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Tristesse et colère après l’assassinat d’un étudiant en médecine dans une résidence universitaire à Alger

Tristesse et colère après l’assassinat d’un étudiant en médecine dans une résidence universitaire à Alger

Assil, un étudiant en troisième année de médecine, a été sauvagement assassiné, hier, dimanche 10 février soir, dans sa chambre de la résidence universitaire Taleb Abderrahmane de Ben Aknoun à Alger.

La mort dramatique du jeune étudiant a plongé dans l’émoi la communauté estudiantine qui a exprimé de diverses façons sa tristesse et sa colère dès ce lundi matin.

Dès que la nouvelle de l’assassinat s’est répandue, hier soir, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer les conditions de vie et les risques encourus par les étudiants dans les résidences universitaires. La colère est d’autant plus grande qu’il y a près d’une semaine, un étudiant zimbabwéen a été lui aussi assassiné près d’une résidence universitaire à Annaba.

Soupçons sur un camarade de la victime

Contrairement à ce qui a été rapporté sur les réseaux sociaux, l’assassinat n’a pas été commis par des étrangers à la résidence universitaire, selon Zoubir Abid, Directeur de la cité qui a affirmé que « le coupable est le camarade de la victime ».

« Les agents de sécurité ont vu le camarade de la victime sortant en vitesse de la résidence au volant la voiture de la victime. Ils l’ont arrêté et m’ont contacté. Je leur ai dit de lui retirer les documents de la voiture et il a pris la fuite », a raconté le Directeur au micro de Dzair News.

« Nous avons appelé la police sur la base d’une affaire de vol mais lorsque nous sommes montés dans sa chambre, nous avons été frappés par la vue du cadavre gisant par terre », a-t-il poursuivi, expliquant que « les causes de l’assassinat restent inconnus ».

Il y a « beaucoup de lectures, certains disent qu’ils se sont disputés dans la chambre et qu’il n’avait peut-être pas l’intention de le tuer », a indiqué M. Abid. Au milieu de la journée, deux autres étudiants, « copains de chambre » de la victime et des agents de sécurité étaient encore interrogés par la police, selon le même responsable.

Cette version des faits dédouane les autorités des accusations qui ont immédiatement été adressées contre elles au sujet de « négligences » concernant la sécurité dans les résidences universitaires.

« S’il n’y avait pas de sécurité, les agents n’auraient pas arrêté la voiture et ne se seraient pas rendus compte de la tentative de vol », a argué le Directeur de la résidence universitaire qui écarte ainsi l’hypothèse d’une négligence au niveau de la sécurité de l’établissement.

Des informations faisant état d’une inscription faite avec le sang de la victime sur un des murs de sa chambre ont été relayées sur les réseaux sociaux et plusieurs médias. Le Directeur de la résidence qui a été un des premiers à voir la scène du crime n’a pas nié l’existence de cette inscription. Selon lui, elle serait « peut-être due à une maladie psychiatrique » de l’auteur du crime.

Les étudiants en médecine empêchés de marcher en hommage à la victime

Ce lundi matin, les camarades de la victime, étudiants de la faculté de médecine d’Alger n’ont pas tardé à rendre hommage au défunt. Ils ont organisé un rassemblement de recueillement et ont observé une minute de silence en sa mémoire.

Les quelques centaines d’étudiants rassemblés à l’intérieur de la faculté de médecine de Ben Aknoun ont tenté, vers la mi-journée, de faire une marche silencieuse en direction de la proche cité universitaire où leur camarade a perdu la vie mais les policiers les en ont empêchés.

Le portail principal de la faculté a été bloqué par les forces de l’ordre mais les étudiants ont pu, par la suite, sortir vers la rue par un portail secondaire avant d’être encerclés, puis refoulés vers l’intérieur de la fac par les nombreux policiers déployés sur place.

L’Union générale estudiantine algérienne, une des principales organisations d’étudiants en Algérie, a réagi à son tour dans un communiqué où elle a dénoncé ce qu’elle a qualifié de « cités de la mort ».

L’organisation a affirmé, dans son communiqué, que ce drame « n’est pas le premier incident de ce genre » et a rappelé l’assassinat il y a une semaine, d’un étudiant étranger « devant le portail d’une résidence universitaire à Annaba ».

 « Plusieurs cités universitaires ont subi l’accès en leur sein d’étrangers », affirme l’organisation qui cite comme exemples les résidences universitaires de Said Hamdine, Ouled Fayet et la résidence pour filles de l’Université de Bordj Bou Arréridj où « au courant du mois passé, un individu en état d’ébriété a pénétré dans les pavillons des étudiantes et les a terrorisées, provoquant des pertes de conscience et des hospitalisations, sans que des comptes soient demandés au responsable ».

Le ministre de l’Enseignement supérieur, Tahar Hadjar qui s’est rendu sur les lieux du drame dès hier soir, est invité par l’Ugel à « agir en urgence et d’adopter les mesures à même d’instaurer la sécurité et demander des comptes aux responsables impliqués dans la déliquescence dans les cités universitaires ».

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