Direct Live Search
Search

Surcharge des classes, manuels scolaires, tamazight : ce qu’il faut savoir sur la rentrée scolaire

Neuf millions d’élèves sont attendus sur les bancs de l'école ce mercredi 6 septembre pour la rentrée scolaire. Nouria Benghabrit, ministre de l’Éducation nationale a rencontré les représentants de plusieurs…

Surcharge des classes, manuels scolaires, tamazight : ce qu’il faut savoir sur la rentrée scolaire
facebook / Nouria Benghabrit
Durée de lecture 3 minutes de lecture
Clock 3 minutes de lecture

Neuf millions d’élèves sont attendus sur les bancs de l’école ce mercredi 6 septembre pour la rentrée scolaire. Nouria Benghabrit, ministre de l’Éducation nationale a rencontré les représentants de plusieurs syndicats, lundi 4 septembre, dans le cadre d’une réunion d’informations. Quels sont les changements apportés au système éducatif ? Les lacunes persistantes ? Tour d’horizon des nouveautés ou des inchangés de cette rentrée 2017-2018.

Nouveaux manuels scolaires et tarifs qui restent en vigueur 

Dans l’ensemble, cette année les prix des livres scolaires restent inchangés par rapport à ceux appliqués en 2016, a indiqué l’Office national des publications scolaires (ONPS). Seuls les tarifs des nouveaux manuels de « 3e et 4e année du cycle primaire et de 2e et 3e année du cycle moyen ont baissé par rapport à l’année précédente », rapporte l’agence officielle. Pour la rentrée 2017-2018, les livres de 3e année primaire se vendent à 1650 dinars et ceux de 4e année de primaire à 2090 dinars. Quant aux livres scolaires de 2e et 3année du cycle moyen, ils seront respectivement vendus à 1778 dinars et 1808 dinars.

A lire aussi : Imane Khelif dément sa retraite et accuse son ex-manager de trahison

En outre, cette rentrée sera marquée par la mise à disposition de 30 nouveaux manuels scolaires et 6 cahiers d’exercice pour les élèves du second palier des cycles primaire et moyen.

Retard dans la distribution des livres

Interrogé par TSA, Ali Benzina, président de l’Organisation nationale des parents d’élèves, regrette d’avoir été exclu de la rencontre qui a eu lieu lundi 4 septembre avec la ministre. Selon lui, cette année la rentrée scolaire n’est pas différente des précédentes, et « les mêmes lacunes du passé persistent ». Il relève des incohérences dans la disponibilité des manuels scolaires puisque certains « sont indisponibles dans les établissements scolaires » alors qu’ils « sont disponibles dans des librairies ».

A lire aussi : Visas diplomatiques : l’Algérie accuse la France de « mauvaise foi »

Boualam Amora, secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), présent lors de la rencontre avec la ministre, soutient également qu’à ce jour « les manuels scolaires ne sont toujours pas arrivés aux établissements scolaires» alors qu’ils auraient dû être disponibles au 31 août.

Lors de la réunion avec les syndicats, Nouria Benghabrit a évoqué cette problématique en indiquant que « les livres scolaires sont distribués à 93% », rapporte Meziane Meriane, coordinateur du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest). « Il y a un léger retard. Ceux qui en sont à l’origine ne devraient plus occuper ces postes à responsabilités pour éviter qu’il y ait les mêmes problèmes chaque année », réclame le responsable du Snapest.

A lire aussi : L’Algérie instaure un triple contrôle des importations

Surcharge des classes

Pour le Conseil des lycées d’Algérie (CLA), cette problématique n’est « un secret pour personne ». « Tout le monde reconnait l’existence des problèmes de surcharge de classes, de manque d’infrastructures scolaires, d’affectation des enseignants, du pouvoir d’achat des parents, auxquels s’ajoute la réduction du budget de fonctionnement du secteur de l’Éducation », indique Idir Achour, porte-parole de l’organisation.

La ministre Nouria Benghebrit affirme avoir trouvé une « solution pédagogique à cette problématique à travers la formation des enseignants pour une meilleure maîtrise des classes de plus de 40 élèves » mais les syndicats du secteur ne sont pas de cet avis. Ils s’accordent à dire que « la solution réside dans la réalisation de nouvelles infrastructures ».

« Il faut établir un programme de planification des infrastructures scolaires selon le mouvement des populations au lieu d’attendre la rentrée scolaire pour entasser des élèves par dizaines dans une classe pour dire enfin que nous avons trouvé une solution », propose Idir Achour.

La question de la forte natalité devrait aussi être étudiée et prise en compte, renchérit Meziane Meriane. D’après lui, « la suppression du décret 97-13 relatif à la retraite » est à l’origine de la surcharge des classes. « Lorsqu’ils ont supprimé ce décret, des milliers d’enseignants se sont précipité pour déposer leurs dossiers. Et vu la turbulence financière que l’on traverse actuellement on est dans l’impossibilité de créer des postes budgétaires conséquents ».

Le coordinateur du Snapest explique que le gouvernement doit mobiliser plus de moyens en allant chercher l’argent là où il se trouve. « Le gouvernement doit entamer des réformes de fiscalité pour les grandes entreprises et sur les grosses fortunes pour faire entrer de l’argent au lieu d’attendre une augmentation des tarifs du pétrole. L’argent doit rentrer dans les caisses publiques sans pour autant toucher au pouvoir d’achat des fonctionnaires », plaide-t-il. La révision des salaires des enseignants n’a d’ailleurs pas été évoquée, poursuit M. Meriane mais « le dossier du pouvoir d’achat est toujours remis sur la table », insiste ce dernier.

« Il faut un apport supplémentaire d’argent pour la pédagogie »

Si le budget de l’Éducation ne devrait pas être impacté par la crise, il est cependant jugé insuffisant par les syndicats. « 95% du budget alloué est absorbé par les salaires, il ne reste pas grand-chose pour la pédagogie. Si on veut atteindre un enseignement de qualité, il faut y mettre les moyens adéquats », estime encore M. Meriane.

Durant l’été, certains syndicats ont menacé de faire grève dès la rentrée si leurs revendications n’étaient pas prises en compte. « Je pense que tous les syndicats considèrent la rentrée comme un événement pour les élèves qu’on ne viendra pas gâcher », nuance néanmoins Meziane Meriane. Il n’éloigne pas pour autant la possibilité de tensions si les syndicats sont mis de côté. « Avec les lourds dossiers qu’ils restent à traiter, il faut que le gouvernement voit les syndicats autonomes comme des partenaires et non pas comme des ennemis et il ne doit pas les diaboliser et marginaliser. Si c’est le cas, il y a un risque de perturbations », prévient-il.

Généralisation de l’enseignement de la langue tamazight

L’enseignement du tamazight devrait être appliqué à 37 wilayas dès la rentrée, ont indiqué les autorités. Or, certains considèrent cette annonce comme un leurre. « Il ne suffit pas d’ouvrir une classe dans une wilaya et de dire que c’est généralisé. Tant qu’elle est encore facultative, on ne peut pas parler de généralisation de l’enseignement de la langue tamazight », tranche Meziane Meriane. « S’il y a une volonté politique de la prendre en charge, il faut lui donner un statut bien déterminé puisqu’elle est une langue nationale et obligatoire ».

Lien permanent : https://tsadz.co/vhsd8

TSA +