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Tout ce qu’il faut savoir sur le satellite algérien Alcomsat-1

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Le satellite Alcomsat-1 s’inscrit plus largement dans le cadre du programme spatial national établi il y a plus de dix ans, en 2006. Le projet Alcomsat-1 en particulier a débuté de matière effective au début de l’année 2014. Il aura été le fruit d’environ quatre années de travail, entre le démarrage du projet et le lancement de la fusée transportant le satellite.

Sur les hauteurs d’Alger, à Bouzaréah, le siège de l’Agence spatiale algérienne (Asal) ne paie pas de mine et se montre plutôt discret. Nombreux sont-ils à probablement être passés devant ce bâtiment sans se rendre compte que c’était à cet endroit qu’étaient réunis ceux à qui était confiée la responsabilité d’envoyer des satellites algériens dans l’espace.

L’aboutissement de plusieurs années de travail

Parmi ces satellites se trouve Alcomsat-1, dernier fleuron de l’Agence spatiale. Ce satellite de télécommunications, premier du genre pour l’Algérie, a été lancé le 11 décembre dernier par l’Agence spatiale algérienne (Asal) à partir de la Chine.

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Alcomsat-1 ne fait pas figure d’exception. S’il représente le premier satellite de télécommunications à être lancé par l’Algérie, Alcomsat-1 constitue de fait le sixième satellite lancé par l’Algérie depuis 2002, les cinq premiers étant des satellites Alsat utilisés pour l’observation de la Terre.

(D.R.)


Le satellite Alcomsat-1 s’inscrit plus largement dans le cadre du programme spatial national établi il y a plus de dix ans, en 2006. Le projet Alcomsat-1 en particulier a débuté de matière effective au début de l’année 2014. Il aura été le fruit d’environ quatre années de travail, entre le démarrage du projet et le lancement de la fusée transportant le satellite. « Il s’agit là d’un timing vraiment optimal. Avec le besoin très grand en télécommunications, qu’on ait pu déployer un projet aussi rapidement est déjà une réalisation assez appréciable en soi », s’enthousiasme le Dr. Abdelwahab Chikouche, directeur d’études, chargé des programmes spatiaux et du développement Industriel à l’Asal qui nous a reçus jeudi.

Renforcement de la souveraineté

Alcomsat-1 représente donc l’aboutissement d’un programme global lancé il y a plus d’une décennie, et il ne pouvait en être autrement pour un projet ayant coûté une bagatelle comprise entre 250 et 300 millions de dollars. « Le business plan prévoit d’amortir la totalité des coûts d’investissements au bout de dix ans d’exploitation. Or le satellite a une durée de vie prévue de quinze ans minimum. Un retour d’investissement est donc attendu », explique le Dr. Chikouche.

(D.R.)


Alcomsat-1 dispose de fonctions multiples. Le satellite est doté de 33 transpondeurs qui seront chargés de trois tâches principales : la télédiffusion, la transmission de données par satellite, ainsi que l’amélioration du positionnement.

Dans le domaine de la télédiffusion, ce nouveau satellite permettra à l’Algérie de disposer d’une centaine de chaînes en qualité standard ou d’une vingtaine de chaîne en haute définition. Du fait qu’Alcomsat-1 ait été conçu pour servir en premier lieu l’Algérie, le signal généré sera le meilleur possible pour les utilisateurs algériens. « Tout dépendra de la qualité de la chaîne. Si on émet en HD qui prend beaucoup plus de capacités, les chaînes télévisées seront moindres mais seront très nettes. Si on opte pour une définition standard pour les chaînes, le nombre de chaînes pourra largement dépasser la centaine », affirme le Dr. Chikouche.

