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Vendredi 8 : « Marcher pour résister à toutes les tentatives de faire échouer le mouvement »

Vendredi 8 : « Marcher pour résister à toutes les tentatives de faire échouer le mouvement »

Les Algériens vont sortir pour le 8e vendredi depuis le 22 février 2019 pour exprimer leur refus de la désignation d’Abdelkader Bensalah, comme chef d’Etat par intérim, et demander une vraie transition démocratique sans les figures du système.

Le ton a été donné durant la semaine avec les rassemblements des étudiants, des syndicalistes et des enseignants pour dire « Non » aux choix du pouvoir d’appliquer dans toute sa rigidité l’article 102 de la Constitution.

Plusieurs appels sont lancés sur les réseaux sociaux. « Le vendredi le plus décisif, à demain cher peuple », écrit le syndicaliste Nabil Ferguenis.

Abdelaziz Rahabi, qui a pris part à la plupart des marches depuis le 22 février, appelle Bensalah à démissionner « le plus tôt possible » pour que pays « entame sa transition démocratique qui ne peut commencer par des présidentielles mais par un accord politique global ». La prochaine élection va, selon lui, compliquer davantage la situation dans le pays.

Sur sa page, Karim Tabou accuse le pouvoir de vouloir « fermer le jeu » pour le mouvement de contestation en imposant Bensalah à travers à l’application de l’article 102 de la Constitution. « C’est une ruse pour saboter le hirak . Ils font continuer à combattre. C’est une responsabilité historique. Nous allons résister à toutes les tentatives de faire échouer le mouvement populaire de contestation», a dit-il.

« L’Algérie vous appelle »

Le Parti des Travailleurs (PT) appelle, pour sa part, ses militants, adhérents et sympathisants à « rejoindre massivement » les marches du vendredi 12 avril dans toutes les wilayas.

« La convocation du corps électoral par le nouveau chef de l’Etat dont l’intronisation par les députés des partis du système est rejetée par la quasi-totalité du peuple algérien, en est une expression provocatrice dans la mesure où il s’agit d’imposer le maintien du régime présidentialiste et des symboles du système », écrit le PT dans un communiqué. Le député du parti El Adla, Lakhdar Benkhallef publie, sur son compte Facebook, une affiche pour annoncer la marche de vendredi : « El Djazair tounadikoum » (« l’Algérie vous appelle »). Il poste également une déclaration d’Abdallah Djaballah, président d’El Adala, appelant à la poursuite de « la Révolution pacifique jusqu’à la victoire ». « Non aux 4B, Bensalah, Belaiz, Bouchareb, Bedoui. Non à toutes les décisions qu’ils prennent », tranche Djaballah.

Le FFS, de son côté, annonce sur sa page Facebook qu’il reste mobilisé aux côtés des algériens qui « exigent le changement radical du système » et appelé à l’armée à ne pas « s’ingérer dans la politique ».

« Tsunami populaire »

« Ceux qui sont au pouvoir n’ont pas encore compris la leçon. Le peuple refuse que ceux qui ont contribué à la crise reste. Il veut une période de transition pacifique et une rupture totale avec le régime. Nous devons rester mobilisés pour changer les règles du jeu politique », déclare Zoubida Assoul dans une vidéo postée sur la page de son parti, l’Union pour le changement et le progrès (UCP).

Abdelouhab Fersaoui, secrétaire général de l’Association RAJ, publie des extraits vidéos d’un débat « en plein air » sur la situation politique du pays organisé ce jeudi 11 avril. Il appelle à la poursuite de la contestation, du débat et de l’échange de points de vue. « Il faut surtout continuer le combat et les marches pacifiques parce que le système algérien se nourrit de la violence », prévient-il.

« Ce vendredi, nous allons assister un raz-de-marée populaire à Alger et dans toutes les villes du pays. Il y aura plus de manifestants que les semaines précédentes. Le peuple va sortir en force demain », promet Fersaoui, dans un entretien à TSA.

Le sociologue Nacer Djabi partage une affiche appelant à une marche pour ce vendredi : « Djouma’a al karama, tarhlou yaani tarhlou » (Vendredi de la dignité, vous partagez). La page « Al Jazair ma adraka ma Al Jazair » publie un appel en arabe décoré avec l’emblème national : « Vendredi : tsunami populaire. Populaire pacifique nationale civilisée. Le pouvoir au peuple ».

La grande moudjahida Louisette Ighilahriz est en colère : « Nous allons marcher ce vendredi. Nous travaillons, nous nous organisons et nous continuerons jusqu’à ce qu’ils nous entendent parce qu’ils sont devenus, en ce moment, sourds et muets », affirme-t-elle sur TSA.

Sur la page « Brassards verts », qui regroupe des volontaires qui « encadrent » les marches sur le plan d’échange d’information et de soins, un avertissement est publié pour se protéger contre les effets du canon à son, Nimr ISV, utilisé par les forces anti-émeutes contre les manifestants pour les faire disperser.

Les « Brassards verts » disent travailler avec « les Gilets oranges » ou les secouristes bénévoles pour « sécuriser » et « couvrir » les marches de demain.

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