a aucun pouvoir.
      Édouard Philippe, né le 28 novembre 1970 à Rouen, est un haut fonctionnaire et homme d’État français. Il est Premier ministre depuis le 15 mai 2017. Date et lieu de naissance : 28 novembre 1970 (46 ans), Rouen, France
      Parti : Les Républicains
      Fonction : Premier ministre français depuis 2017
      Fonction précédente : Maire du Havre (2010–2017)
      Enseignement : Institut d’études politiques de Paris,

    • Alaxis

      Alaxis

      Comment peut on faire carrierre et devenir premier ministre avec un patronyme pareil? Comment prononcer son nom sans être submergé de honte ou de rire? Comment dites-vous vagin en algérien? Pourtant Boutef et Said parlent l’arabe marocain et ceux d’Oran et maghnia aussi.

    • AiglRoyal

      AiglRoyal

      Souffler le chaud et le froid sans savoir pourquoi rime à un état de panique, et de situation non maîtrisée ou pire, non maîtrisable.
      Si je dois gouverner, j’essorrerai la moindre énergie positive qui peut m’apporter un +, même si parfois ça peut m’incommoder.
      Mais je saurai éviter les rebonds.
      Mr TEBBOUNE,
      1. ”Classez vos projets par priorités”
      2.”Commencez par les exercices faciles comme un bon élève pour gagner du temps et avancer dans le travail.
      3.”Évitez de créer des impasses, et prenez en charge le préalable”.
      4.”Ne négligez aucun élément d’information ou de moyens aussi petits soient ils”
      5”Le meilleur moyen d’avancer, c’est de ne plus cumuler de retard”
      6”Estimer en temps réel vos échéances de réalisations, et les moyens à mettre”
      7”Soyez professionnel, et ne vous faites pas trop d’ennemis inutilement”.

      C’est bon pour aujourdhui!
      Bonne journee!

    • Khloufi

      Khloufi

      Ce journaleux fait l avocat de ce hadad et bien sure fait semblant d oublier le patron de la fameuse ugta pour ne pas eveiller les soupcons…..et si monsieur tebboune etait d azazga fera t il le meme constat?

    • Communiste

      Communiste

      Je commence par la Grande Mosquée d’Alger, effectivement c’est un grand projet et stratégique en plus. Ce projet est implanté sur le site même d’implantation du cardinal Lavigerie. Celui qui portait l’évangile dans une main et un fusil dans l’autre. Il s’était juré de nous convertir au Christianisme par la douceur ou par la force. M BOUTEFLIKA lui a rendu une belle réponse deux siècles après.
      Quant au “miracle” Haddad, ben ce sont ses amis qui veulent l’introduire auprès du nouveau locataire du Palais. Cela a raté. M TEBBOUNE est célèbre pour et par sa DROITURE. Bon vent M le Premier Ministre. Le Peuple vous regarde et vous suit.

    • Numidiiia

      Numidiiia

      L’Algérie n’a pas besoin d’une mosquée mais plutôt des hôpitaux pour que ses dirigeants et à leur tete Tab Djnanou ….ne se soignent pas à l’étranger !!.
      J’espère que la première prière ça sera sur le pseudo président ….désolé de le dire comme ça car il est inapte tout simplement….

      • Communiste

        Communiste

        Je vous convie de vous documenter sur cette fripouille de cardinal Lavigerie venu en 1830. Vous comprendrez.

    • Nassh

      Nassh

      …Séparer “l’argent de la…politique” ! Et c’est MAINTENANT qu’on y pense ! Dans TOUS les pays honnêtes avec leurs concitoyens, existe des législations OBLIGEANT à ceux désirant d’entrer en politique (élus comme membres de l’exécutif) de faire une déclaration publique et officielle de son patrimoine (de tous biens et avoirs, au pays comme à l’étranger), de la certifier et la délivrer aux autorités idoines (Wali et Ministre de l’Intérieur). Idem pour ceux postulant à la fonction publique ou à la gestion d’entreprises ou dans quelque service que ce soit de l’Etat. Déclaration que les pouvoirs publics vérifient ensuite. Avons-nous seulement un pareil dispositif en Algérie pour nous protéger de tout éventuel malfaisant ?Car les deniers publics sont le bien de TOUS, et non juste que de certains…

    • Badys

      Badys

      Engueuler des responsables devant les caméras est une forme de lâcheté et signifie que le premier ministre fuit ses responsabilités.

    • GUERRIER

      GUERRIER

      Si la tete est gravement malade;impossible que les autres membre du corps puissent fonctionné normalement;ceux qui des paroles en l’air;le seul et unique décideur c’est le frère de pharaon

    • BIGMASTER

      BIGMASTER

      Très bel article. Malheureusement en Algérie, la gestion des affaires publiques n’a jamais été soumise à la raison, mais plutôt aux sentiments et aux mœurs. Ailleurs on parle de l’administration scientifique et ici, une équipe profite et gaspille, puis sera chassée par une autre équipe qui prend sa place pour profiter et gaspiller et rebelote … et entre temps, les richesses du pays sont gaspillées et profitées par une minorité et le comble dans tout ça, aucun de ces profiteurs n’est jugé et l’Algérie persiste dans le sous-développement … Pauvre Algérie

    • Antignioul

      Antignioul

      Bozzo le clown fait sa tournée !
      Abdelmajid Tebboune, Tebboune, Tebboune
      Imane Houda Ferrous
      Tebboune, Tebboune, Tebboune
      Imane Houda Ferraoun
      …..

    • kamelCAN

      kamelCAN

      Ce qui semble etre oublie par les journalistes et meme par M. Tebboune c’est qu’il etait ministre de lhabitat donc le premier responsable de la construction de cet equipement inutile et ce depuis 3 ans. Maintenant qu’il a la casquette de premier ministre depuis 2 mois il nous la joue celui qui fait les evaluations.

    • Daawessou

      Daawessou

      Donc Issad Rebrab a bien vu depuis longtemps, lui qui voulait séparer les affaires de la politique, sinon pourquoi a-t’il démissionné du FCE?

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