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Yueria Diafi Garcia : l’Algéro-Espagnole qui conquiert les tatamis en Chine

Yueria Diafi Garcia, Algéro-espagnole, vient de remporter le championnat du monde de Taïchi à Taiwan en Chine. Elle raconte son parcours à TSA.

Yueria Diafi Garcia : l’Algéro-Espagnole qui conquiert les tatamis en Chine
Yueria Diafi Garcia, l’Algéro-Espagnole championne du monde de Taichi en Chine / LinkedIn Yueria Diafi Garcia
Sonia Lyes
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À seulement 24 ans, Yueria Diafi Garcia s’impose comme l’un des visages marquants des arts martiaux chinois. Algéro-Espagnole, voilée, juriste en devenir et multiple championne internationale de Kung-Fu et de Taichi, elle s’est construit un chemin singulier entre Vitoria-Gasteiz en Espagne, Blida en Algérie, et les podiums internationaux.

Une championne du monde née d’un parcours inattendu

En octobre 2025, Yueria remporte le Championnat du monde de Taichi à Taïwan, une consécration qui vient couronner 10 années de pratique et une série de performances qui l’ont définitivement installée parmi les athlètes les plus prometteuses de la discipline.

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Yueria Diafi Garcia a ainsi remporté une victoire au Championnat d’Espagne en novembre 2023, un titre au Championnat d’Italie en avril 2023, et a participé au Championnat d’Europe en juin 2024.

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Pourtant, rien ne la prédestinait à devenir championne dans cette discipline des arts martiaux.

Son entrée dans le monde des arts martiaux s’est faite en cachette. Elle confie dans un entretien à TSA Algérie : « Mon frère a commencé à faire ce sport, mais mon père ne voulait pas que je fasse du Kung-Fu, il disait que ce n’était pas pour les femmes. Alors je regardais mon frère en train de pratiquer à la maison, et je faisais comme lui ».

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À l’adolescence, elle prend les devants et franchit le pas : la jeune Algéro-Espagnole, installée à Vitoria-Gasteiz, dans l’Alava, se rend seule à la salle de sport et s’inscrit pour le cours d’arts martiaux chinois. « J’y allais sans que mon père le sache », raconte-t-elle.

C’est ainsi qu’elle pratique en secret pendant quelques années, puis finit par révéler la vérité. Son père, originaire de Blida, n’était pas content mais il l’a encouragée.

10 ans de discipline entre Kung-Fu et Taichi

Des années plus tard, elle remporte le World Cup Tai Chi Chuan Championship, championnat mondial. « C’était mon rêve, dit-elle. Je ne pensais pas que j’allais gagner parce que c’est avec des Chinois et c’est leur sport. Finalement, j’ai été classée première ».

Médaillée d’or avec ce premier podium asiatique, la jeune Yueria alterne les deux disciplines : le Kung-Fu et le Taichi.

« Dans les championnats, je fais du Kung-Fu, art martial chinois, et du Taichi, qui est comme le Kung-Fu mais un peu plus souple, plus léger », explique-t-elle

Une polyvalence rare dans le haut niveau et qui lui permet de développer une maîtrise technique complète sur les tatamis. Les arts martiaux ont également façonné sa personnalité. Elle affirme aujourd’hui être « plus mature, plus calme » et pouvoir se connecter avec elle-même.

Après ce titre mondial, la jeune championne algéro-espagnole prévoit déjà les prochaines échéances : « L’année prochaine, j’irai en Chine pour un nouveau championnat. Je suis prête, j’attends juste que mon professeur me dise d’y aller ».

« Je n’ai jamais perdu le lien avec ma part algérienne »

Si son parcours sportif attire l’attention, l’histoire personnelle de Yueria Diafi est tout aussi riche. « Mon père est Algérien de Blida, et ma mère est Espagnole. Je suis née en Espagne mais je vais chaque année en Algérie. La dernière fois c’était en juillet », dit-elle fièrement.

Elle affirme avoir toujours entretenu un lien fort avec le pays d’où est originaire son père. Comme beaucoup de binationaux et autres membres de la diaspora, elle passe ses vacances estivales en Algérie.

« Je passe tous mes étés en Algérie, avec ma famille là-bas. Je n’ai jamais perdu le lien avec ma part algérienne, je connais bien nos traditions, notre gastronomie… En plus, ma famille cuisine super bien ! ».

Son enfance a également été marquée par un passage en France, lorsqu’elle déménage avec sa famille pour trois ans à Marseille : « On y est partis en 2012 puis on est revenus en Espagne en 2015 ».

Basée aujourd’hui à Vitoria-Gasteiz, dans le nord de l’Espagne, elle mène de front sport, études et travail. « Je suis actuellement en 2e année de droit, ce sont des études en ligne, l’université est à Madrid, et je travaille aussi dans un cabinet d’avocat ».

Un modèle d’inspiration pour les jeunes femmes

Yueria porte le voile depuis ses 17 ans, un choix qu’elle assume complètement tant dans sa vie professionnelle qu’en sport.

« J’avais envie d’être plus proche de Dieu, alors j’ai commencé à le porter, et je suis contente. Dans la vie courante, ça ne m’a jamais dérangé. Personne ne me dit rien sur le voile en Espagne, on verra bien pour l’avenir. Ça ne me dérange pas de le porter dans le sport non plus », confie-t-elle.

Tant son parcours que sa rigueur sont inspirants. Elle adresse d’ailleurs un message aux jeunes femmes qui hésitent à se lancer dans une discipline : « Mon conseil est de ne pas avoir peur. Les femmes sont capables de faire ce qu’elles veulent ».

Championne du monde et encore étudiante, Yueria Diafi Garcia n’a pas fini de tracer sa voie. Son prochain défi l’attend dans l’Empire du Milieu.

Lien permanent : https://tsadz.co/2e37p

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