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Tourisme et diaspora : pourquoi l’Algérie engrange moins de devises que la Tunisie

Le poids du marché noir des devises et le manque de flexibilité des banques privent l’Algérie « d'un canal de mobilisation de l'épargne des émigrés. »

Tourisme et diaspora : pourquoi l’Algérie engrange moins de devises que la Tunisie
Pourquoi la Tunisie engrange plus de devises que l’Algérie| Par Friptuleac Roman | Dreamstime.com
Ali Idir
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La Tunisie a engrangé 4,4 milliards de dollars de revenus du tourisme et des transferts des Tunisiens de l’étranger en neuf mois. Durant cette période, les membres de la diaspora tunisienne ont envoyé dans leur pays plus de 2,2 milliards de dollars, soit plus que ce que les Algériens de l’étranger ont transféré en 2025 (1,8 milliard de dollars). Pourtant, ces derniers sont plus nombreux que les émigrés tunisiens.

Le poids du marché noir des devises en Algérie explique en partie la faiblesse des envois des Algériens de l’étranger vers leur pays. Ils préfèrent passer par le marché parallèle en raison de la différence avec le taux officiel (un euro pour 151 dinars contre 277 dinars au Square Port Saïd d’Alger).

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L’économiste Brahim Guendouzi explique les différences entre la Tunisie et l’Algérie dans le domaine du tourisme et du transfert des devises par la diaspora des deux pays.

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Transferts de la diaspora : comment le marché noir prive l’Algérie de sommes importantes en devises

« L’écosystème lié à l’activité touristique en Tunisie est bien huilé et il est entre les mains de véritables professionnels. L’Algérie dispose de plus d’atouts sur le plan touristique (sites de renommée mondiale, qualité des produits de l’artisanat, diversité géographique, etc.), mais l’existence de dysfonctionnements de tout genre conjuguée avec un déficit en communication fait que l’activité touristique soit en deçà de ce qui est espéré et attendu. La ville d’Alger toute seule a de quoi développer un flux touristique énorme si les conditions sont réunies », explique-t-il.

En Tunisie, les envois de la diaspora sont « mieux encadrés par les autorités en termes d’accompagnement bancaire, de services consulaires et de proximité avec leurs émigrés dans les pays d’accueil », estime l’économiste.

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Ces aspects-là « ne sont pas toujours présents pour la communauté algérienne vivant à l’étranger », ajoute-t-il.

À cela s’ajoute le poids du marché informel des devises en Algérie qui « s’est érigé en structure accueillant l’épargne d’un grand nombre d’expatriés du fait du taux de change attractif qui y est pratiqué », complète Brahim Guendouzi.

Si une faible partie des fonds transférés par la diaspora se retrouve dans des banques à travers l’ouverture de comptes en devises, « l’absence de flexibilité » des banques publiques et le « fait qu’il n’y ait pas eu de structures bancaires algériennes à l’étranger, particulièrement dans les pays qui enregistrent une forte communauté nationale, privent l’Algérie « d’un canal de mobilisation de l’épargne des émigrés. »

Brahim Guendouzi ajoute un autre élément : privée de rente, la Tunisie « mobilise tous ses efforts sur les sources qui lui procurent des entrées de devises (tourisme, agriculture, diaspora) ».

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