
Les erreurs et la négligence du personnel médical ne sont pas l’apanage des établissements publics de santé. Dans les cliniques privées, les malades peuvent aussi voir très vite leur vie basculer malgré la cherté des soins qu’ils consentent à payer. Nadia Nour épouse Ouabadi, jeune maman de 37 ans, en a fait les frais le 22 août dernier. Nazim Ouabadi, son mari, nous raconte comment sa famille a pu éviter, de justesse, un drame mortel.
Mère de deux petits garçons, Nadia attendait un troisième enfant. Pour le jour J, tout était programmé à l’avance. Rien n’était laissé au hasard. Sur les conseils de son gynécologue, la jeune femme est admise le 22 août dernier à la clinique Chifa dans le quartier huppé de Hydra pour y subir une césarienne. Elle n’avait pas d’appréhensions malgré la forte médiatisation des histoires de parturientes décédées dans les hôpitaux du pays dernièrement. « Ce n’était pas la première fois. C’était sa troisième césarienne », confie Nazim Ouabadi.
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Nadia est opérée sous rachianesthésie (anesthésie de la partie inférieure du corps). Son troisième garçon est né. Il se porte bien. Au réveil, elle souffre de douleurs. Personne ne s’en inquiète vu qu’elle venait de subir un acte chirurgical. Sauf qu’elle avait un œdème sur le côté gauche de son ventre et des douleurs qui devenaient peu à peu insupportables, selon son mari. Elle le signale à son gynécologue. Ce dernier la rassure en lui expliquant que ces douleurs sont dues à la plaie. Il n’estime donc pas qu’une échographie est nécessaire.
« Une fois arrivée à la maison, ma femme se sentait faible. Elle était très mal. Les proches qui venaient à la maison lui disaient en remarquant l’œdème : ‘on t’a laissée un deuxième enfant’. Tellement cela se remarquait », affirme Nazim Ouabadi. Et puis les douleurs ne faisaient que s’accentuer. La famille décide d’emmener la jeune maman aux urgences du CHU Mustapha Bacha. Après un examen, une échographie est effectuée. Un corps étranger est détecté dans son corps dont la présence est confirmée ensuite par un scanner.
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Cinq jours après sa césarienne, Nadia doit subir une nouvelle intervention en urgence. Elle est cette fois-ci opérée sous anesthésie générale. Le corps étranger trouvé par les médecins ? Une très longue compresse oubliée lors de la césarienne. Le réveil est difficile pour cette maman. « Elle a fait un pic de tension durant l’opération. Si elle était restée dix jours avec cette compresse et avec l’infection, ils n’auraient rien pu faire pour elle », pense le mari. Ce dernier qui a failli perdre sa femme compte bien saisir la justice pour cette « négligence ».

La compresse oubliée lors de la césarienne. (© TSA Algérie)
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Durant la même période, Nazim Ouabadi passe à la clinique Chifa pour récupérer la facture de la césarienne. Il n’imaginait pas la surprise qui l’attendait. L’établissement lui remet une facture mentionnant le montant 48 348 dinars alors qu’il avait payé 100 000 dinars pour la césarienne et l’hospitalisation. Le mari demande des explications. Il est orienté vers la maternité qui doit lui donner une deuxième facture. Sur place, il rencontre le gynécologue obstétricien de sa femme.

Alors que le montant payé est de 100.00 DA, la facture indique que les frais sont de 48.348 DA. (© TSA Algérie)
Le médecin demande des excuses pour l’incident. Il lui a remis par la suite un document censé attester qu’il a bien payé 100 000 dinars et non 48 348 dinars. En réalité, il s’agit d’une ordonnance où le gynécologue avait simplement mentionné les 100 000 dinars en apposant son cachet et celui de la clinique et non d’une facture. Là-dessus aussi, Nazim Ouabadi ne compte pas baisser les bras.

(© TSA Algérie)