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Mariage et confinement : comment les Algériens se débrouillent

Plus de cortèges de mariée dans la rue. Plus de voitures enguirlandées. Zéro klaxons festifs. Plus de cérémonies dans les salles de fêtes fermées pour cause de Covid-19. Alors que…

Mariage et confinement : comment les Algériens se débrouillent
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Plus de cortèges de mariée dans la rue. Plus de voitures enguirlandées. Zéro klaxons festifs. Plus de cérémonies dans les salles de fêtes fermées pour cause de Covid-19.

Alors que beaucoup de couples ont décidé de reporter la célébration de leur mariage à l’été ou à l’automne à cause de l’épidémie du coronavirus, d’autres ont choisi de s’unir pendant le confinement.

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Une aubaine pour ces couples qui estiment que ce confinement sanitaire tombe à point nommé pour réduire les dépenses induites à ces célébrations budgétivores.

Du côté de la mairie d’Alger-centre, on s’organise pour recevoir les candidats au mariage et délivrer les livrets de famille. Dans le bureau du maire, la distanciation sociale est obligatoire et le nombre d’assistants réduit à cinq personnes seulement.

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Pas de fête. Moins de dépenses

Annulations des cérémonies de mariage en cascade depuis le confinement sanitaire. Mars et avril ont sonné le glas des épousailles mais pas pour tout le monde. Certains couples ont décidé de s’unir en s’adaptant à la situation.

C’est le cas de Nazim (32 ans) qui vient de convoler en justes noces sans trompette ni tambour. « Il y a 6 mois, j’avais annulé mes noces à cause du décès de mon père. Mon mariage a été fixé pour le mois de mars. J’avais loué une salle des fêtes, commandé les gâteaux et fait appel aux services d’un traiteur. Ma mère et mes sœurs ont distribué les cartons d’invitation. Le virus est arrivé avec toutes les interdictions de regroupement », raconte-t-il.

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Malgré l’instauration du confinement, Nazim n’a pas reporté son mariage.

« Après un conseil de famille, nous avons tranché : faire très simple. J’ai été chercher mon épouse seul. Ma mère a préparé un petit couscous à la maison et basta ! Il était important pour moi de passer le Ramadhan avec mon épouse. Mes collègues, ma famille et mes amis m’ont présenté leurs félicitations par téléphone. Au moins ils n’auront pas de cadeaux à acheter (rires) ! »

Pour Nazim, c’est tout bénéfice. « C’est un cas de force majeure qui n’a pas que des inconvénients, justifie-t-il. Cela m’a permis de réduire les dépenses qui s’élevaient à un million de dinars environ. Pas de dîner, pas de salle des fêtes, pas d’orchestre, pas de gâteaux… Un argent à mettre de côté pour notre nouvelle vie de jeunes mariés ! ».

D’autres couples se sont unis en promettant à leurs proches de faire un repas après la fin du confinement. « On a établi l’acte de mariage et la fatiha sans faire de fête, nous dit Amel (26 ans). Mes tenues sont restées dans l’armoire. Ni coiffure ni maquillage. Mon époux est venu me chercher avec sa maman. Et nous sommes rentrés chez nous. Toutefois, un repas est prévu pour nos proches d’ici l’été lorsque le danger de la contamination sera écarté ».

Moins de couples devant M. le Maire

A la mairie d’Alger centre, les couples continuent à se dire ‘oui’ devant le maire. « En temps normal, j’avais l’habitude de marier une vingtaine de couples par semaine, révèle le maire d’Alger-centre Abdelhakim Bettache. Ce chiffre a drastiquement baissé depuis l’instauration du confinement sanitaire. A titre d’exemple, la semaine dernière, six couples se sont dits oui dans mon bureau. »

Pour prévenir tout risque de contamination par le Covid-19, de nouvelles règles ont été instaurées par la mairie. M. Bettache cite la « limitation des personnes qui assistent au mariage civil : Les deux candidats au mariage, le père ou le tuteur ainsi que deux témoins. Une distance d’un mètre et demi sépare tout le monde. L’utilisation du gel hydroalcoolique est de rigueur. La signature de l’acte de mariage est joyeuse. Les mariés distribuent gâteaux et sodas après la signature de l’acte de mariage ».

Et d’ajouter : « Ces couples ont opté pour le mariage durant le confinement sans fête. Ils préparent juste un couscous chez eux sans invités. En discutant en aparté avec eux, la plupart m’ont confié avoir saisi cette occasion inespérée pour réduire les frais de mariage et garder cet argent en vue d’un voyage de noces après la levée du confinement et le retour à la vie normale ».

Kadi Abdelhamid (chef de service Etat civil à la mairie d’Alger centre) rappelle le dossier à fournir pour les candidats au mariage : « Le certificat prénuptial, la photocopie de la carte d’identité des mariés, celle du père de la mariée ou de son tuteur ainsi que celle des deux témoins. La prise de rendez-vous se fait rapidement actuellement puisque le nombre des candidats aux épousailles a baissé, pandémie du coronavirus oblige ».

Du pain béni pour toutes ces familles qui font de substantielles économies en célébrant l’union de leurs enfants sans se ruiner. Un cas de force majeure unique et inédit. Le mariage au temps du coronavirus, une situation exceptionnelle jamais vue et qui fera certainement date dans la mémoire des Algériens.

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