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Visite de Laurent Nunez en Algérie : les messages d’Alger à Paris

Laurent Nunez est reparti satisfait à Paris après sa visite de deux jours en Algérie. Un succès relatif et des messages clairs d’Alger à Paris.

Visite de Laurent Nunez en Algérie : les messages d’Alger à Paris
Visite de Laurent Nunez en Algérie : le prix du respect mutuel. / Crédits : Twitter Laurent Nunez
Riyad Hamadi
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Ce n’est pas encore le retour à la normale entre l’Algérie et la France mais les choses semblent se remettre sur la bonne voie après la visite à Alger du ministre français de l’Intérieur lundi et mardi 17 février.

Laurent Nunez s’est dit “satisfait” de son séjour de deux jours dans la capitale algérienne. Au-delà de la relance de la coopération sécuritaire “au plus haut niveau” et la reprise des réadmissions de sans-papiers algériens, cette visite porte surtout beaucoup d’enseignements, et des messages clairs de la part d’Alger.

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Le plus notable est que la sortie de crise entre les deux pays tient finalement à peu de choses et que, du côté algérien, l’exigence n’est pas insurmontable : pour peu qu’il y ait le respect dû à son statut d’Etat souverain, aucune porte ne sera fermée. Il est regrettable qu’à Paris on ait mis tout ce temps pour le comprendre.

Avant même la déclaration de Nunez après sa rencontre avec le président de la République Abdelmadjid Tebboune, mardi 17 février, plusieurs images ont laissé les observateurs entrevoir des signes d’un réchauffement véritable de la relation bilatérale.

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A son arrivée à l’aéroport d’Alger, le ministre français a paru décontracté, souriant, tout autant que son homologue algérien Saïd Sayoud qui lui a réservé un accueil chaleureux.

Cette ambiance a duré tout au long du séjour de Laurent Nunez et tranche avec la froideur que beaucoup avaient décelé lors de la visite du chef de la diplomatie Jean-Noël Barrot en avril 2025.

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Les conditions n’étaient alors pas réunies pour un retour à la normale, avec la présence à la tête du ministère de l’Intérieur français d’un certain Bruno Retailleau très hostile à l’Algérie et qui sera accusé nommément d’avoir fait capoter la tentative de rapprochement en orchestrant l’arrestation d’un diplomate algérien.

Alger a toujours exigé de traiter avec Paris d’égal à égal et dans le respect mutuel, loin de tout chantage et de toute injonction.

Laurent Nunez a été nommé ministre de l’Intérieur en octobre 2025 et n’a pas tardé à marquer sa différence avec son prédécesseur.

L’Algérie lui a immédiatement adressé une invitation. Le message était clair : les autorités algériennes sont conscientes de l’importance de la relation avec la France, ne serait-ce que pour la très importante communauté algérienne présente dans ce pays, mais elles exigent que la relation soit basée sur le respect mutuel.

L’Algérie ne ferme pas la porte au dialogue avec la France

Après avoir été reçue le 27 janvier par le président Tebboune, Ségolène Royal, la présidente de l’association France-Algérie (AFA), a résumé en une seule phrase ce qui fait durer la crise entre Paris et Alger depuis plus de 18 mois : “Ça prouve d’abord que ce n’est pas lui (le président Tebboune, ndlr) qui a rompu le dialogue et que lorsque l’on vient avec respect et considération, ce dialogue peut se poursuivre.”

Laurent Nunez est justement venu en préservant au moins les formes, et sans doute avec les meilleures intentions. Les propos qu’il a tenus depuis sa nomination à l’Intérieur l’ont précédé à Alger, particulièrement sa nette démarcation de son prédécesseur et de sa méthode du “rapport de force”.

Depuis le début de la crise, l’Algérie n’a jamais fermé la porte au dialogue, tout en rejetant fermement le ton comminatoire, l’injonction et les postures irrespectueuses. Dès février 2025, le président Tebboune a signifié à Paris que l’Algérie ne veut pas de Bruno Retailleau comme interlocuteur.

Une manière d’exprimer sa disposition à travailler et à ouvrir tous les dossiers avec des vis-à-vis pour qui l’Algérie n’est pas un carburant pour des ambitions électorales. Pour appuyer sa posture, il a cité dans le même entretien au journal L’Opinion quelques noms de personnalités françaises qui jouissent d’une grande considération en Algérie, comme Ségolène Royal, Dominique de Villepin, Jean-Pierre Chevènement…

Dans sa dernière sortie médiatique avant la visite de Nunez, le président algérien a été encore plus clair en signifiant au courant anti-algérien en France que “celui qui veut humilier l’Algérie n’est pas encore né”.

Il a aussi mis en garde : le chantage ne fonctionne pas avec l’Algérie. « Ils ne veulent pas comprendre qu’il ne faut pas faire du chantage à l’Algérie », a-t-il dit en parlant des autorités françaises. Un message clair destiné aussi au futur locataire de l’Elysée qui pourrait être issu de l’extrême droite.

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