Direct Live Search
Search

L’Algérie importe 1,15 million de tonnes de maïs pour nourrir ses volailles

L’Algérie a décidé d’importer des quantités supplémentaires de maïs grain dans un contexte de tensions sur l’aliment de bétail.

L’Algérie importe 1,15 million de tonnes de maïs pour nourrir ses volailles
Algérie : le ministère de l’Agriculture vole au secours des éleveurs de volailles. | Par Fred / Adobe Stock
Djamel Belaid
Durée de lecture 3 minutes de lecture
Suivez nous sur Google News
Suivez nous Google News
Clock 3 minutes de lecture

Face aux tensions sur l’aliment de volaille, l’Algérie a pris la décision d’importer des « quantités supplémentaires de maïs pour répondre à la demande croissante sur le marché national. »

L’annonce a été faite ce lundi par le ministère de l’Agriculture, du développement rural et de la Pêche dans un communiqué afin de rassurer les éleveurs.

A lire aussi : Air Algérie casse les prix avec une nouvelle promotion

Le maïs grain est un produit capital pour l’élevage de poules pondeuses et de poulets dont les prix se sont effondrés ces derniers jours sur le marché.

A lire aussi : Algérie : la galère des importateurs de véhicules

Afin de faire face à la demande locale en maïs grain, le communiqué précise que l’Office national d’alimentation du bétail et de l’aviculture (ONAB SPA) procédera à l’importation de « 1,15 million de tonnes de maïs pendant la période allant du 28 décembre 2025 à février 2026 ».

Des cargaisons devraient arriver dans différents ports du pays en trois étapes selon le planning suivant  :

A lire aussi : La France s’intéresse à la pomme de terre algérienne 

–          Réception d’environ 250.000 tonnes de maïs, pendant la période allant du 28 décembre 2025 au 1er janvier 2026, via les ports d’Oran, d’Alger, de Skikda et de Bejaia.

–          Réception d’une quantité supplémentaire de 500.000 tonnes au cours du mois de janvier 2026.

–          Réception d’une quantité complémentaire de 400.000 tonnes au cours du mois de février 2026.

Le ministère indique que cette mesure intervient après une concertation avec les représentants de la filière avicole.

Le communiqué indique que « toutes les mesures nécessaires ont été prises pour importer, stocker et distribuer le maïs utilisé dans la production d’aliments pour animaux, afin d’approvisionner le marché national de manière régulière et continue, garantissant ainsi la disponibilité de cette matière première et la stabilité du marché. »

 

Constitution de stocks stratégiques

 

Face à une demande importante, le département de Yacine Oualid précise qu’il a été décidé de « constituer un stock de réserve de maïs afin d’éviter toute fluctuation de l’approvisionnement à l’avenir. »

Aussi, le ministère invite « tous les acteurs du secteur à adopter des pratiques d’approvisionnement régulières et à faire preuve de responsabilité collective afin de préserver l’équilibre du marché. »

Il insiste également sur la mobilisation de toutes les ressources nécessaires pour assurer l’approvisionnement continu du marché en maïs afin de répondre aux besoins nationaux de cette matière première qui représente 80 % de l’alimentation animale dans le secteur avicole.

Récemment à Béjaïa, des professionnels avaient manifesté leur inquiétude face au risque de tension sur le marché du maïs. Des files de camions attendant leur chargement de maïs s’éternisaient à proximité du port.

La filière avicole emploie un très grand nombre de personnes à travers les fabricants d’aliments de volailles, d’éleveurs, de transformateurs et de commerçants.

Au-delà de l’emploi, la viande blanche et les œufs constituent une source de protéines animales. Avec les légumes secs, il s’agit d’aliments riches en protéines et surtout abordables pour les familles à faible revenu.

Pour les éleveurs de volailles, le maïs grain est capital. En effet, les volailles appartiennent aux animaux monogastriques ce qui réduit la gamme d’aliments contenus dans leur ration.

Bien que le programme d’importation exclu tout risque de rupture, en cas d’une éventuelle tension sur le marché, la situation serait différente selon qu’il s’agit d’élevage de poulets de chair ou de poules pondeuses.

 

Le maïs, actuellement indispensable en aviculture

 

La durée d’élevage des premiers s’étend en moyenne 45 jours alors que celle des seconds dure en moyenne près de 360 jours. Une fois un élevage démarré, il est difficile de l’arrêter.

 Des études de l’Institut de l’élevage de Baba Ali (ITELV ) montrent que l’orge peut être partiellement utilisée en remplacement du maïs. De même que des travaux de l’ENSA ont montré qu’il était possible d’utiliser du son de blé pour l’élevage de dindes.

 

Le maïs grain utilisé pour engraisser les moutons et les boeufs

 

La tension concernant le maïs grain en Algérie est d’autant plus forte que les éleveurs ont découvert qu’il était pratique pour l’engraissement des moutons de l’Aïd et des bœufs.

À cet égard, l’ONAB et de nombreux fabricants privés d’aliments du bétail commercialisent des aliments concentrés à destination des ovins et bovins  comportant du maïs, là où l’orge pourrait être largement utilisée. En effet, ces animaux font partie des polygastriques et donc peuvent valoriser toutes sortes de grains et de fourrages grossiers.

Quant à la production locale de maïs, elle est en progression. La wilaya d’Adrar compte en récolter cette année 380 000 quintaux, ce qui s’ajoute à la production des autres wilayas pratiquant l’agriculture saharienne. Cependant, c’est loin des besoins annuels estimés à 4 millions de tonnes. Le département américain de l’agriculture (USDA) pronostiquait récemment de futurs besoins de l’ordre de 5 millions de tonnes pour le marché algérien.

Le maïs grain fait partie de la liste des cultures stratégiques établie par l’Algérie au même titre que le blé, les oléagineux et les légumes secs.

Ces dernières années, le ministère de l’Agriculture a demandé aux investisseurs bénéficiant au niveau des périmètres irrigués du sud de fournir à l’administration un plan de culture triennal. Une demande qui peut permettre de vérifier que les cultures stratégiques soient plantées en priorité.

Si la production de maïs grain se développe sous pivots d’irrigation, elle reste concurrencée par le maïs ensilage. Conditionné sous forme de balles enrubannées, il a révolutionné la production de fourrages. Contrairement au maïs grain acheté 5 000 DA le quintal, le prix de vente des balles enrubannées est libre.

Par ailleurs, la durée de culture est plus courte ce qui présente plusieurs avantages pour les investisseurs : moindre montant des factures d’électricité à payer à la Sonelgaz et libération précoce de la parcelle pour semer du blé dans de bonnes conditions. 

 

Tensions sur le marché de la viande et start-up

 

Enfin, le communiqué ministériel de l’Agriculture invite « tous les acteurs du secteur (…) à faire preuve de responsabilité collective afin de préserver l’équilibre du marché » et de mobiliser « toutes les ressources nécessaires pour assurer l’approvisionnement continu du marché en maïs ».

Au-delà des importantes mesures conventionnelles envisagées pour soulager les tensions sur le marché de la viande, des alternatives pourraient venir de start-up

À l’étranger, depuis des années la FoodTech développe des innovations pour mieux valoriser les protéines végétales contenues dans les légumes secs et les tourteaux de soja, allant jusqu’à proposer la confection de substituts de viande à partir de végétaux. Un chantier d’avenir pour les start-ups algériennes.

Lien permanent : https://tsadz.co/yi20h

TSA +