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Des données GPS plus précises

En outre, parce qu’il dispose d’une large couverture, le satellite Alcomsat-1 offre une excellente qualité de signal pour toute la région Afrique du Nord et Sahel. « Ce satellite permettra par exemple de faire de la télédiffusion de chaînes libyennes ou nigériennes. Ça ouvre des capacités intéressantes à l’international, pour diffuser leurs chaînes comme pour la diffusion de nos chaînes algériennes dans ces pays», indique le même responsable de l’Asal. La télédiffusion devrait devenir opérationnelle lors de la deuxième moitié de l’année 2018.

Le satellite Alcomsat-1 dispose également en son sein de deux transpondeurs dédiés à l’amélioration du géopositionnement (GPS) en Algérie. Cet outil viendra en complément d’un réseau composé de centaines de balises terrestres, actuellement en installation sur le territoire national. « Ceci permettra d’avoir des données de position plus précises», affirme le Dr. Chikouche. Si les GPS permettent une précision de cinq mètres environ, le nouveau système de triangulation permettra d’obtenir une précision d’environ un mètre. Le nouveau système devrait être opérationnel dans le courant de l’année 2019.

Alcomsat aura également pour fonction la transmission des données. « La priorité consiste à transmettre les données avec intégrité, et avoir son propre système permet de faire cela », explique le Dr. Abdelwahab Chikouche. Actuellement, l’Algérie fait appel aux satellites étrangers. « Avec Alcomsat-1, tout le maillon devient maitrisé par l’Algérie, que ce soit le contenu, les voies de communication et le relai qui est le satellite. Cela permet d’assurer l’intégrité des données, de la transmettre au moment qu’on veut et avec les volumes souhaités. C’est très important pour le pays », affirme le responsable de l’Asal.  Pour garantir au mieux l’inviolabilité des données, les scientifiques algériens ont également mis en place des mesures de cryptage afin que les données soient protégées.

(D.R.)


Alcomsat-1 permet également d’augmenter considérablement les capacités de débit de connexion par satellite. Si les débits proposés jusqu’à présent en Algérie atteignaient les 512kbps, Alcomsat-1 proposera sans difficultés des débits de 1 ou 2 Mbps. Des offres de 10 à 20 Mbps pourront également être proposées, le tout à des prix compétitifs afin d’optimiser l’utilisation du satellite, assurent les responsables de l’Asal.

Ces derniers préviennent toutefois que l’internet par satellite n’a pas pour objectif ou finalité, de remplacer la connexion ADSL classique. « La solution satellitaire n’est pas compétitive avec la fibre optique. Le satellite viendra plutôt en complément de la fibre optique, notamment pour permettre aux zones inaccessibles à la fibre d’avoir accès à l’internet par le biais du satellite », explique le Dr. Chikouche. L’internet par satellite d’Alcomsat-1 devrait être opérationnel à partir du mois de juin 2018.

Une comparaison avec le Maroc qui n’a pas lieu d’être

Qu’en est-il enfin de la comparaison effectuée ici et là entre lancement d’Alcomsat-1 et celui un mois plus tôt du satellite marocain, le Mohammed VI-A ? Pour les responsables de l’Agence spatiale algérienne, la comparaison n’a pas lieu d’être. « Le satellite marocain est un satellite d’observation de la Terre à haute résolution, et apporte des données à haute résolution au Maroc à une altitude d’environ 680 kilomètres à défilement. Alcomsat-1 est un satellite de télécommunications géostationnaire à une altitude de 36 000 kilomètres. Avec ce satellite, l’Algérie répond à d’autres besoins dans la télédiffusion et les de télécommunications », explique le Dr. Abdelwahab Chikouche.

Ce dernier rappelle que « l’Algérie a lancé son premier satellite d’observation de la Terre en 2002. Notre pays dispose aujourd’hui de deux satellites d’observation de la Terre ALSAT-2A et ALSAT-2B à haute résolution et d’un satellite à moyenne résolution ALSAT-1B qui répondent aux besoins nationaux. L’Algérie a plus de 200 000 images à haute résolution reçues à travers le monde. »

(D.R.)

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