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Téléphone mobile : entre importation déguisée et grand retour du cabas

Téléphone mobile : entre importation déguisée et grand retour du cabas

L’industrie d’assemblage de téléphones mobiles prend de l’ampleur en Algérie. Depuis le début de l’année en cours, après la décision du gouvernement de mettre les téléphones sur la liste des produits interdits à l’importation, de nombreux importateurs se sont convertis en assembleurs.

« Nous étions trois assembleurs avant le début de l’année, et maintenant, il y a une dizaine d’unités d’assemblage et cette tendance va se poursuivre », confirme le patron d’une grande marque algérienne de téléphones mobiles.

Après Samsung, Oppo et LG, de grandes marques comme Huawei devraient lancer bientôt leur unité de montage de téléphones en Algérie, un marché estimé entre 8 à 10 millions d’unités par an

Importation déguisée

Toutefois, la multiplication des usines d’assemblage ne fait pas de l’Algérie un grand producteur de téléphones et ne garantit pas le développement d’une industrie locale de fabrication de smartphones, estiment des acteurs du secteur que nous avons interrogés.

« C’est de l’importation déguisée, avec tous les inconvénients liés à la surfacturation qui était une pratique largement répandue dans l’importation des téléphones », dénonce le même patron, qui préfère garder l’anonymat.

Le bonheur des trabendistes

Pour mettre en place une véritable industrie de fabrication de smartphones, des opérateurs ont proposé au gouvernement de mettre en place de nouvelles incitations fiscales, pour différencier les fabricants des assembleurs.

« Aujourd’hui, dans le téléphone mobile, le SKD et le CKD bénéficient des mêmes avantages, à savoir un taux de droit de douanes de 5%. Dans l’automobile par exemple, le gouvernement a donné des avantages fiscaux aux fabricants de pièces de rechange, tout en encourageant l’assemblage, avec un cahier des charges et une obligation pour les assembleurs d’augmenter leur taux d’intégration, ce qui n’existe pas dans la téléphonie », explique notre source.

Selon nos sources, le gouvernement a entamé une démarche pour distinguer les producteurs des assembleurs. « Il faut taxer les téléphones assemblés localement et favoriser ceux qui contiennent des composants produits en Algérie », plaide notre source.

Outre la multiplication des unités d’assemblage, l’interdiction d’importer a induit un autre phénomène qui a pris une ampleur considérable : l’importation illégale de téléphones dans les cabas par les trabendistes. Dans les magasins, on y trouve en effet des modèles dont l’importation a été interdite depuis le début de l’année en cours.

« A El Harrach, El Eulma et Oran, qui sont connues pour être des plateformes de vente de téléphones, il y a quasiment tous les modèles de smartphones qui sont introduits dans des cabas. Nous avons fait une évaluation et constaté que 50% des téléphones disponibles dans les magasins ont été importées frauduleusement», affirme la même source.

Les services en charge du contrôle aux frontières sont pointés pour leur complaisance avec les importateurs particuliers. « Nous avons soulevé le problème au gouvernement qui a promis de prendre des mesures », confie notre interlocuteur.

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